Bitcoin, limité par nature

Le whitepaper de Satoshi Nakamoto, rédigé il y a 11 ans de cela, suggérait qu’il n’y aurait jamais plus de 21 millions de bitcoins (BTC) extraits et en circulation.

À bien des égards, Bitcoin est comparable à l’or, en termes de réserve de valeur, mais également parce qu’il nécessite d’être extrait (miné). Il ne peut pas être émis arbitrairement puisque son environnement est défini comme clos et fini. Mais sa dimension virtuelle, sa divisibilité, le fait de pouvoir l’échanger à distance et sa décentralisation - indéniable - marquent des différences majeures avec l'or.

La transparence qui en découle et son offre programmée par nature fait de Bitcoin un actif qui présente bien des avantages face à un or dont on ne connaît toujours pas à ce jour le stock disponible.

 La limite du nombre de bitcoins en circulation est prédéterminée par le protocole Bitcoin. À ce titre, les nouveaux coins entrent en circulation à mesure que de nouveaux blocs sont créés sur la blockchain Bitcoin. Tout cela est réalisé à un rythme contrôle :

« À ce jour, 18,5 millions de bitcoins ont été minés, soit 2,5 millions de bitcoins qui attendent d’être minés. »

 

La rémunération des mineurs

La création de bitcoins se fait par le minage, qui est le procédé essentiel au fonctionnement de la blockchain Bitcoin. C'est notamment le moyen par lequel les transactions sont vérifiées avant d’être sécurisées. Le Proof-of-Work (PoW) appelé preuve de travail en français intervient lors du processus de création (validation) d'un bloc.

C'est également un système qui permet de garantir la sécurité d'une blockchain comme celle de Bitcoin. Plus précisément, à travers la sécurisation du réseau, les mineurs assurent le bon fonctionnement de la blockchain par la création de nouveaux blocs qui contiennent ces nouvelles transactions.

De ce fait, les mineurs touchent une commission sur la transaction qu’ils valident, et tous les mineurs sont en concurrence et cherchent à miner la transaction qui leur serait la plus rentable et avantageuse.

Enfin, lors de la création d’un bloc, ils se voient octroyer une rémunération en BTC et c'est cette manière que de nouveaux bitcoins entrent en circulation.

👉 Pour en savoir plus, lisez notre dossier d'explication sur le minage de crypto-monnaies

 

Les implications du halving

La rémunération qui découle du minage d’un bloc évolue au fil du temps à un rythme régulier.Tous les 210 000 blocs, soit environ tous les 4 ans, a lieu ce qu'on appelle un halving.

Littéralement, le halving signifie la réduction de moitié de la rémunération en BTC des mineurs. Chaque halving implique la division par deux du nombre de bitcoins émis lors de la validation d’un nouveau bloc sur la blockchain Bitcoin.

À son lancement, la récompense pour le minage d’un bloc s’élevait à 50 BTC, quatre ans plus tard, lors du premier halving en 2013, la rémunération a été réduite de moitié.

Consécutivement en 2016, cette récompense a de nouveau été divisée par deux, soit à hauteur de 12,5 BTC. Ainsi, le dernier halving en date du 11 mai 2020 à provoqué la baisse de la rémunération du minage d'une bloc à 6,25 BTC.

Vous nous voyez venir, cela veut bien dire que dans le temps, la rémunération des mineurs en BTC tend vers 0, et cette date butoir devrait survenir en 2140.

👉 Pour aller plus loin : Qu’est-ce qu’un halving et quels impacts sur Bitcoin ?

 

Considérations

Il est fondamental de souligner que la rémunération des mineurs ne deviendra pas nulle malgré la fin de la création monétaire. En l'espèce, ils continueront à percevoir la rémunération liée aux frais de transaction.

Pour rappel, chacune des transactions est aujourd'hui soumise à de faibles frais afin d'être opérée. À terme, la validation des transactions doit représenter l'alternative à la récompense par bloc. Et ce, sans nécessairement rendre les frais de transactions plus dispendieux.

De même, si on estime que les transactions tendent à devenir trop onéreuses, le développement du réseau Lightning constitue une solution. En outre, il permettrait d’effectuer des transactions sur une interface autre que celle de la blockchain Bitcoin à moindre coût.

En ce sens, c’est tout l'écosystème Bitcoin qui repose en grande partie sur l’intérêt des mineurs. Les bénéfices de ces derniers reposent quasi intégralement sur le prix du BTC, autant pour la récompense offerte par le minage qu'avec les frais de transactions.

Même si tout pousse à penser que lorsque le dernier bloc sera miné, les récompenses du minage se résumeront à la commission nécessaire à la sécurisation du réseau - soit les frais de transaction -  et que Bitcoin deviendra une monnaie purement déflationniste, d’autres considérations sont à prendre en compte.

 

D'ici 2140...

On estime que d’ici 2140, le réseau Bitcoin est à même de connaître des changements. À la lueur de ce qu’a connu le Bitcoin ces dix dernières années, on peut imaginer qu’un hardfork (ou la modification en profondeur des règles régissant la blockchain) vienne modifier le panorama de la blockchain Bitcoin et nécessite une mise à jour de tous les mineurs.

Mais encore, d’ici 2140, nous pouvons envisager une utilisation massive du Lightning Network, ou l’adoption de solutions du type Blockstream, qui cherchent à améliorer et développer Bitcoin afin que son protocole atteigne le maximum de son potentiel via les BIP (Bitcoin Improvment Proprosal), et le développement de sidechains qui viennent pallier les limites du Bitcoin.

Par exemple, Blockstream propose l’adoption de Liquid, une sidechain ou « chaîne collatérale » lancée en septembre 2018 en tant que réseau de règlement interéchange dont le L-BTC ou « Liquid Bitcoin » est l’actif principal.

Le  réseau Liquid possède des fonctionnalités différentes, mais des ponts directs entre ces deux réseaux viendraient ainsi répondre aux problèmes de confidentialité et de scalabilité de Bitcoin.

La scalabilité engage la capacité d'un système à continuer de fonctionner de manière normale lorsque le nombre d'utilisateurs augmente. Grâce à des améliorations en parallèle telle que Liquid, des ajustements sur le protocole de Bitcoin peuvent être faits sans pour autant modifier la modifier.

En réponse aux limites intrinsèques au protocole Bitcoin, les plus radicaux estiment qu’une refonte du protocole, voire une alliance des protocoles sont des options envisageables.

Mais encore, une interopérabilité des blockchains permettrait de partager l'information librement à travers les réseaux de toutes les blockchains. Ces solutions viendraient en théorie pallier cette limite des 21 millions de bitcoins en circulation.

 

Bitcoin à la lueur de l'histoire

S’il reste encore au moins 120 ans avant que le dernier Bitcoin soit miné, il reste bien des années devant nous afin que le protocole soit amélioré.

La pérennité de Bitcoin face à celle de notre modèle économique qui depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale est ponctué de crises et arrive à bout de souffle semble favoriser une adoption massive des crypto-actifs.

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A propos de l'auteur : KryptoSphere

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KryptoSphere est la première association étudiante basée sur les cryptomonnaies et la blockchain. Elle est également spécialiste de l'intelligence artificielle et plus récemment de la réalité virtuelle, leur but étant de vulgariser ces concepts.
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Vilano jonas

Vraiment formidable

N1c0

« À ce jour, 18,4 millions de bitcoins ont été minés, soit 3,6 millions de bitcoins qui attendent d’être minés. »

Si je compte bien, 18,4 millions+ 3,6 millions = 22 millions 😉

Ceci étant dit, merci pour cet excellent article qui me permet de comprendre un peu mieux la rémunération des mineurs.

Clément Wardzala

Effectivement cela a été corrigé, merci 🙂