Liste des enlèvements et agressions liés aux cryptomonnaies en France
Depuis 2025, la France connaît une escalade alarmante des violences liées aux cryptomonnaies. Ces attaques révèlent une tendance lourde : les détenteurs de cryptomonnaies sont devenus des cibles privilégiées pour les criminels. Cet article référence tous les cas connus à ce jour et tente d'expliquer pourquoi la France est devenue un terrain particulièrement propice à ce type de criminalité, tout en proposant des solutions concrètes pour se protéger des menaces physiques.
Chronologie des violences crypto en France
Voici une liste des cas connus d'enlèvements et d'agressions violentes liés aux cryptomonnaies ayant eu lieu en France depuis 2017.
Cette liste est non exhaustive, de nombreux cas n'étant pas médiatisés ou rendus publics pour des raisons de sécurité et de confidentialité 👇
Source : Known Physical Bitcoin Attacks de Jameson Lopp
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Comment expliquer l'explosion des agressions crypto en France ?
L'augmentation dramatique des enlèvements et agressions liés aux cryptomonnaies en France s'explique par plusieurs facteurs convergents qui ont transformé les investisseurs crypto en cibles privilégiées.
La compromission des bases de données fiscales
L'affaire la plus révélatrice est celle de Ghalia C., une agente des impôts de Bobigny mise en examen en juin 2025 pour avoir transmis à des criminels des informations confidentielles issues des bases de données fiscales.
L'analyse de son historique de recherche a révélé des consultations concernant des personnalités publiques, dont le milliardaire Vincent Bolloré, mais surtout des investisseurs en cryptomonnaie.
Le sentiment d'impunité : un facteur aggravant
Un élément critique alimente cette spirale de violence : l'absence de condamnations exemplaires. Bien que le Code pénal français prévoie des peines théoriques très lourdes (20 ans de réclusion criminelle pour séquestration, 30 ans avec actes de torture), aucun des auteurs d'enlèvements crypto récents n'a encore été condamné.
En mai 2025, 25 personnes ont été mises en examen dans le cadre de plusieurs enquêtes sur des enlèvements crypto, dont 18 placées en détention provisoire. Mais l'analyse des profils est révélatrice : il s'agit majoritairement de très jeunes hommes âgés de 16 à 23 ans, dont 6 mineurs.
Si ces mises en examen constituent une première étape, elles ne suffisent manifestement pas à dissuader les criminels. La preuve : pas moins de 6 attaques ont été recensées en l'espace de 2 semaines seulement début janvier 2026, révélant un sentiment d'impunité croissant.
Le problème réside dans le décalage entre la sévérité théorique des peines et la réalité judiciaire :
- Les procédures judiciaires prennent plusieurs mois, voire des années, avant une condamnation définitive ;
- Les mineurs impliqués bénéficieront d'une atténuation automatique des peines ;
- Certains suspects sont placés sous simple contrôle judiciaire plutôt qu'en détention ;
- En l'absence de condamnations médiatisées et véritablement dissuasives, les criminels continuent à cibler les investisseurs crypto.
La saturation du narcotrafic : un terreau fertile pour les agressions crypto
Selon Jérôme Pierrat, journaliste spécialisé en criminologie, les activités criminelles classiques connaissent une résurgence inquiétante ces dernières années. L'explosion des enlèvements liés aux cryptomonnaies s'inscrirait dans un contexte plus large : le retour en force du banditisme traditionnel en France.
La raison principale de ce phénomène ? Le marché de la cocaïne est saturé. Le prix du kilo est passé de 27 000 € à 15 000 € en quelques années, conséquence d'une surproduction en Amérique du Sud (Bolivie, Pérou, Colombie) et de la multiplication des réseaux. Cette saturation s'accompagne d'une explosion des règlements de comptes qui touche désormais l'ensemble du territoire français, rendant cette activité de plus en plus dangereuse et mortelle pour les nouveaux venus.
Face à cette situation, les jeunes délinquants cherchent d'autres débouchés. On assiste ainsi au retour d'activités qui avaient pratiquement disparu : cambriolages (+15% en 4 ans), braquages de bijouteries (favorisés par l'envolée du cours de l'or à 110 000 €/kg), proxénétisme de cité (multiplié par 10 en une décennie), et surtout, les enlèvements.
Ces derniers avaient quasi entièrement disparu depuis les années 70-80, époque tristement célèbre pour l'affaire du Baron Empain. À l'époque, cette pratique échouait systématiquement lors de la remise de rançon, moment où les ravisseurs se faisaient invariablement arrêter. Mais les cryptomonnaies ont changé la donne : plus besoin de contact physique pour récupérer la rançon. Un simple virement numérique à l'autre bout du monde suffit, éliminant le principal risque qui rendait cette activité vouée à l'échec.
C'est dans ce contexte de reconversion criminelle généralisée que les détenteurs de cryptomonnaies sont devenus des cibles privilégiées : patrimoine important, identifiable via les déclarations fiscales et/ou les fuites et possibilité de récupérer la rançon à moindres risques.
DAC8 : une bombe à retardement pour la sécurité des investisseurs
Depuis le 1er janvier 2026, la directive européenne DAC8 est entrée en vigueur, imposant aux plateformes d'échange de crypto-actifs de déclarer les transactions de leurs clients aux autorités fiscales si celles-ci le demandent.
Les plateformes devront transmettre l'identité complète des utilisateurs (nom, adresse, date et lieu de naissance), leur numéro d'identification fiscale, la valeur exacte des portefeuilles au 31 décembre de chaque année, ainsi que le montant cumulé des acquisitions et cessions réalisées durant l'année.
Cette centralisation massive de données sensibles crée un risque sans précédent. En cas de hack de ces bases de données, des informations ultra-sensibles se retrouveraient en libre circulation.
Sous couvert de lutte contre le blanchiment d'argent, cette concentration de données dans des environnements potentiellement vulnérables pourrait devenir le meilleur moyen pour les criminels d'obtenir les informations nécessaires pour identifier leurs cibles.
Comment se protéger face à la menace physique ?
Face à l'augmentation des agressions visant les détenteurs de cryptomonnaies, la sécurité ne se limite plus à la protection de ses clés privées. Plusieurs entreprises spécialisées proposent aujourd'hui des solutions adaptées à la menace physique, couvrant aussi bien la prévention que la réaction en cas de crise.
Évaluer son exposition : l'approche OSINT
La première étape de toute stratégie de protection consiste à comprendre ce qu'un agresseur potentiel pourrait découvrir sur vous. Perimeter Lab, société française cofondée par 3 anciens de Ledger, propose des audits OSINT (Open Source Intelligence) permettant d'identifier vos vulnérabilités personnelles avant qu'un individu malveillant ne le fasse.
Leurs analystes reconstituent votre exposition numérique et physique à partir de données publiques : réseaux sociaux, registres d'entreprises, articles de presse, fuites de données. Le rapport produit évalue plusieurs catégories de risques, notamment l'exposition en ligne, la traçabilité de votre adresse, l'exposition familiale et le contexte géographique.
👉 En savoir plus : Comment l'OSINT renforce la sécurité des investisseurs en cryptomonnaies ?
Protection rapprochée et sécurité physique
Pour les personnes exposées à un risque élevé, la protection physique devient indispensable. Des entreprises comme Lima Groupe propose des services de protection rapprochée, tandis que d'autres comme Chiron propose des formations HEAT (Hostile Environment Awareness Training) incluant la prévention et gestion de l'enlèvement.
Ces services sont particulièrement adaptés aux entrepreneurs crypto, dirigeants et personnalités publiques qui souhaitent se préparer aux situations de crise.
Urgence numérique : SEAL 911
Après une agression ayant abouti à un vol effectif de crypto-actifs, SEAL 911 peut servir de ligne d'urgence pour déclencher rapidement une assistance spécialisée. Porté par la Security Alliance (SEAL), le service est gratuit, accessible 24/7 et permet de joindre l'équipe via un bot Telegram (@seal_911_bot) afin de coordonner les premières actions de réponse (signalement, collecte d'éléments techniques, orientation vers des interlocuteurs pertinents).
SEAL 911 est composé d'une quarantaine de chercheurs en sécurité « white hats » et d'autres experts capables de traiter des signalements et de coordonner une réponse en temps réel.
Offrant également ses services à des développeurs et des protocoles victimes d'un hack, SEAL 911 indique avoir déjà contribué à sauver plus de 75 millions de dollars en crypto-actifs.
🎥 Notre échange avec Alexandre Lourimi, avocat associé au cabinet ORWL, sur DAC8 et ses implications 👇
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