Bitcoin : L’Ennemi numérique n°1

 

 

On entend de plus en plus parler d’une nouvelle monnaie ces derniers temps : le Bitcoin. Parfois en bien, souvent en mal… Quoi qu’il en soit, le sujet est devenu incontournable et tout le monde en a entendu parler au moins une fois, de mon petit cousin Augustin 👦 à ma grand-mère Jeanine 👵. Et plus on entend parler de cette monnaie, plus on entend parler d’une étrange technologie qui l’accompagne et qui permettrait de faire des choses merveilleuses : la blockchain. Quand j’ai commencé à m’intéresser au Bitcoin et à la blockchain, je n’ai pas compris grand-chose et je suis resté un peu pantois

 

❔ Qu’est-ce-que le Bitcoin ? Où sont les pièces et les billets ? N’est-ce pas cette monnaie utilisée par les voyous pour acheter des armes et de la drogue ? Comment peut-on payer sa baguette avec ? Et enfin, qu’est-ce que vient faire cette fameuse blockchain dans tout cette histoire ?

 

Ma curiosité avait été piquée au vif, alors j’ai retroussé mes manches et je me suis renseigné sur le sujet. J’ai dévoré des centaines d’articles et des dizaines de livres. Je passais plus de temps à visionner des vidéos sur le Bitcoin et la blockchain que ma grand-mère Jeanine n’en passait à regarder Dallas. Au cours de mon voyage à la conquête de ce nouveau monde, j’ai découvert un univers insoupçonné, à la fois complexe et fabuleux. Mais j’ai aussi compris que cet univers n’était pas facile d’accès, qu’il était réservé à une poignée d’adeptes et d’initiés et que quasiment toutes les ressources sur le sujet étaient en anglais.

J’ai alors eu envie de faire un guide en français 🇫🇷 pour présenter simplement les principes fondateurs du Bitcoin et de la blockchain. Je suis persuadé que cela sera utile pour beaucoup de monde. Vous êtes prêts ? Allons-y, je vais vous expliquer comment tout cela fonctionne 🙂

 

Internet en 1995

Avant de parler du Bitcoin et de la blockchain, j’aimerais introduire ce chapitre en vous parlant d’internet dans les années 90 🙂 En 1995, nous commençons tout juste à entendre parler d’internet en France. A l’époque, cette technologie est encore peu connue du grand public et on a du mal à imaginer tout son potentiel. En réalité, c’est même pire que cela : internet fait peur.

Dans la vidéo ci-dessous, on voit Daniel Bilalian, le présentateur du JT de France 2 en 1995, introduire un reportage sur internet intitulé : INTERNET, LE DANGER. Ce reportage a lieu quelques jours après l’attentat du RER B à la station Saint-Michel à Paris. On y découvre qu’il est possible d’apprendre à fabriquer un bombe sur internet, ce réseau que personne ne contrôle.

 

 

Retrouvez le reportage complet à cette adresse : JT France 2 – Internet recette bombe

 

Avec du recul, on peut trouver que l’image que l’on se faisait d’internet était drôle, voire absurde. Difficile de jeter la pierre à quelqu’un, quasiment personne n’imaginait à quel point internet allait bouleverser notre façon de vivre, notre façon de communiquer, notre façon de consommer, notre façon de travailler… Il s’agissait surtout de quelque chose de nouveau, dont on avait du mal à comprendre le principe et que l’on regardait avec méfiance. Et puis, à l’époque, nous avions le minitel, une technologie dans laquelle nous placions déjà beaucoup d’espoir.

En 1995, la même année, un jeune américain que nous appellerons Jeff (cela sonne bien), commence à s’intéresser à internet. Et au cours de ses recherches, il découvre notamment que le volume de données échangées sur le réseau a été multiplié par plus de 2000 en une année.

 

 

Il se dit qu’il y a un coup à jouer, que cette croissance ne fait que commencer et que la technologie internet est vouée à s’installer solidement et durablement dans nos vies. Il cherche alors une idée à développer pour surfer sur la vague… Et voici ce qu’il se dit :

 

💬 « Quand je vais dans une bibliothèque aux États-Unis, j’ai le choix entre 1000, 5000, peut-être 10000 livres… Et bien moi, je vais faire un site internet sur lequel je proposerai 1 million de livres à la vente ! »

 

Et c’est ainsi que Jeff se lance dans la création de son site internet. Il le développe dans son garage, à la manière de Steve Jobs et Steve Wozniak, les fondateurs d’Apple. Et après quelques mois de travail, son site est en ligne. Pour la petite anecdote, Jeff va installer une alarme dans son garage, qui sera directement reliée à son ordinateur, lui-même relié à internet. Et, à chaque fois que quelqu’un passera une commande pour un livre sur son site internet, l’alarme se déclenchera et Jeff accourra dans son garage pour voir ce que l’on vient de lui acheter. Alors au début, ce sont uniquement ses amis et sa famille qui passent des commandes, mais très vite la machine s’emballe, si bien qu’il débranche l’alarme après quelque mois tellement il reçoit de demandes.

Aujourd’hui, Jeff continue de vendre des livres sur son petit site internet. Il faut dire qu’il avait eu le nez fin, de croire en cette technologie et de se lancer, quelle chouette idée. En réalité, je pense que vous connaissez tous Jeff. Car Jeff, c’est Jeff Bezos, fondateur du site internet Amazon et première fortune mondiale (selon le classement Forbes de 2018).

 

Jeff Bezos

 

Mais alors, pourquoi est-ce que je vous parle de tout cela ? De la façon négative dont les médias, les politiques et les français en général voyaient internet en 1995, comparé à la façon positive dont Jeff Bezos a appréhendé les choses. Et bien, je vous parle de cela pour vous montrer qu’il y a deux façons de voir une innovation disruptive, qui nous dépasse totalement et dont on ignore tout le potentiel. On peut en avoir peur, essayer de la contrôler, de la réguler, de montrer du doigt ses aspects négatifs et s’y attaquer. Ou alors, on peut y voir le positif et foncer tête baissée pour essayer de tirer pleinement parti de son potentiel, même si l’on ignore où cela va nous amener.

Aujourd’hui, le Bitcoin est beaucoup décrié, c’est une innovation qui nous dépasse et dont la plupart des gens ignorent le potentiel. Ne refaisons pas les mêmes erreurs qu’autrefois, renseignons-nous à son sujet et jugeons par nous-même 🙂 Essayons de ne pas rater le virage et soyons présents si jamais la blockchain et les crypto-actifs venaient à révolutionner nos modes de vie.

Cette introduction faite, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet 🙂

 

Un peu d’histoire : les crypto-anarchistes

Le Bitcoin n’a pas été inventé en une nuit, il est le fruit de plusieurs années de travail. Nous allons rapidement retracer son histoire pour comprendre d’où il tire ses racines, quelles étaient les motivations derrière sa création et avoir une vision plus claire à son sujet.

Tout d’abord, il est important d’indiquer qu’avant les années 1970, la cryptographie n’était utilisée que par les militaires et les agences de renseignements. Il s’agissait d’un domaine dont le commun des mortels ignorait tout ou presque. Puis les années passant, la cryptographie tomba peu à peu dans le domaine public, avec la sortie de plusieurs ouvrages sur le sujet, permettant d’amorcer une certaine démocratisation.

Mais qu’est-ce que la cryptographie ? Selon Wikipédia, il s’agit d’un ensemble des procédés visant à crypter des informations pour en assurer la confidentialité entre l’émetteur et le destinataire.

En 1992, un petit groupe d’individus passionnés par la cryptographie commence à se former à San Francisco. C’est avec humour que le groupe s’auto-baptise les cypherpunks, qui est un jeu de mots entre Cypher (chiffrement, en anglais) et Cyberpunk, un sous genre de la science-fiction. A titre d’exemple, la trilogie Matrix fait partie du sous genre Cyberpunk. En français, on pourrait traduire le terme cypherpunks par crypto-anarchistes.

Ce petit groupe d’individus va très rapidement muter en une liste de diffusion mondiale comptant plus de 700 membres. Les sujets de discussions ne tournent plus alors uniquement autour de la cryptographie mais également autour des mathématiques, de la politique, de la philosophie et de l’informatique.

 

 

Mais avant d’aller plus loin, demandons nous ce qu’est l’anarchisme. Il s’agit d’une philosophie selon laquelle on souhaite qu’une société soit organisée en auto-gestion, sans hiérarchie et sans Etat. L’anarchisme est à opposer au fascisme. Les anarchistes veulent un monde où il n’y a aucune règle et où chacun est libre de faire ce qu’il veut, tandis que les fascistes préfèrent un monde où tout est sous contrôle avec une hiérarchie stricte et un Etat.

 

anarchiste
 

Maintenant que nous avons défini le terme d’anarchiste, nous pouvons nous pencher sur le terme de crypto-anarchiste. On peut considérer cela comme le côté geek et nerd des anarchistes, ils ont la même pensée et la même idéologie que leur grand frère mais ils l’appliquent dans les domaines liés aux nouvelles technologies, à l’Internet, aux nouveaux réseaux de communications… Pour faire simple, ils cherchent à protéger les informations et la vie privée sur les réseaux de communication, grâce à la cryptographie.

 

Quelques mois après la création du mouvement Cypherpunk, Eric Hughes, l’un des membres fondateurs publie “A Cypherpunk’s Manifesto”. Il y écrit :

 

💬 « La vie privée est nécessaire pour une société ouverte à l’ère électronique. La vie privée n’est pas un secret. Une affaire privée est ce qu’un individu ne veut que le monde entier sache, mais une affaire secrète est ce qu’un individu ne veut que quiconque sache. La vie privée est le pouvoir de se révéler sélectivement au monde. »

 

Les crypto-anarchistes veulent contrôler au maximum leur vie privée et pour cela ils utilisent le chiffrement à outrance. Mais pourquoi ? Est-ce qu’ils cherchent à cacher des choses ? Pas spécialement non, ils adoptent cette stratégie par mesure de précaution. Ils se disent que ce n’est pas parce qu’ils n’ont rien à cacher, qu’ils doivent accepter d’avoir une caméra de surveillance chez eux qui les filme 24/7.

Ils ont également horreur de la centralisation et préfèrent utiliser des réseaux pair à pair et toute sorte de choses qui ne passent pas par un serveur central. Et quand on y regarde de plus près, on se rend compte que l’argent repose sur un système centralisé. Si l’on veut envoyer de l’argent (faire un virement) à quelqu’un, cet argent passera toujours par les mains des banques qui effectueront différents processus de validation. Et c’est justement ce point qui hérisse les poils des crypto-anarchistes 🙂

Aujourd’hui, nous sommes en mesure de dire que les crypto-anarchistes sont à l’origine de la création du Bitcoin et de la Blockchain. En effet, le livre blanc de Bitcoin fait référence à de nombreux ouvrages écrits par des crypto-anarchistes.

 

Vous trouverez dans la liste ci-dessous les noms de quelques Cypherpunks célèbres

  • Jacob Appelbaum : développeur de Tor
  • Julian Assange : Fondateur de WikiLeaks
  • Dr Adam Back : Inventeur de Hashcash, co-fondateur de Blockstream
  • Bram Cohen : Créateur de BitTorrent
  • Philip Zimmermann : Créateur de PGP 1.0
  • Hal Finney : Auteur de PGP 2.0, créateur de la Preuve de Travail (Proof-of-Work)
  • Tim Hudson : Co-auteur de SSLeay, le précurseur d’OpenSSL
  • Paul Kocher : Co-auteur de SSL 3.0
  • Moxie Marlinspike : Fondatrice d’Open Whisper Systems
  • Bruce Schneier : Auteur célèbre dans le domaine de la sécurité
  • Zooko Wilcox-O’Hearn : développeur de DigiCash, fondateur de ZCash

 

Jacob Appelbaum

 

Maintenant que les présentations avec les Cypherpunks sont faites, nous allons pouvoir nous pencher sur le fonctionnement de la monnaie et des banques.

 

Les monnaies et les banques

Le Bitcoin est une monnaie numérique, une monnaie cryptographique, un système de paiement pair-à-pair… C’est-à-dire une monnaie qui est uniquement utilisable sur un réseau informatique. Le Bitcoin n’est pas palpable, il n’existe pas de pièces de bitcoins par exemple. Mais avant de parler plus en détails des cryptomonnaies, commençons par nous intéresser aux banques et aux monnaies que nous utilisons au quotidien (euros, dollars…).

J’aimerais introduire ce chapitre en vous exposant un fait : les banques possèdent moins de 10% de l’argent de leurs clients. C’est-à-dire que si vous avez environ 5.000€ sur votre compte bancaire, la banque possède, en contrepartie, environ 500€ en pièces et en billets dans ses coffres. Mais pourquoi ? En réalité, l’argent que vous déposez à la banque prend la forme d’une dette que la banque a envers vous. Cette dette qui était autrefois écrite sur papier, est aujourd’hui sauvegardée dans des bases de données informatiques. En réalité donc, si 90% de votre capital est stocké sur un réseau informatique, on peut plus ou moins assimilé votre argent à de l’argent virtuel. Il est bien réel oui, mais vous ne le possédez pas physiquement, en pièces et en billets. Et bien pour le Bitcoin, c’est la même chose, il est bien réel, mais vous ne possédez pas des pièces ou des billets, il est virtuel. Virtuel, mais réel.

 

Ma grand-mère Jeanine a 5.000€ sur son compte en banque, la banque lui doit donc : 5.000€. Si ma grand-mère souhaite retirer ses 5.000€, elle pourra le faire très simplement en se rendant à une borne de retrait. Par contre, et c’est là où le bât blesse, si tout le monde cherche à retirer son argent en même temps, alors la banque fera faillite et Jeanine ne pourra sûrement plus retirer son argent.

 

Avant de continuer, il est essentiel de distinguer deux types de monnaies :

  • la monnaie fiduciaire : les pièces et les billets
  • la monnaie scripturale : ce qui est affiché sur votre compte banque, la dette que la banque a envers vous

 

Les particuliers stockent généralement une grande partie de leur capital sur leur compte en banque. En réalité, l’argent déposé correspond simplement à quelques lignes de code sur un ordinateur et la banque ne stocke pas l’équivalent de votre dépôt en billets dans un coffre-fort… Vous voyez marqué “+1000€” sur votre compte en banque en ligne, et vous pensez que vous avez 1000€. Erreur ! Ce “1000” est juste une ligne dans une base de données du système informatique de la banque. En réalité, elle ne vous garde pas ces 1000€ en billets, bien au chaud dans un coffre-fort, rien que pour vous. Il s’agit simplement d’une dette que la banque a envers vous.

Et cela peut être problématique si nous subissons une crise monétaire. On a récemment pu voir ce que cela donnait en Grèce. Toute la population s’est ruée aux distributeurs automatiques de billets, si bien que les banques n’avaient plus aucun billets en stock et n’étaient plus en mesure de satisfaire les demandes de leurs clients. C’est cela qui va nous amener à parler de contexte. Dans quel contexte et dans quel cadre le Bitcoin est-il né en 2008 ?

 

Tout est une histoire de contexte

On l’a vu plus haut, les crypto-anarchistes sont à l’origine du Bitcoin. Il est important de préciser que les années 90 et 2000 ont vu naître plusieurs ancêtres du Bitcoin, les plus connus sont :

 

Mais alors, pourquoi ces projets, n’ont-ils pas eu le même succès que Bitcoin ? Et bien, je pense que parfois tout est une histoire de contexte. Il arrive qu’une innovation soit en avance sur son temps et que le public ne soit pas encore prêt à la recevoir. Dans cette configuration, la copie pure et simple d’un produit, qui serait passé inaperçu à sa sortie, pourrait connaître un succès fulgurant quelques années plus tard. Attention, je ne dis pas que Bitcoin est une simple copie du B-money ou du Bitgold, et qu’il serait arrivé sur le marché au bon moment. Bitcoin s’inspire de ces deux projets mais propose d’autres innovations, comme la blockchain. Par contre, je pense que B-money et Bitgold étaient en avance sur leur temps et que le public n’était pas encore prêt à les accueillir. Souvenez-vous, à l’époque de ces deux innovations, nous commencions seulement à découvrir le potentiel d’internet et les gens n’étaient pas encore à l’aise avec le fait de payer en ligne par carte bancaire, ce n’était pas entré dans les mœurs comme cela peut l’être aujourd’hui.

 

💬 Pour la petite anecdote, je me souviens d’avoir voulu acheter sur internet des cartes à jouer Magic: The Gathering fin des années 90, début 2000. A l’époque, j’étais jeune adolescent et j’avais demandé la carte bancaire de mes parents pour effectuer mes achats. Ils n’avaient pas voulu entrer leurs coordonnées bancaires sur internet, de peur de se faire pirater, et j’avais du envoyer de l’argent liquide par voie postale. Comme quoi, c’était une autre époque, et je ne pense pas que nous étions prêts à entendre parler de crypto-monnaies ou de crypto-actifs.

 

Concernant Bitcoin, on peut dire qu’il est arrivé dans un contexte favorable, ce qui a probablement beaucoup joué sur son succès.

Mais alors, quel était ce contexte ?

 

💡 Les histoires qui vont suivre sont le fruit de mes recherches. J’ai fait de mon mieux pour vulgariser de grands événements afin d’exposer des faits dans les grandes lignes. Il faudrait des dizaines de pages pour bien expliquer ces événements majeurs et je ne suis pas un expert sur le sujet. Je vais donc faire au plus simple, mais si vous constatez des erreurs n’hésitez pas à me les signaler !

 

Crise des subprimes

 

Plantons le décor, un subprime désigne un prêt immobilier bancaire auprès d’un client dit à risque. Au début des années 2000, les banques américaines raffolent de ces produits financiers. Le secteur immobilier est florissant et en constante augmentation depuis de nombreuses années, alors les banques poussent les consommateurs à faire des crédits. Et ce qui marche le mieux pour les banques, c’est de proposer des crédits à des clients qui ne remplissent pas tous les critères du parfait emprunteur. Pour faire simple, la banque va expliquer au client que le prix de l’immobilier ne cesse d’augmenter, et que même s’il s’endette beaucoup maintenant et que ses mensualités augmentent au cours des années, la plus-value qu’il va réaliser lui permettra de rembourser son crédit sans trop de difficultés.

Et cela fonctionne, les crédits à risques se multiplient et le système semble plutôt bien rodé. Parfois, certains emprunteurs n’arrivent plus à rembourser et tombent dans le surendettement. Mais ces pertes sont dérisoires si on les compare aux profits que les banques génèrent grâce à ces crédits.

Puis un beau jour, au cours de l’année 2007, et pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les prix de l’immobilier baissent. Et alors, le système des subprimes, qui était en grande partie basé sur la croissance des prix du secteur de l’immobilier, s’effondre.

 

🌀 Le prix de l’immobilier commence à baisser > les foyers ne peuvent plus rembourser leurs crédits à risque > Les biens immobiliers sont saisis > L’immobilier chute plus encore > …

 

C’est cette spirale qui est caractéristique de la crise des subprimes. Et c’est cette spirale qui est à l’origine de l‘explosion de la bulle des crédits immobiliers aux Etats-Unis. Et c’est cette spirale qui va avoir des conséquences économiques mondiales pendant plusieurs années.

Mais, si cette crise est propre aux Etats-Unis, pourquoi en a-t-on subit les conséquences en France et partout dans le monde ? Vous avez entièrement raison de vous poser la question. Ces crédits subprimes n’étaient proposés par les banques que sur le territoire américain. Mais, oui il y a un mais 🙂 Si les consommateurs étaient américains, ce n’était pas forcément le cas des banques. Ainsi, des banques du monde entier surfaient sur la vague des subprimes, dont des grandes banques françaises, et elles se sont retrouvées embourbées dans la crise.

De 2007 à 2008, les pertes pour les banques sont évaluées à 500 milliards de dollars. De quoi faire trembler l’économie mondiale et remettre en question tout un système mis en place par les banques elles-mêmes et qui est à l’origine de l’une des plus grosses bulles du siècle.

La question se pose alors : peut-on faire confiance aux banques ? Sont-elles aussi intéressées par les profits qu’elles vont réaliser que par notre capacité à rembourser ?

 

Lehman Brothers

 

Lehman Brothers était la quatrième plus importante banque d’investissement américaine. Elle fit faillite en septembre 2008, dans le sillage de la crise des subprimes et de la crise financière mondiale.

Pourquoi ce mastodonte du secteur bancaire américain a-t-il fait faillite ? La banque avait des difficultés financières et elle masquait son endettement en utilisant des techniques comptables trompeuses et abusives. Cela lui permettrait de présenter un bilan plus attractif mais erroné. Si bien qu’un jour, un mensonge en entraînant un autre, le château de cartes s’est écroulé et la supercherie a été dévoilée aux yeux du monde.

La chute de Lehman Brothers a entraîné avec elle la bourse américaine, puis quelques semaines plus tard toutes les bourses mondiales. En plus des pertes financières énormes, qui font suite à cette faillite, des milliers de personnes se sont retrouvées sans emploi.

La question se pose alors : accordons-nous trop de confiance aux banques ? Souvenons-nous que les banques sont souvent des institutions privées et qu’elles sont faillibles.

 

La crise grecque

 

L’année 2008 aura également été marquée par le début de la crise de la dette publique grecque, qui a menacé de s’étendre à l’ensemble de l’Union européenne. Cette crise a fait peur aux investisseurs, qui commencaient à douter des capacités de la Grèce à rembourser sa dette publique. Les gens craignaient également que la Grèce ne soit pas en mesure de rembourser les intérêts faramineux de ses emprunts. Ce sont ces 2 facteurs qui pesèrent le plus sur l’économie du pays.

Ensuite le schéma est assez simple, il est le même que lorsque les médias annoncent qu’il risque d’y avoir une pénurie de beurre. La crainte de la pénurie entraîne une pénurie. Ici, c’est globalement la même chose. Les grecs apprennent que leur pays est victime d’une crise monétaire, ils ont peur de ne plus pouvoir retirer leur argent à cause de la crise, ils se rendent donc tous aux distributeurs automatiques de billets pour retirer. Les banques n’ont alors plus de billets en stock et les grecs ne peuvent plus retirer leur argent. La panique s’installe, la crise s’aggrave.

C’est ce que j’expliquais plus haut, le système bancaire fonctionne parfaitement en temps normal, quand les clients effectuent des retraits normalement. Mais quand tous les clients se ruent aux distributeurs en même temps, pour retirer toutes leurs économies, alors rien ne va plus, la banque ne peut plus suivre et fait banqueroute.

En France, il faut savoir que votre argent en banque est garantie à hauteur de 100.000€, mais qu’au-delà, en cas de faillite ou de crise, il y a une probabilité pour que les autorités décident d’utiliser le surplus pour sauver les banques. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire cet excellent article de Capital : Les banques peuvent-elles vraiment vous piquer votre argent en cas de faillite ?

 

La question se pose alors : peut-on laisser notre argent dans les coffres des banques ? Souvenons-nous que ce système fonctionne tant qu’il n’y a pas de problème, mais qu’en cas de crise, la réalité est toute autre.

 

La crise vénézuélienne

 

Depuis deux ans environ, le Venezuela est secoué par une crise économique sans précédent, et l’inflation s’élève, tenez-vous bien, à 41 838% par an ! Il s’agit d’un record mondial absolu, qui dépasse le record d’hyperinflation détenu jusqu’alors par le Zimbabwe.

Commençons tout d’abord par définir ce qu’est l’inflation. Selon Wikipédia, l’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. Ainsi, en cas d’inflation, l’argent que vous possédez perd sa valeur. Et c’est exactement ce qu’il se passe au Venezuela. Pour que vous puissiez mieux comprendre l’ampleur du phénomène, nous allons prendre un exemple concret. En 2016, à Caracas, la capitale vénézuélienne, une tasse de café au lait coûtait 450 bolivars, la monnaie locale. Aujourd’hui, deux ans plus tard, cette même tasse de café au lait coûte un million de bolivars. Pourtant, l’argent que les vénézuéliens ont sur leur compte en banque n’a pas augmenté. Ils ont donc perdu une énorme partie de leur pouvoir d’achat. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à écouter cette intervention très intéressante d’Anthony Bellanger sur France Inter : Plus de 40 000% d’inflation au Vénézuéla

Imaginez si cela était arrivé chez vous, dans votre pays. Vous avez mis tout vos économies sur votre compte en banque, soit 200.000€. C’est une somme importante, vous êtes content de votre épargne et vous avez de quoi voir venir. Pourtant, en l’espace de 2 ans seulement, votre pays est en proie à une hyperinflation sans précédent. Si bien que le boulanger ne vous demande plus 1€ pour votre baguette de pain, mais 2500€. La monnaie de votre pays a perdu toute sa valeur, vos 200.000€ sur votre compte en banque ne valent plus rien. Ils vous permettront d’acheter quelques dizaines de baguettes, tout au plus…

Cela fait relativiser sur la valeur que l’on accorde à la monnaie de notre pays. Et si tout venait à s’écrouler demain ? Peut-on réellement faire confiance aux gouvernements et aux banques centrales pour nous protéger de l’hyperinflation ? Est-ce que notre monnaie nationale gardera toujours sa valeur ? Car après tout, la monnaie a la valeur que l’on lui donne. Si du jour au lendemain, tout le monde s’accorde à dire que l’euro ne vaut plus rien, et bien ce dernier n’aura plus aucune valeur.

Ce qui est d’ailleurs assez intéressant, c’est que de nombreux vénézuéliens ont décidé d’investir leurs économies dans le Bitcoin pour tenter de pallier la perte de valeur de leur monnaie locale.

 

En réalité, nous n’avons pas besoin de penser à comment fonctionne l’argent, tant que cela ne s’arrête pas de fonctionner. Et c’est exactement comme cela que nous réfléchissons. Nous vivons dans un pays et à une époque où notre système monétaire fonctionne convenablement, et nous ne nous posons donc pas de question sur la valeur de notre monnaie. Si l’on possède 10.000€ sur notre compte en banque, on s’attend à ce que ces 10.000€ nous permettent d’acheter toujours autant de choses dans 10 ans. C’est comme cela, c’est logique, la valeur de notre monnaie est un droit fondamental, un droit acquis depuis notre naissance. Et pourtant, comme on l’a vu précédemment, tout peut s’écrouler. Alors oui, peut-être que certains pays sont plus propices à l’hyperinflation que d’autres, mais le risque zéro n’existe pas. Et si un jour l’euro venait à perdre sa valeur à cause d’une guerre, d’une crise économique, d’une hyperinflation… Il serait bon d’avoir une alternative monétaire comme l’or ou le Bitcoin, sur laquelle mettre ses économies. Nous le verrons plus tard, mais le Bitcoin ne dépend d’aucun Etat, d’aucune banque, d’aucune institution.

 

Par ces différents exemples et ces différents événements qui ont marqué et marquent encore l’histoire aujourd’hui, je souhaitais donner de la profondeur au contexte économique et monétaire dans lequel nous évoluons depuis ces dix dernières années. Et donc, le Bitcoin arrive à cette époque, où l’on commence à douter des banques privées, des banques centrales et des Etats, où les crises financières se multiplient, où certaines monnaies perdent toute leur valeur… Et le Bitcoin, cette crypto-monnaie, cette monnaie numérique, qui à la base, n’intéresse que les geeks, va finalement se faire connaître des institutionnels et du grand public, et va finalement attiser la curiosité de nombreuses personnes, à la recherche d’une alternative aux modèles existants

 

Mais avant de découvrir ce qui se cache sous le capot du Bitcoin, je vous propose d’aller à la rencontre de son créateur, le mystérieux Satoshi Nakamoto.

 

Qui est le créateur du Bitcoin ?

La réponse va vous étonner : personne ne le sait. Est-ce une volonté révolutionnaire, purement philanthropique ou l’arnaque du siècle ? Peut-être que l’avenir nous le dira. Une chose est sûre, le fait de ne pas savoir entretient la légende sur son créateur et les spéculations les plus folles quant à son identité.

 

 

Nous connaissons tout de même le pseudo du créateur de Bitcoin : Satoshi Nakamoto (聡中本 où 中本). Il s’agit du pseudo de l’auteur du livre blanc de Bitcoin en 2008. Satoshi est également le fondateur du site officiel de Bitcoin (bitcoin.org) et du forum spécialisé bitcointalk. Son profil indique qu’il est né le 5 Avril 1975 et qu’il réside au Japon. Cela est étrange car il écrit dans un anglais parfait et très britannique, et car il n’existe aucun document en japonais sur Bitcoin datant de cette époque. De plus, certains indices (comme les heures auxquelles il était actif) indiquent qu’il serait originaire du continent Américain.

 

 

Nakamoto a mis en ligne le livre blanc du Bitcoin en 2008. Il l’a envoyé par courriel à des listes de diffusions de crypto-anarchistes et en a parlé sur des forums spécialisés fréquentés par des passionnés de cryptographie. Autrement dit, si vous ne gravitiez pas autour de ces communautés à l’époque, il vous était quasiment impossible de tomber sur ce papier. L’inventeur du Bitcoin a présenté son projet avec les mots suivants : “Je travaille sur un nouveau système d’argent liquide électronique, entièrement pair-à-pair et sans tierce partie de confiance”. Satoshi Nakamoto aurait alors été rejoint par plusieurs personnes, qui l’ont aidé à concrétiser son projet.

Satoshi a publié son dernier message sur le forum bitcointalk (dont il est le créateur) en décembre 2010. Quelques jours avant son départ, il désigne Gavin Andresen comme son successeur en lui donnant les accès au projet et une copie de la clé d’alerte, permettant de prévenir le réseau en cas d’événements majeurs. La dernière trace que nous avons de Satoshi est un message qu’il envoie à Martti Malmi (un contributeur du projet Bitcoin) en mai 2011 dans lequel il écrit : « Je suis passé à autre chose et je ne serai probablement plus là à l’avenir ».

Nous ne savons pas si Satoshi Nakamoto est une seule personne ou un groupe de personnes. Pendant une longue période, il fut le seul mineur en activité. Il possèderait plus d’un million de Bitcoins sur un portefeuille. Aucun de ses bitcoins n’a été transféré depuis 2008. La légende dit que Satoshi Nakamoto serait mort, emportant avec lui ses secrets et ses bitcoins. Toujours est-il que s’il s’agissait d’une seule et même personne, elle ferait partie des 100 personnes les plus riches du monde.

De nombreuses théories existent au sujet de l’identité de Satoshi Nakamoto. Selon l’une des théories les plus plausibles, il s’agirait d’un binôme composé de Nick Szabo et Hal Finney. Un article entier pourrait y être consacré. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de visionner le reportage Banking on Bitcoin, qui est passionnant.

 

Hal Finney

Nick Szabo

 

Que dit le livre blanc du Bitcoin ?

Satoshi Nakamoto a publié le livre blanc de Bitcoin en 2008, il s’agit d’un papier scientifique de 8 pages qui décrit le fonctionnement du Bitcoin. Son contenu est assez technique et pointu, il n’a pas été rédigé pour faire rire les mouettes. J’ai été assez surpris de voir qu’une invention aussi importante que Bitcoin tenait en quelques pages, et pourtant, tout y est ! Je vous conseille de prendre quelques minutes pour lire ce document, vous ne comprendrez probablement pas tout du premier coup, mais cela vous permettra de mieux appréhender cette innovation 🙂

 

white-paper-bitcoin
 

Télécharger le livre blanc de Bitcoin : Version originale (EN) / Version traduite (FR)

 

Je vais maintenant vous expliquer comment fonctionne le Bitcoin et en quoi il peut être utile.

 

Qu’est-ce que le Bitcoin ?

Le Bitcoin est une cryptomonnaie, c’est-à-dire une monnaie numérique, utilisable uniquement grâce aux machines (ordinateurs, téléphones…) et à Internet. Bitcoin est également une unité de compte, destinée à servir de moyen d’échange au même titre que l’euro ou le dollar. Bit signifie unité d’information binaire et coin signifie pièce de monnaie. Le Bitcoin a été créé en 2008 durant la crise financière des subprimes. Cette cryptomonnaie n’est soumise à aucun contrôle de la part de sociétés ou d’Etats, elle est dite décentralisée.

 

 

Certaines règles sont définies à l’avance :

  • Il ne peut y avoir plus de 21 millions d’unités de Bitcoin en circulation (c’est écrit dans le code du Bitcoin)
  • Une unité de Bitcoin est divisible jusqu’à sa huitième décimale
    • 0,00000001 Bitcoin correspond à 1 Satoshi
    • Il est tout à fait possible d’acheter ou de vendre des fractions de bitcoins
  • Les transactions sont sécurisées. Plus le nombre d’utilisateurs augmentent et plus les transactions sont sécurisées. Je vous expliquerai le pourquoi du comment dans la suite de ce chapitre.

 

On a pour habitude de lire que Bitcoin est une monnaie numérique, pair-à-pair et décentralisée. Cela peut être un peu barbare dit comme cela… Nous allons voir ensemble chacun de ces concepts, afin de mieux comprendre de quoi il s’agit. Nous verrons également d’autres concepts clés du Bitcoin, que vous pouvez retrouver sur l’image ci-dessous.

 

 

Monnaie numérique

Bitcoin est une monnaie numérique. Pour l’utiliser, il faut posséder un appareil électronique (ordinateur, tablette, smartphone…) et il faut disposer d’une connexion internet.

Prenons un exemple concret. Jean souhaite envoyer 3 bitcoins à Anne. Il allume son ordinateur et se connecte à son portefeuille Bitcoin numérique sur Internet. Il entre les données de la transaction (montant de BTC à envoyer, adresse du portefeuille du destinataire…) et il clique sur Envoyer. Les 3 bitcoins sont alors envoyés dans la blockchain grâce au réseau Internet et Anne les recevra sur son portefeuille quelques minutes plus tard. Si Anne souhaite utiliser ses bitcoins, elle devra simplement se connecter sur son portefeuille à l’aide de son ordinateur (ou de son téléphone).

Bitcoin est donc une monnaie numérique, une monnaie virtuelle. Il n’y a pas de pièces ou de billets en bitcoins, simplement des lignes informatiques qui indiquent votre solde, un peu comme votre compte en banque.

Bitcoin est une monnaie virtuelle oui, mais qui a une valeur bien réelle, étant donnée que l’on peut l’échanger contre des euros, et qu’il est également utilisable dans le monde réel.

 

Système pair-à-pair

Un système pair-à-pair (peer to peer, P2P) est un modèle de réseau informatique où chaque client est également un serveur. C’est le cas du protocole BitTorrent par exemple, sur lequel les ordinateurs communiquent directement entre eux (échange de fichiers) sur le réseau Internet. Les fichiers sont transférés directement entre les deux ordinateurs connectés au réseau, sans transiter par un serveur central. Dans ce type de système, chaque ordinateur peut recevoir/envoyer des informations directement avec d’autres ordinateurs du réseau. Les machines connectées entre elles par un protocole réseau peer-to-peer sont appelées les nœuds du réseau.

Bitcoin est basé sur un système pair-à-pair. En effet, une transaction en bitcoins s’effectue directement entre deux ordinateurs, sans serveur central. L’ordinateur peut avoir un rôle de serveur (envoi des BTC) ou de client (réception des BTC).

 

Réseau décentralisé

Bitcoin est organisé en réseau décentralisé. Pour mieux comprendre ce que cela signifie, partons de l’exemple inverse : les banques fonctionnent avec un réseau centralisé.

Exemple : Si Marie fait un virement bancaire de 10€ à Julie, la banque de Marie va tout d’abord vérifier la transaction et donner son feu vert s’il y a de l’argent sur le compte de Marie. Ensuite la banque de Julie va regarder la provenance des fonds, puis valider la transaction si tout est conforme. Enfin, Julie reçoit les 10€ sur son compte en banque.

Ce concept est totalement centralisé et la banque joue le rôle de tiers de confiance : elle va venir vérifier et valider votre transaction. Si vous souhaitez envoyer de l’argent à quelqu’un, votre transaction passera toujours par les serveurs de la banque (il en va de même pour recevoir de l’argent). C’est donc ce que l’on appelle la centralisation.

Bitcoin fonctionne à l’opposé : de façon décentralisée. Si des bitcoins sont envoyés d’un point A vers un point B, ils ne vont pas passer entre les mains d’un tiers de confiance ou d’un serveur central, mais par des milliers d’ordinateurs dans le monde entier, qui vont venir vérifier les transactions des utilisateurs du réseau.

Il n’y a donc plus une seule entité qui vérifie la transaction, mais des milliers, éparpillées dans le monde. Nous allons revenir plus en détail sur ce concept dans la suite de ce chapitre.

 

Les autres points clés du Bitcoin

Le Bitcoin est une monnaie sans frais, ou presque. Une transaction ne coûte pratiquement rien, quelques centimes tout au plus. C’est une monnaie rapide, une transaction est effectuée en une dizaine de minutes. C’est une monnaie mondiale, il est possible d’envoyer des bitcoins partout dans le monde, cela ne prendra pas plus de temps, et cela ne coûtera pas plus cher. C’est une monnaie sans plafond, il n’est pas plus compliqué d’envoyer 10$ en bitcoins que 10.000.000$. Dans les deux cas, l’envoi prendra quelques minutes et les frais se compteront en centimes de dollars.

Le Bitcoin est une monnaie sécurisée, qui n’a jamais été victime d’un piratage informatique. Vous avez peut-être déjà entendu des histoires de vol de bitcoins, il est important de préciser qu’il s’agit des sociétés qui stockent les bitcoins sur leurs machines qui sont victimes de ces piratages. Le Bitcoin, quant à lui, n’a jamais été hacké en plus de 10 ans d’existence.

C’est une monnaie pseudonyme et transparente. Car oui, contrairement à ce que l’on entend souvent, Bitcoin n’est pas une monnaie anonyme. Chaque transaction est enregistrée dans un grand livre comptable, qui est disponible publiquement sur internet (exemple ici). Ainsi, on peut savoir que le portefeuille ABC151 a envoyé 5 bitcoins sur le portefeuille DEF959 le 4 juillet 2018. On ne connaît pas l’identité des propriétaires de ces portefeuilles, mais on connait le nom des portefeuilles (ABC151, DEF959…). C’est pour cela qu’on dit qu’il s’agit d’une monnaie pseudonyme. Il va alors être possible de suivre ces bitcoins à la trace, et de connaître le chemin qu’ils ont emprunté depuis leur création.

Le Bitcoin est une monnaie prédictible, on connait le nombre de bitcoins en circulation : un peu plus de 17 millions à l’heure où j’écris ces lignes. Et surtout, on connait le nombre maximum de bitcoins qui seront créés, la quantité est limitée, comme pour l’or. Ainsi, il y aura 21 millions d’unités en circulation, pas une de plus. Une fois ce nombre atteint, le mining ne permettra plus d’obtenir des bitcoins nouvellement créés en récompense du travail effectué, et la production sera stoppée. On sait également à quelle fréquence les bitcoins sont créés. En effet, la récompense donnée aux mineurs diminue avec le temps, elle est divisée par 2 tous les 4 ans environ. C’est ce que l’on appelle le Halving. En 2009, la récompense initiale était de 50 bitcoins. Elle est passée à 25 BTC en 2012, puis à 12,5 BTC en 2016. Ainsi, aujourd’hui, il y a 12,5 nouveaux bitcoins en circulation toutes les 10 minutes environ. Ces données permettent de prédire qu’il y aura 20 millions de bitcoins en circulation aux alentours de l’année 2030 et que le dernier bitcoin sera miné en 2140 environ. Comme vous pouvez le constater, la création de nouveaux bitcoins diminue drastiquement dans le temps. Il aura fallu 10 ans pour créer 17 millions de bitcoins et il faudra plus d’un siècle pour créer les 4 millions de bitcoins restants.

C’est une monnaie Open Source, le code est disponible publiquement sur internet, il s’agit d’un logiciel libre et tout développeur peut contribuer au projet. L’avantage repose sur le fait que des développeurs du monde entier ont analysé et validé le code du Bitcoin et que des milliers de développeurs travaillent pour proposer des améliorations (plus de transactions par seconde, plus de sécurité, etc.).

Enfin, le Bitcoin est une monnaie divisible. Vous pouvez acheter/vendre/envoyer une fraction de bitcoin. Il est par exemple possible d’acheter 0.1 BTC, ou de vendre 0.00019383 BTC. Ce qu’il est important de savoir, c’est qu’un bitcoin est divisible jusqu’à sa huitième décimale. Cette unité est appelée Satoshi, en hommage au créateur du Bitcoin (Satoshi Nakamoto). Ainsi, 0.00000001 BTC est égal à 1 Satoshi. Et par exemple, si 1 Bitcoin vaut 10.000$, alors 1 Satoshi vaut 0,0001$. Comme vous pouvez le constater, il est toujours possible d’acheter une baguette de pain en bitcoins en utilisant quelques milliers de satoshis 🙂

 

 

Qu’est-ce qu’il y a sous le capot du Bitcoin ?

Nous venons de voir ensemble les points clés du Bitcoin, qui lui confèrent son originalité. Nous allons maintenant entrer un peu plus en profondeur dans la technique, pour comprendre comment le Bitcoin fonctionne, et sur quelles technologies il repose.

 

 

Sous le capot du Bitcoin, on retrouve 3 technologies principales : la fonction de Hachage, la Preuve de Travail, et la Blockchain.

 

 

Fonction de Hachage (SHA-256)

SHA-256 est une fonction de hachage qui a été conçue par la National Security Agency des États-Unis (NSA). Le hachage cryptographique ne doit pas être confondu avec le cryptage de données. Avec le hachage cryptographique il n’est pas possible de décrypter des données, c’est une fonction à sens unique.

SHA-256 est une fonction mathématique, utilisée dans le code du Bitcoin, qui permet de transformer une chaîne de caractères de longueur indifférente en une autre chaîne de longueur fixe (256 bits, soit 64 caractères). La caractéristique principale de cette fonction repose sur le fait que n’importe quel changement dans la chaîne d’entrée provoquera un changement majeur dans la chaîne de sortie.

Par exemple, si je prends le livre Harry Potter à l’école des sorciers et que je le passe à la moulinette (SHA-256), je vais obtenir un code unique de 64 caractères. Si mon ami Antoine passe à son tour le livre à la moulinette, il obtiendra exactement le même code. Un code identique en sortie veut donc dire que vous avez mis la même chose en entrée. Par contre, si Antoine avait ajouté une virgule sur la page 256, ligne 7, alors le code aurait été totalement différent du mien.

 

 

Sur l’image ci-dessus, on peut voir que j’ai haché deux phrases avec la fonction SHA-256. La seconde phrase est identique à la première en tout point, j’ai simplement enlevé un 0 (Tom doit 5 bitcoins au lieu de 50). Pourtant, on constate que le résultat est totalement différent.

Vous pouvez faire le test ici : SHA-256 Generator

Si vous renseignez la phrase Tom doit 50 bitcoins à Claire, vous devriez obtenir le même hach que moi :
▶ 47301C386EE646ADF993674538FE76DC1F1C1FC0E96B7611FDBD27055A7E0965

 

Super, mais quel est le rapport avec le Bitcoin ? Nous allons le voir ensemble dans la suite de ce chapitre. Ce code unique qui est généré va permettre de sécuriser les transactions sur le réseau Bitcoin.

 

Preuve de Travail (Proof-of-Work)

Le système de validation par preuve de travail (en anglais proof-of-work ou PoW) correspond à une mesure sécuritaire et économique permettant de dissuader les attaques par déni de service (DDoS) sur un réseau informatique.

Dans le système Bitcoin, la preuve de travail consiste à demander aux mineurs la résolution d’un problème mathématique nécessitant une grande quantité de puissance de calcul informatique. Cette preuve de travail rend les tentatives de piratages difficiles et permet de protéger le réseau contre les tentatives de spams et de surcharge. Bitcoin utilise Hashcash, un célèbre système de preuve de travail conçu par Adam Back.

Une caractéristique importante de ce système est l’asymétrie du coût de calcul : le travail doit être difficilement réalisable pour le demandeur, mais facilement vérifiable pour un tiers. Par cette caractéristique, il se distingue d’un CAPTCHA, qui est destiné à un être humain pour résoudre rapidement un problème, au lieu d’un ordinateur.

Le premier mineur à résoudre le problème mathématique est autorisé à créer le prochain bloc de la blockchain. La difficulté du problème mathématique est ajustée en temps réel selon la puissance totale du réseau afin que les blocs soient toujours émis à intervalles réguliers.

 

Nous venons donc de voir que le Bitcoin repose sur deux procédés déjà existants : la fonction de hachage et la preuve de travail. Mais alors, en quoi Bitcoin est innovant ? Tout d’abord, Bitcoin est innovant de par ses propriétés qui sont uniques, comme la fréquence à laquelle de nouveaux bitcoins sont créés ou la limitation à 21 millions d’unités. Et surtout, Bitcoin est innovant parce qu’il repose sur une technologie sous-jacente : la blockchain.

 

Blockchain (Chaîne de blocs)

La blockchain, que l’on peut traduire par chaîne de blocs en français, est le socle qui supporte la technologie Bitcoin. Je vous ai dit plus haut que Satoshi Nakamoto était l’inventeur du Bitcoin, vous devez savoir qu’il est également l’inventeur de la blockchain. C’est cette technologie qui permet au Bitcoin d’exister et de fonctionner, la blockchain est l’architecture sous-jacente au Bitcoin.

 

 

La blockchain qui est le nouveau buzzword (mot à la mode) aurait été inventée par le créateur du Bitcoin 😮 ? Oui. Étonnant non ? Quand on voit la réputation que traîne le Bitcoin derrière lui 😜 N’oublions pas que si Bitcoin n’avait pas été inventé, la blockchain n’existerait probablement pas aujourd’hui. Cependant, la technologie blockchain est encore très complexe à appréhender et, même si l’on commence à voir de plus en plus d’exemples concrets de son utilisation, rares sont ceux qui peuvent se targuer d’avoir développé des systèmes révolutionnaires grâce à la blockchain.

Mais alors, qu’est-ce que la blockchain ? Il s’agit d’une technologie qui permet de stocker et transmettre des informations de façon transparente, sécurisée et sans avoir recours à un tiers de confiance. On peut la comparer à une grande base de données qui contient tout l’historique des échanges réalisés entre ses utilisateurs depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne.

Il existe des blockchains publiques et des blockchains privées. Les premières, comme la blockchain Bitcoin ou Ethereum, peuvent être consultées et utilisées partout dans le monde et par tout le monde, elles sont ouvertes à tous. Les secondes, qui sont généralement utilisées par des entreprises, nécessitent d’avoir une autorisation pour y participer, elles sont utilisables et consultables sous certaines conditions.

Bitcoin repose sur une blockchain publique, qui peut être assimilée à un ensemble de grands livres comptables publics, pseudonymes et infalsifiables. Tout le monde peut participer à l’écriture de ces livres, tout le monde peut les consulter, mais il est impossible de le modifier, d’en arracher des pages ou de les détruire. Notons également qu’une blockchain publique fonctionne toujours avec une monnaie ou un token.

Dans le cas du Bitcoin, la blockchain permet aux utilisateurs de s’échanger de la monnaie numérique (des bitcoins) de façon sécurisée, transparente et décentralisée. Les échanges sont sécurisés par les nœuds du réseau, toutes les transactions depuis 2008 sont disponibles publiquement sur internet, et l’absence d’un organe interne de contrôle permet une décentralisation totale.

 

Comme dit précédemment, la blockchain Bitcoin peut donc être comparée à un ensemble de grands livres de comptes ouverts. Si l’on y regarde de plus près, il s’agit de documents dans lesquels on va écrire toutes les transactions en bitcoins :

  • Jean envoie 1 bitcoin à Camille le 08/01/2018
  • Camille envoie 0.5 bitcoin à Marie le 15/07/2018
  • etc.

 

Et donc, en lisant ces livres, on peut savoir qui a envoyé combien à qui, et ce que chaque individu possède. Et, ce qu’il faut savoir, c’est que la place dans ces livres est limitée, et que l’on prend un nouveau livre toutes les 10 minutes environ ! Ainsi, on écrit toutes les transactions dans un livre pendant 10 minutes, puis on prend un nouveau livre et l’on écrit toutes les transactions suivantes pendant les 10 prochaines minutes, et ainsi de suite. Tous les livres sont numérotés dans l’ordre (livre 1, livre 2, livre 3…)

Chaque livre contient un résumé du livre précédent. Ce résumé correspond au code unique de la fonction de hachage SHA-256 que nous avons vu précédemment. Ainsi, si nous venons de terminer le livre 570, nous allons le prendre et le passer dans la moulinette SHA-256. Nous allons alors obtenir un code unique et l’inscrire à la fin de la dernière page de notre livre. Nous allons également inscrire ce code unique en haut de la première page du livre suivant, le livre 571 🙂 C’est ce résumé, ce code unique, qui va permettre de relier les livres entre eux.

Bien entendu, dans le cas du Bitcoin, il ne s’agit pas vraiment de livres. En réalité, ces livres sont ce que l’on appelle des blocsEt quand ces blocs sont positionnés les uns à la suite des autres, ils forment une chaîne de blocs, une blockchain 🙂

Cette blockchain est une base de données mathématiquement vérifiée. Comme nous venons de le voir, les transactions effectuées entre les utilisateurs du réseau sont regroupées par blocs, qui sont disposés les uns à la suite des autres et reliés ensemble. Chaque bloc est vérifié et validé par les nœuds du réseau, également appelés les mineurs, il s’agit des acteurs qui font tourner la blockchain. Pour effectuer ces vérifications, les mineurs résolvent des problèmes mathématiques comme la preuve de travail que nous avons passé en revue dans la partie précédente. Une fois le bloc vérifié et validé, il est horodaté (on indique la date et l’heure) et ajouté à la chaîne de blocs. La transaction est alors visible publiquement sur les grands livres comptables (la blockchain).

Ainsi, en 2009, lors de la première transaction en bitcoins, il y a d’abord eu un premier bloc sur la blockchain Bitcoin. Puis 10 minutes après environ, il y a eu un second bloc, rattaché au premier. Une dizaine de minutes plus tard, un troisième bloc a été créé et rattaché au second bloc. La blockchain est donc une suite de blocs numérotés et reliés les uns à la suite des autres.

 

💡 Le premier bloc de la blockchain est appelé le genesis block.

 

Tout cela peut vous apparaître encore abstrait. Mais ne vous en faites pas, il ne me reste plus qu’à vous expliquer en quoi consiste le minage et vous pourrez alors visionner une vidéo que j’ai préparé, pour vous montrer en images le fonctionnement du Bitcoin et de la blockchain 🙂

Lorsque l’on dit que l’on « mine » des bitcoins, cela signifie (en partie) résoudre un problème mathématique permettant de créer un nouveau bloc. Nous allons voir tout cela plus en profondeur dans la partie qui suit 🙂

 

Qu’est-ce que le minage ?

Dans ce guide, j’ai parlé plusieurs fois de mineur, de mining, de minage… Mais qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que le minage de bitcoins ? Quel est le rôle d’un mineur ?

Un mineur est un individu qui vérifie les transactions effectuées sur le réseau Bitcoin et qui certifie qu’elles sont conformes. Ces transactions sont ensuite ajoutées sur la blockchain et disponibles publiquement en ligne. Pour vérifier les transactions, le mineur doit mettre la puissance de sa machine à disposition du réseau.

Tout le monde peut devenir mineur, il suffit de télécharger la blockchain Bitcoin, d’installer un logiciel sur sa machine et de mettre à disposition du réseau la puissance de cette dernière.

Les mineurs sont récompensés pour leur travail, pour le temps et la puissance de calculs qu’ils ont dépensés. Ils reçoivent en récompenses les frais de transactions payés par les utilisateurs du réseau. Un mineur est également sélectionné toutes les 10 minutes (à chaque création de bloc), pour recevoir la récompense de minage qui est associée à la création d’un nouveau bloc sur la blockchain. Aujourd’hui, cette récompense est de 12,5 bitcoins toutes les 10 minutes environ. Il est important de préciser que cette récompense est divisée par 2 tous les 4 ans en moyenne, c’est ce que l’on appelle le halving.

Les transactions que les mineurs vérifient sont regroupées dans des blocs. Un nouveau bloc est créé toutes les 10 minutes environ. Une fois que tous les mineurs ont vérifié, chacun de leur côté, les transactions du bloc en cours, il faut choisir le bloc de quel mineur sera ajouté à l’unique blockchain (chaîne de blocs). C’est à ce moment précis qu’intervient le système de Preuve de Travail. Les règles de consensus, qui définissent ce système de Proof-of-Work, vont permettre de sécuriser le réseau, en dissuadant les mineurs de falsifier leurs blocs. En effet, les mineurs vont devoir trouver la solution d’un problème mathématique complexe, nécessitant beaucoup de ressources informatiques, il s’agit d’une étape consommatrice d’énergie et de temps. Et c’est cette étape que l’on appelle la preuve de travail.

Le premier mineur qui arrive à résoudre le problème mathématique, partage la preuve au réseau et il est récompensé par des bitcoins nouvellement créés. Son bloc est alors ajouté à la blockchain.

 

Et voilà, après toutes ces explications techniques sur le Bitcoin, vous avez bien mérité de visionner une vidéo récapitulative 🙂

 

Vidéo : Comment fonctionne une transaction en bitcoins sur la blockchain ?

Maintenant que nous avons passé en revue tous les concepts clés du Bitcoin et les technologies sur lesquels il repose, nous allons pouvoir regarder comment fonctionne une transaction. Dans cette courte vidéo de 4 minutes, nous allons voir ensemble comment se déroule une transaction en bitcoins sur la blockchain.

 

 

Combien de personnes utilisent le Bitcoin ?

Il est assez difficile de répondre à cette question avec précision mais vous trouverez ci-dessous un aperçu des chiffres qui sont admis publiquement :

  • En septembre 2011, il y avait environ 60.000 utilisateurs
  • En octobre 2014, selon Coindesk, il y avait plus de 7,5 millions de portefeuilles bitcoin
  • En octobre 2016, selon le site blockchain.info, il y a environ 8,8 millions d’utilisateurs Bitcoin
  • Selon blockchain.info toujours, d’octobre 2016 à janvier 2018, le nombre d’utilisateurs de Bitcoin a presque triplé, passant à 22 millions d’utilisateurs

 

Les moments clés de l’histoire du Bitcoin

  • Octobre 2008 : Publication du livre blanc du Bitcoin par Satoshi Nakamoto
  • Janvier 2009 : Première transaction en bitcoins entre Satoshi Nakamoto et Hal Finney
  • Juin 2010 : Premier achat en bitcoins dans la vie réelle : deux pizzas contre 10.000 BTC (environ 40$ à l’époque)
  • Janvier 2011 : Un Bitcoin vaut environ 30 centimes de dollars
  • Janvier 2012 : Un Bitcoin vaut environ 5 dollars
  • Janvier 2013 : Un Bitcoin vaut environ 15 dollars
  • Novembre 2013 : Le Bitcoin dépasse pour la première fois les 1.000 dollars
  • Février 2014 : Hack de Mt. Gox, la plateforme d’échange de crypto-monnaies la plus utilisée au monde, le Bitcoin chute sous les 200 dollars
  • Décembre 2016 : Après plusieurs années, le Bitcoin repasse la barre symbolique des 1.000 dollars
  • Juillet 2017 : Fermeture définitive de Silk Road, plateforme la plus célèbre d’achats/ventes de produits illégaux sur le Darknet
  • Octobre 2017 : le Bitcoin dépasse les 5.000 dollars
  • Novembre 2017 : le Bitcoin dépasse les 10.000 dollars
  • Décembre 2017 : le Bitcoin atteint un record historique à 19.974 dollars

 

3 histoires qui ont façonné la réputation du Bitcoin

Dans la partie qui suit, nous allons nous pencher sur 3 histoires, 3 moments clés, 3 personnages, qui ont façonné la réputation du Bitcoin et influencé le cours de son histoire.

 

 

WikiLeaks – Julian Assange – 2011

Le site WikiLeaks a été fondé en 2006 par Julian Assange, qui vit réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres depuis 2012, pour éviter d’être extradé aux États-Unis. L’objectif de cette plateforme est de permettre la publication et la diffusion de documents confidentiels relatifs aux violations des droits de l’Homme, à la corruption, à l’espionnage… Les documents visent particulièrement les gouvernements et les Etats, et sont généralement mis en ligne par des lanceurs d’alertes.

Tout à l’heure, je vous parlais des cypherpunks et je vous disais qu’ils cherchaient à maximaliser le respect de la vie privée des citoyens. Pour eux, il y a un gouffre gigantesque entre le respect de la vie privée dont bénéficient les gouvernements, et celui dont bénéficient les particuliers comme vous et moi. Les cryptoanarchistes mettent alors en place des outils et des stratagèmes pour permettre aux particuliers de tendre vers le respect de la vie privée dont bénéficie les gouvernements.

Julian Assange est également un cryptoanarchiste, mais il fonctionne différemment. Pour rétablir la balance entre les gouvernements et les citoyens, il ne va pas travailler à améliorer le respect de la vie privée des citoyens. Non, il va plutôt s’attacher à révéler les secrets des Etats et leurs dire : “Vous voyez, vous êtes comme nous, vulnérables, et tout le monde peut avoir accès à vos secrets. Cela n’est pas plaisant, n’est-ce pas ?”

Et ainsi, pendant plusieurs années, Assange s’applique à divulguer les documents secrets des gouvernements pour que citoyens et gouvernements puissent danser sur un même pied d’égalité. Mais vous pourrez facilement le deviner, cela n’est pas au goût des gouvernements, et cela n’est particulièrement pas au goût des Etats-Unis qui déclarent la guerre à WikiLeaks.

 

 

En 2011, les Etats-Unis orchestrent un véritable blocus financier, en demandant à de nombreuses entités comme VISA, Mastercard, Bank of America, PayPayl et Western Union de ne plus fournir de services financiers à WikiLeaks. Ainsi, l’organisation qui jusqu’à cette date vivait des dons des utilisateurs, se voit amputer de 95% de ses revenus. WikiLeaks trouve alors une parade, en décidant d’accepter les dons en bitcoins sur son site internet, cette monnaie électronique dont on commence tout juste à entendre parler.

Bitcoin n’a pourtant rien à voir avec toute cette histoire, il s’agit juste d’un moyen de paiement Open Source que tout le monde peut décider d’utiliser et d’implémenter sur son site internet. Mais de fait, Bitcoin se retrouve sur le devant de la scène, au milieu d’une guerre entre les Etats-Unis et WikiLeaks. Et cet épisode va placer Bitcoin dans le viseur du gouvernement américain, qui a moyennement apprécié le pied de nez qu’il vient de lui faire en proposant une alternative au blocus financier de WikiLeaks.

L’histoire commence mal pour Bitcoin. A cette époque, Satoshi Nakamoto, qui était inactif depuis plusieurs mois, sort de son silence pour alerter ses pairs sur la situation. Il pense que l’utilisation de Bitcoin dans ce contexte pourrait lui être fatale. Pour Satoshi, Bitcoin n’est pas encore prêt à être médiatisé, il a peur que le projet en subisse les conséquences et soit déclaré illégal avant d’avoir pu montrer toute l’étendue de son potentiel.

 

Silk Road – Ross Ulbricht – 2013

En 2013, Ross Ulbricht, également connu sous le pseudonyme de « Dread Pirate Roberts », est arrêté par le FBI. Il est soupçonné d’être le fondateur du site Silk Road, le « supermarché de la drogue » sur le darknet. Une histoire où les principes libertariens se mêlent à l’utilisation la plus poussée d’internet et de ses secrets.

Silk Road était une place de marché, comme eBay, sur laquelle tout ce qui existait d’illicite sur terre pouvait s’échanger librement : centaines de kilos de drogues, recrutement de tueurs à gages, logiciels permettant de pirater des ordinateurs à distance, faux papiers…

Le site qui était uniquement accessible par le biais du navigateur Tor a été fermé par le FBI en 2013, lors d’une interpellation digne d’un film d’action. Vous pourrez en apprendre plus à ce sujet en lisant cet article : L’incroyable histoire de Ross Ulbricht, le fondateur de Silk Road condamné à la prison à vie

Pour Ross, l’idée était de créer un site internet où les utilisateurs pourraient acheter n’importe quoi anonymement, sans que rien ne puisse venir les relier entre eux. Un endroit libre où il serait possible de s’échanger tout et n’importe quoi sans que les autorités, les Etats, les gouvernements n’aient leur mot à dire.

Ross Ulbricht est un libertarien obsédé par l’argent et en particulier le Bitcoin. Car oui, si je vous parle de cette aventure, c’est qu’elle a un lien avec le Bitcoin. Les transactions sur cette place de marché de la drogue se faisaient uniquement en bitcoins ! C’est d’ailleurs avec la médiatisation de cette affaire que Bitcoin a été considéré (à tort !) comme une monnaie anonyme.

 

 

Cet eBay de la drogue va connaître une croissance exponentielle et Ulbricht aurait acquis près de 80 millions de dollars en deux ans. En 2012, il tente de faire abattre un de ses employés, pensant qu’il lui a dérobé des bitcoins. Il est arrêté en 2013 et condamné à une double peine de prison à perpétuité en février 2015, peine confirmée en appel en mai 2017. Ce verdict tient davantage du symbole, sa sentence étant également un moyen d’envoyer un message aux potentiels autres barons de la drogue en ligne.

Le procès de Ross Ulbricht et de Silk Road aura également été celui du Bitcoin, que l’on accusa de tous les maux et qui, à cause du martelage médiatique de cette affaire, restera la monnaie du darkweb dans l’esprit de millions de personnes à travers le monde. Deuxième coup dur pour Bitcoin.

 

Mt. Gox – Mark Karpelès – 2014

Mark Karpelès est né en 1985 à Chenôve. Il grandit dans la banlieue de Dijon où sa mère, férue de nouvelles technologies, l’élève seule et lui fait découvrir la programmation dès l’âge de 4 ans. Il est décrit comme quelqu’un de très introverti qui aurait des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne. Encore aujourd’hui il est présenté comme un codeur virtuose, précoce et autodidacte (il arrête ses études après le bac). Il est ce que l’on pourrait qualifier de personnification du geek, il explique avoir déjà vécu “cinq ou six mois sans poser le pied dehors”.

Sur Internet, on retrouve sa trace sous le pseudonyme de Magical Tux, avec lequel il se fait un nom sur les forums spécialisés en informatique. Il travaille un temps en France et en Israël puis part s’installer au Japon en 2009, pays par excellence de la culture geek. Il se marie, devient père d’un petit garçon et fonde sa propre société, Tibanne (du nom de son chat), au sein de laquelle il développe des sites Web.

Accusé par son ex-employeur, Linux Cyberjoueurs, un éditeur français de jeux en ligne, d’avoir détourné des données de l’entreprise. Il sera condamné en 2010 par le tribunal de grande instance de Paris à un an de prison avec sursis et 45 000 euros de dommages et intérêts. Mark n’assistera pas à sa condamnation, il vit toujours au Japon, où il est devenu en quelques années le baron du Bitcoin. Retour sur sa fulgurante ascension.

Mark Karpelès vient donc de s’installer au Japon, il coule des jours heureux et rien ne devrait lui faire croiser la route du bitcoin. Jusqu’à ce qu’un client de sa société lui demande, en 2010, s’il peut le payer en cryptomonnaies…

Mark découvre alors l’univers du Bitcoin et c’est une révélation pour lui. Il se passionne pour cette technologie, se plonge dans la mécanique de cette monnaie numérique et ressent immédiatement le potentiel de cette innovation. Il dévore tout ce qu’il peut sur le sujet puis fait la rencontre (sur IRC) du programmeur Jed McCaleb. Ce dernier est connu pour avoir créé eDonkey, logiciel de partage de fichiers très populaire au début des années 2000. Il est également célèbre aujourd’hui pour avoir fondé des projets comme Ripple et Stellar.

Au moment de cette rencontre, Jed McCaleb gère Mt. Gox, une plateforme d’échange de cartes à jouer Magic : The Gathering, qu’il vient justement de transformer en plateforme d’échange de bitcoins. Mark lui rachète Mt. Gox pour une bouchée de pain.

L’incroyable histoire commence alors. Mt. Gox apparaît comme la première plateforme crédible permettant d’échanger du Bitcoin contre des monnaies fiduciaires. A l’époque, 1 bitcoin coûte 1 dollar, et cela n’intéresse pas grand monde. Mais quelques mois plus tard, les médias s’emparent du sujet et le Bitcoin est sur toutes les lèvres. A l’époque, la valeur du bitcoin est en hausse et attire de nouveaux investisseurs. Le nombre de clients sur Mt. Gox passe de 3000 à 60000 en quelques semaines et atteindra finalement le million d’utilisateurs 2 ans plus tard.

Très vite, MtGox devient l’exchange numéro 1 au monde, en grande partie grâce à un effet d’emballement. A cette époque, le site Mt. Gox est alors considéré comme la “banque du Bitcoin”. C’est phénoménal, plus de 80% des échanges en bitcoins passent par la plateforme, qui gère entre 5 et 20 millions de dollars de transactions par jour. Le site de Mark devient la référence pour l’achat et la vente de bitcoins sur Internet. Précisons tout de même qu’entre un tiers et la moitié des transactions qui transitent sur Mt. Gox sont liées à Silk Road, et donc à l’achat/vente de produits illicites sur le DarkWeb.

En 2013, Bitcoin dépasse la barre symbolique des 1.000 dollars et Karpelès, qui est surnommé le “Baron du bitcoin”, vit son heure de gloire. Il emménage à Meguro, l’un des quartiers les plus chics de Tokyo. Il s’achète un lit à 48.000 dollars et vit dans un logement luxueux pour la modique somme de 10.000 dollars par mois. Cependant, il reste toujours cet adolescent passionné de jeux-vidéos et de mangas. Un geek riche en somme, qui roule en Lamborghini, fait des blagues de nerds et publie des photos de son chat sur les réseaux sociaux… Un mélange décalé et subtil.

En parallèle, les utilisateurs commencent à laisser leur argent (leurs bitcoins) sur le site de Karpelès. Mt. Gox devient alors une cible, la meilleure cible. Pourquoi essayer de voler le portefeuille des particuliers, quand on a la possibilité de se servir directement dans les coffres de la banque ?

Ce qui devait arriver, arriva.

Mark est excellent sur un ordinateur mais le relationnel n’est pas son fort et il n’est pas très à l’aise avec le fait d’avoir à manager des dizaines de collaborateurs. En plus de cela, la plateforme fait face à plusieurs défaillances techniques et personne ne s’en rend compte.

Résultat des courses, le 25 février 2014, Mt. Gox annonce la perte de 744.000 BTC et ferme ses portes. Cette perte est estimée à 375 millions d’euros au moment des faits (plus de 10 milliards d’euros en décembre 2017). Le casse du siècle ?

L’image ci-dessous a fait le tour du monde. On y voit un client de MtGox, quelques jours après la fermeture de la plateforme, demander à Mark où sont passés ses bitcoins.

 

 

Après cet épisode, l’écosystème Bitcoin est à terre, tant en terme de crédibilité et d’image que de prix. Les gens se rendent compte qu’avec Bitcoin, il n’y a pas d’assurance, pas de soutient de l’Etat. C’est quand il y a eu des pertes que les gens ont réalisé qu’il n’y avait personne pour les aider ou les couvrir. Bitcoin subira les conséquences directes de ce vol pendant plusieurs mois, son cours amorcera une lente et longue descente et atteindra 150$ une année plus tard.

Mais alors, que s’est-il passé ? Il me faudrait beaucoup de temps pour vous expliquer toute cette affaire et ce n’est malheureusement pas le sujet de ce guide. Piratage de la plateforme par des personnes malintentionnées ou détournement des fonds par son dirigeant ? L’histoire n’a pas encore révélé tous ses mystères. Mark Karpelès a été emprisonné au Japon pendant de nombreux mois et il est encore aujourd’hui dans l’attente de son jugement. Son procès a débuté en juillet 2017, il risque cinq ans d’emprisonnements pour détournement de fonds.

Beaucoup se demandent pourquoi les utilisateurs ont laissé leur investissement sur un site Internet ? Bitcoin prône la décentralisation, la suppression des tiers de confiance. C’est tout de même un comble de vouloir s’affranchir des banques mais de faire confiance à une plateforme sur Internet pour stocker son argent… Facile à dire après coup, mais il est nécessaire de tirer les leçons de cet épisode douloureux et d’éviter de commettre ce type d’erreurs dans le futur. Stockez vos crypto-monnaies par vos propres moyens et si vous voulez les stocker en ligne, ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier.

Cet épisode laissera un goût amer dans la bouche des clients de la plateforme MtGox, qui attendent toujours de récupérer leur argent… Cela portera également préjudice au Bitcoin, que les médias présenteront comme une monnaie numérique pouvant être facilement piratée et sans recours possibles.

Pour en savoir plus sur Mark Karpelès et le piratage de Mt Gox, je vous conseille de visionner le reportage Bitcoin Big Bang: l’improbable épopée de Mark Karpeles, produit par Canal+ et diffusé en 2018.

 

Ces 3 histoires, toutes différentes, nous montrent que Bitcoin a subi un véritable délit de sale gueule. Encore aujourd’hui, Bitcoin est souvent présenté comme une monnaie utilisée par les criminels, une monnaie qui n’est pas digne de confiance, une monnaie sulfureuse…

 

Conclusion

Comme vous l’aurez constaté, Bitcoin a une mauvaise réputation, c’est une monnaie controversée et souvent décriée. Les amalgames concernant son passé sulfureux, le manque de connaissance des gens à son sujet et la façon hostile dont les politiques et les médias en parlent, font parfois de Bitcoin l’ennemi numérique numéro 1. Le terme Bitcoin est souvent associé à des sujets négatifs : spéculation dangereuseachat/vente de produits illégaux (armes à feux, drogue, faux papiers…), vol, piratage, arnaqueDifficile de se défaire des préjugés

Il est vrai qu’il s’agit d’un projet qui a des lacunes et des défauts. On peut par exemple noter la volatilité importante du prix du Bitcoin ces derniers mois, variant de plusieurs milliers de dollars en quelques heures. Mais, ce projet est-il seulement destiné à remplacer une monnaie comme l’euro ? Je ne pense pas qu’il en ait la prétention actuellement, il s’agit d’une alternative, d’une expérimentation, qui pourrait s’améliorer dans le temps et déboucher sur d’autres projets et solutions à l’avenir.

Bitcoin c’est le Far-West, un monde dans lequel les réglementations sont rares et les méchants souvent impunis. Un monde impitoyable où les pièges et arnaques sont légions. Un monde qui nécessite d’avoir une certaine maîtrise des nouvelles technologies. Cette barrière technologique pourrait d’ailleurs être un frein à sa démocratisation, et il est urgent d’œuvrer pour rendre son utilisation et son adoption plus faciles.

Cette monnaie numérique souffre également de problèmes concernant la scalabilité (montée en charge). En effet, l’utilisation massive du réseau lors du buzz médiatique du Bitcoin en décembre 2017 aura permis de mettre en évidence des lacunes évidentes dans la gestion d’un grand nombre de transactions en simultané. Les frais du réseau ont alors explosé et les transactions pouvaient prendre plusieurs jours. Mais Bitcoin est un projet Open Source, sur lequel des milliers de développeurs travaillent avec passion. Des solutions sont en cours pour améliorer la fluidité du réseau et lui permettre de gérer plus de transactions par seconde. C’est notamment le cas d’une nouvelle fonctionnalité qui devrait voir le jour prochainement sur le réseau Bitcoin : le Lightning Network (vous pourrez trouver plus d’informations à ce sujet en suivant ce lien : Qu’est-ce que le Lightning Network ?).

Oui Bitcoin n’est pas parfait ! Mais il s’agit d’une monnaie électronique pair-à-pair qui a de la valeur par rapport aux systèmes existants en raison de l’autonomie monétaire et de la liberté qu’elle apporte à ses utilisateurs. Bitcoin cherche à s’attaquer au problème fondamental des monnaies classiques : s’affranchir des tiers de confiance (gouvernements, états, banques…) sans altérer le fonctionnement de la monnaie. Bitcoin est un exemple de système monétaire sans banque centrale. Il s’agit d’une monnaie pair-à-pair, ce qui signifie qu’aucune autorité centrale n’émet de nouveaux fonds ou ne valide les transactions, ces tâches sont gérées collectivement par le réseau. Faire appel à un intermédiaire, un organe de confiance interne, n’est pas une mauvaise chose en soit, mais la confiance rend les systèmes fragiles, opaques et coûteux à exploiter. Les systèmes de confiance peuvent entraîner des effondrements systémiques, créer de l’inégalité et une situation de monopole. Grâce à l’utilisation de la cryptographie, des réseaux décentralisés et de logiciels libres, Bitcoin propose une alternative concrète et fiable aux systèmes monétaires actuels.

Les transactions en bitcoins sont rapides, sans frontières, sécurisées… Le logiciel peut être installé par tout un chacun en quelques minutes, dans le monde entier, sans discrimination. Il n’est pas nécessaire d’avoir une pièce d’identité pour l’utiliser (cela est cependant nécessaire pour en acheter). Il pourrait s’agir d’une solution pour les individus non-bancarisés, ces personnes qui n’ont pas accès aux services bancaires et que l’on estime à 2 milliards dans le monde (source : Dans le monde, 2 milliards de personnes ne possèdent pas de compte bancaire). En effet, donnez un smartphone et une connexion internet aux individus non-bancarisés et ils auront une banque dans leur poche ! Cette solution est plus simple et moins coûteuse que d’ouvrir des milliers d’établissements bancaires.

Bitcoin convient également aux personnes soucieuses de la protection de la vie privée. Il s’agit d’une monnaie résistante à la censure et personne ne peut bloquer ou geler une transaction, quel qu’en soit le montant. Personne ne peut venir vous prendre vos bitcoins, quelle qu’en soit la raison, quoi qu’il arrive. Ils sont en votre possession directe, sans risque de contrepartie. Il vous suffit simplement de garder secrètement la clé privée de votre portefeuille pour pouvoir en jouir à tout moment.

Il est possible d’utiliser Bitcoin pour effectuer des transactions à n’importe quel moment de la journée ou de l’année, le réseau est accessible et disponible 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Bitcoin peut également avoir un rôle de réserve de valeur, comme l’or, et être utile en cas de crise financière, de guerre, d’inflation…

Cette monnaie numérique ne peut pas être imprimée, elle ne peut pas être dégradée ou détruite. La quantité de bitcoins est limitée, il y’en aura 21 millions au maximum, pas 1 de plus, c’est écrit dans le code. Stocker des bitcoins est gratuit, ils n’occupent aucun espace physique, quel qu’en soit le montant. Ils sont faciles à protéger et peuvent être stockés de façon cryptée sur un disque dur ou sauvegarder sur papier (paper wallet).

Enfin, il s’agit d’un écosystème innovant qui ne demande qu’à être exploité et exploré, et qui pourrait nous réserver de belles surprises pour l’avenir 🙂

Souvenez-vous à la fin des années 90, quand Internet soulevait des questions éthiques, quand son déploiement et son installation demandaient des connaissances et du temps, quand le réseau était lent et coûteux… 20 ans plus tard, il s’agit probablement de la révolution technologique la plus importante du millénaire. Aujourd’hui, il est nécessaire de réguler Bitcoin et de lui donner un cadre. Mais il faut réguler intelligemment car trop de contraintes et d’interdits pourraient tuer la créativité et l’innovation qui entourent le projet. Il faut trouver un juste milieu entre régulation et innovation. Quoi qu’il en soit, Bitcoin et la blockchain sont une révolution dont on entendra encore parler pendant de nombreuses années 🙂 Alors n’hésitez pas à prendre part à l’histoire !




Il m’aura fallu une année pour réussir à venir à bout de ce guide sur le Bitcoin et la blockchain. De nombreuses améliorations sont à venir. J’espère qu’il vous a plu 🙂

 

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