Qu’est-ce qu’une dApp (application décentralisée) ?

 

dapp decentralized application

 

Le terme dApp est une abréviation de l’anglais « Decentralized Application ». En français, on peut traduire cela par Application Décentralisée.

Avant d’aller plus loin dans l’explication du fonctionnement des dApps, il convient de préciser de ce qu’on entend par décentralisation. Le terme “décentralisé” se réfère au fait que le fonctionnement de quelque chose est dû à un ensemble d’acteurs y participant librement. Par exemple, l’euro est géré par la banque centrale européenne et est donc centralisé, tandis que le bitcoin est géré par un ensemble d’acteurs répartis à travers le monde, ce qui lui confère un caractère plus décentralisé.

Chaque nœud présent sur le réseau bitcoin permet de faire fonctionner le système en validant les transactions. Ainsi, l’échange d’argent de pair à pair peut s’effectuer. Toutefois, les applications décentralisées ont leurs spécificités, qu’il faut observer de plus près pour que l’ensemble soit compréhensible.

 

Le problème des applications centralisées

Pour comprendre comment fonctionne une dApp, il faut tout d’abord essayer de comprendre comment fonctionne une application centralisée normale. De cette façon, il sera plus facile de comprendre les avantages d’une application décentralisée.

Au début de l’ère informatique, les applications étaient systématiquement installées directement sur votre ordinateur. Il s’agissait par exemple de jeux, ou de programmes comme Microsoft Office. Par la suite, grâce à l’apparition d’internet, il est devenu possible d’utiliser des applications à distance, sans que celles-ci ne doivent obligatoirement être installées sur votre PC. Mais chacune de ces applications possède la même caractéristique : la centralisation.

Un des problèmes de la centralisation est que vos données personnelles ne vous appartiennent pas forcément. Par exemple, Facebook peut savoir avec précision quels sont vos centres d’intérêts, possède vos photos, sait à quel endroit vous voyagez grâce à la géolocalisation, connaît votre âge, etc. Il vous faudra alors faire confiance à Facebook pour la confidentialité de vos informations. Et comme l’a prouvé le scandale Cambridge Analytica, confier autant de données personnelles à un tiers tel que Facebook est généralement une mauvaise idée, étant donné les risques de “fuites” d’information, accidentelles ou pas.

Un autre problème des applications centralisées est leur mode de fonctionnement. En effet, une application centralisée utilisable par Internet doit être hébergée sur un ou des serveurs. Ces serveurs possèdent des adresses IP que l’on peut identifier pour ainsi remonter jusqu’à leur localisation, ou bien pour tenter de s’y introduire par le biais de failles informatiques. Si une personne avec de mauvaises intentions se décide à attaquer ces serveurs, alors l’application pourrait ne plus fonctionner.

Un dernier problème qu’il faut encore soulever, et pas des moindres, c’est que le propriétaire d’une application centralisée peut faire ce qu’il veut. Par exemple, refuser qu’une personne utilise ses services, simplement parce que la personne en question a fait quelque chose qui ne lui plaît pas. Ce qui est déjà régulièrement le cas avec YouTube, qui peut décider qu’une vidéo avec des idées politiques différentes des siennes ne soit pas admise sur son réseau.

 

Smart contract et dApp

Un pré-requis nécessaire pour faire fonctionner une dApp est utilisation des contrats intelligents. Pour faire simple, un smart contract permet à deux acteurs (ou plus) d’effectuer une action donnée lorsque des conditions précises sont remplies. L’action s’exécutera alors automatiquement sans qu’aucun des acteurs n’ait quelque chose d’autres à faire.

L’avantage principal de la technologie des contrats intelligents est de retirer un intermédiaire qui validera une action. En outre, toutes les actions qui sont effectuées via un contrat intelligent sont inscrites sur la blockchain. Ainsi, on pourra retrouver aisément les différentes transactions et les conditions dans lesquelles elles ont été effectuées.

Un autre avantage non-négligeable d’un smart contract est son coût. Effectuer des opérations grâce à cette technologie est relativement bon marché, rapide et sûr. Cela permet donc d’effectuer d’énormes économies dans certains domaines professionnels, par rapport à une entreprise “traditionnelle” n’utilisant pas les contrats intelligents.

 

Comment fonctionne une dApp ?

Pour résumer simplement le fonctionnement d’une dApp, on peut dire qu’il s’agit d’une interface entre la blockchain et un ou des smart contracts.

On peut considérer la blockchain comme étant internet, les smart contracts comme le World Wide Web (www) et les applications décentralisées comme étant YouTube ou Facebook. En réalité, le fonctionnement de cet ensemble est bien plus complexe, mais c’est un parallèle simple à comprendre.

En résumé, les dApps vous aident à utiliser la blockchain et les contrats intelligents en vous fournissant une interface utilisateur plus facile à prendre en main.

 

Comment considérer qu’une application est décentralisée ?

Voici quelques caractéristiques qui font qu’une application peut être considérée comme décentralisée :

  • Personne ne doit contrôler l’entité faisant fonctionner l’application à lui seul.
  • La dApp doit fonctionner de manière autonome.
  • Le code doit être open-source, c’est-à-dire entièrement public.
  • Les mises à jours doivent être acceptées par le réseau gérant la dApp.
  • Le fonctionnement doit se faire grâce à l’utilisation d’une blockchain (ou autre registre distribué). Toutes les données doivent être stockées sur cette dernière.
  • Facultatif : L’application utilise un jeton afin de récompenser les mineurs qui permettent son fonctionnement.

 

Les différentes catégories de dApp ?

On peut classer les dApps existantes en 3 catégories différentes :

  • La première catégorie se réfère aux dApps qui possèdent leur propre blockchain. Par exemple Bitcoin et Ethereum peuvent être considérés comme des dApps, à titre de monnaie pour le BTC. On peut faire une analogie avec les systèmes d’exploitation Windows pour les ordinateurs ou MAX OS pour Apple.
  • La deuxième catégorie se réfère aux dApps qui utilisent la blockchain des dApps de la première catégorie pour fonctionner. Par exemple Leeroy, un équivalent de Twitter qui utilise la blockchain Ethereum, ou encore Steemit, un système de blogs/information ressemblant à Medium et qui utilise la blockchain Steem. On peut faire une analogie avec un programme qui a besoin du système d’exploitation Windows pour fonctionner, comme PowerPoint par exemple.
  • La dernière catégorie se réfère aux dApps qui utilisent le protocole de la deuxième catégorie en combinaison de leur propre protocole pour fonctionner. Par exemple, SAFE Network utilise le Omni Protocol (catégorie 2) et émet ses propres jetons dénommés « safecoins » pour son fonctionnement.

 

Avantages des applications décentralisées

Les différences entre une application web classique et une dApp sont assez marquées. Voici les avantages qu’offrent les applications décentralisées :

  • Le côté open-source permet d’effectuer des changements et d’apporter une plus-value à tous les utilisateurs.
  • Une telle application ne peut pas planter (sauf cas d’erreur dans le code) et reste disponible en permanence grâce à son fonctionnement pair à pair.
  • La blockchain permet de rendre les dApps fiables et imperméables au piratage (sauf cas d’erreur ou faille dans le code).
  • Généralement, à chaque utilisation d’une dApp, des frais sont prélevés pour payer l’activité des mineurs. Ces frais sont généralement minimes. En conséquence, dans certaines industries où le coût des intermédiaires est élevé, cela permet de faire des économies en supprimant les intermédiaires.
  • Les données personnelles des utilisateurs n’appartiennent pas à une entreprise qui peut choisir d’en faire ce qu’elle veut unilatéralement. Généralement, elles sont détenues uniquement par les utilisateurs des dApps.
  • Il est possible de créer de la valeur avec les dApps, par exemple en émettant des jetons qui récompensent les utilisateurs.

 

Inconvénients des applications décentralisées

A l’inverse, les dApps peuvent également présenter certains défauts qu’on ne retrouve pas sur les applications centralisées classiques :

  • Les applications décentralisées peuvent être assez lentes, surtout quand le réseau les faisant fonctionner est saturé, ou n’est pas conçu pour la vitesse.
  • A chaque utilisation d’une dApp, des frais sont prélevés pour payer l’activité des mineurs. Pour des dApp qui nécessitent de réaliser beaucoup d’actions et dont les intermédiaires classiques ont un faible coût, cela peut devenir plus cher que l’utilisation d’une application centralisée classique.
  • La blockchain empêche l’interruption du fonctionnement d’une dApp. Le seul moyen pour faire en sorte qu’une dApp arrête de marcher serait de couper totalement le réseau, ou d’introduire une mise à jour qui empêche tout fonctionnement de la dApp.
  • Les interfaces utilisateurs ne sont généralement pas aussi agréables que sur une application classique.
  • Il faut des connaissances spécifiques pour pouvoir les programmer. Par exemple, si on veut créer une application décentralisée sur le réseau Ethereum, il faudra maîtriser le langage de programmation Solidity.

 

Conclusion sur les dApps

Le développement des applications décentralisées commence tout doucement à entrer dans les mœurs et attire de plus en plus de programmeurs. Plus la popularité de la blockchain sera croissante, moins l’attrait pour les applications centralisées sera important.

Les dApps permettent la création de valeur et le fait qu’elles suppriment un intermédiaire les rend attrayantes d’un point de vue financier. En plus de réduire certains coûts pour les utilisateurs, elles augmentent également leur sécurité.

En dehors des crypto-monnaies, l’adoption de la blockchain dans la finance et dans d’autres secteurs augmente l’intérêt pour la création des dApps. A terme, elles seront sans doute personnalisables et s’adapteront à toutes les activités pour lesquelles elles auront un intérêt.

Pour l’instant, il faut cependant reconnaître que les applications web classiques sont plus accessibles et plus faciles à utiliser pour les gens, tout en offrant des fonctionnalités plus larges. Il convient donc de suivre avec attention l’évolution de ce secteur pour savoir ce que l’avenir nous réservera à son sujet.


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