Pour ceux qui préfèrent le format texte, voici un article dédié au même sujet que l’une de mes vidéos précédentes :

En effet, le statut actuel du Bitcoin, qui est celui de première monnaie numérique décentralisée, et les difficultés techniques qu’il a à pleinement assumer ce statut de monnaie, ont poussé certains à exprimer l’idée qu’il serait plutôt un équivalent virtuel de l’or.

Il devient donc logique de se demander si le Bitcoin est vraiment comparable à l’or. Mais dans quel sens exactement ? En fait, il s'agit surtout de déterminer lequel des deux est une meilleure réserve de valeur.

👉 Mais d'abord c'est quoi le Bitcoin exactement ?

 

Définition de la réserve de valeur

Du point de vue de la théorie monétaire moderne, une réserve de valeur, c’est une chose qui permet de transférer du pouvoir d’achat dans le temps. Autrement dit, si à un moment donné, vous avez un schmilblick qui peut être échangé contre l’équivalent d’un mois de salaire, et que vingt ans plus tard, il peut toujours être échangé contre l’équivalent d’un mois de salaire malgré l’inflation de la monnaie, ce schmilblick est une bonne réserve de valeur.

Il est communément admis que les monnaies fiduciaires, l’or, ou même l’immobilier sont des réserves de valeur. Et si ces trois-là sont des réserves de valeur, pourquoi pas le Bitcoin ? C'est une question qui n’a rien d’évident pour beaucoup de gens ne connaissant pas vraiment la cryptomonnaie.

 

Des réserves fluctuantes

Une chose qu’il faut savoir, c’est que malgré leur nature reconnue de réserve de valeur, les prix de l’or et de l’immobilier ont occasionnellement subi des chutes brutales en temps de crise. Et, dans les périodes fastes, leurs prix ont pu augmenter de manière drastique.

Et puisque la comparaison porte surtout sur l’or, si l'on analyse son prix ajusté en fonction de l'inflation à la date d'aujourd'hui, sachez qu’il a été multiplié par 11 entre 1970 et 1980, puis divisé presque par 3 entre 1980 et 1984, et à nouveau divisé par 2 entre 1984 et 2001. Pour ceux ayant acheté de l’or en 1980, leur achat a été un gâchis d’argent pendant 30 ans, jusqu’en 2011 où les prix sont redevenus brièvement proches de celui qu’ils avaient payé en 1980.

Mais ils n’ont pas fait de profit ! Au mieux, certains d’entre eux ont bénéficié, après 30 ans d’attente avec des pertes énormes, d’une fenêtre d’une quinzaine de mois pour éviter de perdre plus de 10% de ce qu’ils avaient investi. C’est donc loin de l’idée que les gens se font de l’or aujourd’hui. Sa valeur n'est pas restée stable au fil du temps ; il est simplement moins volatile du jour au lendemain que certains autres actifs.

 

Prix de l'or au fil du temps

Prix de l'or au fil des ans, prenant l'inflation en compte - source : macrotrends.net

 

La perte de valeur de l'or est moins évidente si l'on ne regarde que les valeurs brutes, sans prendre en compte l'inflation : sur la courbe ci-dessous, l'or est passé d'environ 660 dollars à son plus haut de 1980, à 320 dollars en 1984. En matière de valeur numérique, les acheteurs du sommet de 1980 n'ont perdu de l'argent que jusqu'en 2006. Ce qui n'est pas beaucoup mieux, mais c'est moins remarquable que lorsqu'on prend l'inflation en compte dans le calcul.

Prix de l'or sans ajustement pour l'inflation

Prix de l'or au fil des ans, valeur brute - source : macrotrends.net

 

A côté, l’immobilier est devenu, de manière générale, constamment plus cher du fait de l’augmentation de la population. Évidemment, tout dépend de l’endroit. Dans certaines banlieues ou à la campagne, les prix de l’immobilier ne sont pas forcément restés les mêmes au fil du temps. Mais il n’en reste pas moins que comparé à l’or, l’immobilier a rarement connu des chutes aussi violentes que celles dont l’or a souffert, à l'exception des périodes de guerre.

 

Prix de l'immobilier au fil du temps

Prix moyen de l'immobilier en France entre 1840 et 2019 - source : CGEDD

 

Malgré la chute brutale de valeur que nous avons vue il n'y a pas si longtemps, l’or est encore, aux yeux de tous, une réserve de valeur.

Et que peut-on dire de la monnaie ? Selon tous les grands économistes de ce monde, la réserve de valeur est une fonction intégrale à la monnaie. Autrement dit, peu importe la situation du gouvernement qui l’émet, une monnaie est toujours une réserve de valeur.

Nous pourrions nous intéresser à tous les pays un peu instables pour prouver l’absurdité de cette affirmation, mais le dollar américain fait aussi l’affaire.

Pouvoir d'achat du dollar américain

Pouvoir d'achat du dollar américain au fil des ans - source : US Inflation Calculator

 

D’après ce graphique, un dollar en 1980 a la même valeur que 3 dollars et 13 centimes en 2020. Donc, un américain qui a mis de côté 1000 dollars en 1980 sous forme de billets, se retrouve en 2020 avec 1000 dollars, mais il ne peut les utiliser que pour acheter trois fois moins de choses avec, parce que ce qui valait 1000 dollars en 1980 vaut 3130 dollars en 2020.

Et cette chute de valeur du dollar américain dure depuis plus de 120 ans aujourd’hui. Depuis l’an 1900, le dollar a subi une inflation quasi-constante, et a donc perdu de la valeur lentement, tous les ans. La seule exception a été la période entre 1920 et 1934, mais cette petite remontée a fait suite à une descente vertigineuse, et a seulement permis au dollar de continuer à être dévalué à la même vitesse qu'avant.

Il ne s’agit pas d’une tendance qui a régulièrement changé, comme le cours de l’or. La quantité de dollars américains existants augmente constamment, et sa valeur diminue légèrement pour chaque nouveau dollar créé : c’est l’inflation. Alors pourquoi est-ce qu’on le considère comme réserve de valeur en premier lieu ?

 

Origine de la définition

Cela peut paraître surprenant, mais la monnaie est considérée comme réserve de valeur parce que cette définition est tellement vieille que très peu la remettent en question.

Le personnage qui a établi cette définition est en fait Aristote. Si vous voulez en savoir plus sur son œuvre, je vous conseille de commencer par lire ce chapitre du livre « Revue des Études Grecques », écrit par le philosophe français Joseph Moreau.

A l’époque d’Aristote, les pièces de monnaie étaient un concept tout récent, qui existait depuis environ 400 ans. Les systèmes monétaires étaient encore un peu instables, donc l’idée de réserve de valeur qu’avait Aristote ne correspond pas forcément aux standards actuels.

Et lorsqu’on analyse son texte plus en détail, on s’aperçoit que ce qu’Aristote voulait surtout dire par « réserve de valeur », c’est que la matière dont la monnaie est faite devrait avoir une valeur intrinsèque.

Autrement dit, il fallait que l’objet utilisé comme monnaie ait une valeur avant qu’il soit devenu une monnaie. Parce que si la matière choisie pour servir de monnaie n’avait pas de valeur, alors la monnaie dont il est question n’aurait pas pu devenir une monnaie lorsque ce concept a été inventé.

En effet, les premiers humains ayant eu besoin de commercer ne se sont pas immédiatement dit qu’ils allaient dessiner des chiffres sur des petits bouts de parchemin. Ils utilisaient des pièces de monnaie faites avec des métaux précieux, parce que les métaux précieux avaient de la valeur.

Dans la définition initiale d’Aristote, donc, la valeur de chaque pièce devrait être la même que le montant indiqué dessus. Les matériaux contenus dans une pièce d’un euro devraient valoir un euro, et cetera.

Mais il reconnaît également, à d’autres endroits, que la civilisation s’était déjà écartée de cet idéal à son époque, et que la monnaie n’avait plus forcément de valeur intrinsèque.

Donc, pour Aristote, il y a plus de 2300 ans déjà, les monnaies n’étaient pas toujours des « vraies » réserves de valeur. Il exprime notamment l’idée que leur valeur ne dépend que de la loi, qui est le produit de la volonté des hommes. Autrement dit, qu'elle est sujette à des changements soudains et imprévisibles. Et il déclare même à propos de la monnaie, dans son œuvre « Éthique à Nicomaque », que « nous avons le pouvoir de la changer et de la rendre inutile ».

Mais tout cela nous intéresse moins que la définition de réserve de valeur qui se trouve cachée derrière celle de la monnaie. En définissant la monnaie, Aristote a également défini la réserve de valeur comme un objet ayant une valeur intrinsèque.

 

Application de la définition

Pour en revenir au dollar américain, au Bitcoin et à l’or, il semble parfaitement hypocrite de considérer que le dollar soit une réserve de valeur, en excluant simultanément le Bitcoin de cette catégorie.

La valeur du dollar ne repose que sur la confiance accordée au gouvernement américain et à la FED, la réserve fédérale des Etats-Unis (les papiers eux-mêmes ne valent rien). Alors que le socle de la valeur d’un bitcoin, dans une certaine mesure, c’est la confiance accordée aux autres utilisateurs du réseau, ainsi qu’à des règles mathématiques, et une certaine dépense d’énergie.

Même si tout cela reste intangible, nous pouvons considérer que la valeur du bitcoin repose sur des éléments légèrement plus « concrets » que celle du dollar.

Mais le bitcoin et le dollar restent tout de même assez loin de l’idée de réserve de valeur d’une monnaie selon Aristote, puisque selon sa définition initiale, une monnaie ne peut pas être intangible, et si elle est tangible, le matériau dont elle est fait doit avoir une valeur. Il faut un objet matériel qui justifie l’utilisation d’une chose comme monnaie.

Par conséquent, ni le bitcoin ni le dollar ne correspondent vraiment à la définition d’une réserve de valeur selon Aristote.

Et si le dollar est quand même considéré comme une réserve de valeur, malgré sa chute constante depuis plus d’un siècle, alors le Bitcoin devrait pouvoir en être une aussi.

En effet, si le dollar est une réserve de valeur aujourd'hui, alors il faut admettre que la définition d'une réserve de valeur émise par Aristote n'est plus entièrement applicable aujourd'hui, et qu'elle doit désormais s'étendre aux actifs dont la valeur est supportée par des éléments intangibles.

Avec cette définition, il est possible de considérer le bitcoin comme une réserve de valeur. Mais peut-on dire que le bitcoin une bonne réserve de valeur ? Pour cela, rien de mieux que de le comparer à l’or.

 

Aspect pratique

La théorie, c'est une chose, mais pour savoir lequel des deux est une meilleure réserve de valeur, il faut se pencher sur la pratique. Nous allons donc parler ici la manière de se servir de ces deux réserves de valeur, de les stocker, et cetera.

Dans ce domaine, le bitcoin et l’or ont des avantages et des inconvénients comparables.

 

Sécurité et conservation

En matière de sécurité, les deux sont à égalité, d’une certaine manière. Tandis que le bitcoin est un actif qui peut être volé par suite d’un piratage informatique, l’or peut disparaître lors d’un cambriolage. Et en cas de catastrophe naturelle, l’or comme le bitcoin peuvent être perdus. Dans le cas du Bitcoin, ce sera parce qu’il deviendra inaccessible après la destruction de la clé privée, mais le résultat est le même.

Toutefois, il faut admettre que la population a généralement plus de mal à prendre les bonnes mesures en matière de sécurité informatique, qu’en matière de sécurité matérielle. Un ordinateur reste plus compliqué à comprendre qu’une chambre forte. Cela étant dit, un coffre-fort coûte cher, alors que VeraCrypt est gratuit.

La seule conclusion que l’on peut tirer pour l’instant, c’est que l’or et le bitcoin sont comparables en matière de facilité d’utilisation et de conservation. Il n’y a pas vraiment d’avantage déterminant d’un côté ou de l’autre.

 

Facilité d’utilisation

Une autre caractéristique importante d'une réserve de valeur, c’est la facilité à être déplacée et échangée.

En ce qui concerne l’or, l'achat et la vente sont possibles, mais seulement avec des valeurs ni trop grandes, ni trop petites. Lorsqu'on achète de l’or, c’est dans un format généralement prédéfini. Il est difficile d’échanger de l’or valant une fraction de centime, tout comme il est difficile d’échanger une quantité d’or valant un million d’euros.

Dans le cas du Bitcoin, ces limitations disparaissent : échanger un millième de centime d’euro en bitcoin ou échanger dix millions d’euros en bitcoin, c’est tout aussi facile que d’échanger cinquante, cent ou mille euros en bitcoin.

Par ailleurs, l’échange de bitcoin ne requiert pas que vous vous déplaciez en personne, contrairement à l’or. Il est donc infiniment plus facile d’échanger du bitcoin avec quelqu’un qui est loin de vous.

Dans cette catégorie, le seul avantage dont dispose l’or, c’est qu’il sera possible de l’échanger même dans des scénarios « catastrophe », comme celui d’une éjection de masse coronale. En effet, cette dernière détruirait presque tous les appareils électroniques de la Terre simultanément, à cause de l’onde électromagnétique qu’elle provoque. Et sans appareil électronique, pas de bitcoins.

 

Efficacité pour conserver la valeur

Le cœur de la comparaison entre l’or et le bitcoin, c’est la capacité de chacun à conserver la valeur au fil du temps. En effet, l’or a toujours été vu comme un excellent moyen de cristalliser la valeur, et depuis quelques décennies, comme un investissement très fiable qui voit constamment sa valeur augmenter.

Qu’en est-il du bitcoin ?

 

Quantité disponible

Une bonne réserve de valeur, c’est tout d’abord un objet qui est suffisamment peu commun pour avoir une valeur élevée. Parce que même si l’eau ou le bois ont une valeur globalement constante, elle est très basse. Et il faut, par conséquent, beaucoup de place pour stocker une grande valeur avec. Contrairement à eux, l’or permet de stocker beaucoup de valeur dans un espace assez réduit.

Pour stocker 10.000 €, avec l’or il vous suffit d’une sacoche, avec le bois il vous faut un peu plus d’espace.

Et c’est surtout parce que l’or est rare. Imaginons un monde où l’or serait aussi commun que l’eau : il n’aurait de toute évidence qu’une valeur très réduite, malgré son utilité dans tout ce qui concerne l’industrie et l’électronique. La conséquence de cela, c’est qu’il serait également une mauvaise réserve de valeur, puisqu’il serait difficile de s’en servir pour stocker une grande valeur dans un espace réduit.

Revenons au réel. Dans l’état actuel des choses, l’or est rare, et il est par conséquent une réserve de valeur pratique.

Le bitcoin, lui, est également rare : seuls 21 millions existent. Cette quantité est sujette à changement, puisqu’elle ne résulte que d’une règle non-écrite, qui est celle du consensus des utilisateurs du réseau. Mais il est extrêmement improbable qu’elle change, puisqu’une modification de ce chiffre reviendrait à diluer les actifs de chacun, ce qui va contre les intérêts des utilisateurs du réseau.

Pour qu’une modification du nombre de bitcoins soit mise en place, il faudrait donc que la majorité du réseau aille à l’encontre de ses propres intérêts. L’extrême improbabilité d’une telle décision permet d’affirmer, sans trop de risque, que la quantité de bitcoins restera de 21 millions.

 

Maintenant, essayons de prévoir la situation à long terme et à très long terme. Dans quelle situation potentielle est-ce que la rareté de l’or ou du bitcoin serait mise en danger ?

Pour ce qui est de l’or, il est en fait inévitable que sa rareté diminue avec le temps. Mais les chiffres dont nous disposons sont très imprécis, et on ne sait pas vraiment quelle est la quantité d’or dont dispose l’humanité, quelle est celle qui reste à portée de main, etc.

D’après les chiffres plus communément admis, entre 150.000 et 200.000 tonnes d’or se trouvent entre nos mains à l’heure actuelle. Et il resterait environ 52.000 tonnes à miner dans les filons connus / suffisamment proches, avec un épuisement total de cet or prévu entre 2032 et 2050. Mais ça ne veut pas dire que tout l’or a été miné : il y en a des quantités astronomiques dans l’océan, et aussi dans la croûte terrestre, plus profond que là où l'on creuse actuellement. Si l’on avait la possibilité de faire sortir, par magie, la totalité de l’or présent dans le sol de la Terre jusqu'à 4km de profondeur, nous disposerions de plus de 100 milliards de tonnes. (source des calculs)

Mais c’est bien de magie dont il faudrait faire usage. La température et la difficulté d'accès empêchent toute exploitation commercialement viable.

Une solution beaucoup plus réaliste qui permettra à l’humanité d’avoir accès à de l’or en grande quantité dans le siècle à venir, c’est d’aller le chercher dans l’espace.

En effet, il faut savoir que la majorité de l’or dont nous disposons provient en fait des météorites s’étant écrasé sur la Terre il y a environ 4 milliards d’années. Dénommé « Grand bombardement tardif », cet événement semble être la raison pour laquelle la Terre est dotée d’autant de métaux précieux proches de la surface.

Et il se trouve qu’il existe beaucoup d’astéroïdes remplis de métaux précieux, flottant plus ou moins loin de la Terre, qui sont plus faciles d’accès que les métaux présents à proximité du noyau de la planète. C’est dans cet objectif que la NASA a notamment prévu d’aller prélever des métaux précieux présents sur un astéroïde dénommé Psyché, dont le contenu est évalué à environ 700 quintillions de dollars. Dans cet astéroïde, beaucoup de métaux sont présents, bien que les quantités restent pour l’instant impossibles à déterminer de manière précise. L'astéroïde serait essentiellement composé de nickel et de fer, pour une masse totale d’environ 2,41 x 1019 kilogrammes. Autrement dit, 2 410 000 000 000 000 000 000 de kilogrammes.

Et dans ces milliards de milliards de kilogrammes, il y a bien quelques dizaines de millions de tonnes d’or, qui sont dans l’espace, et peuvent donc être extraites tout aussi facilement que le reste des métaux de l’astéroïde. Mais je ne dis pas que l’extraction en plein milieu du vide spatial soit facile à proprement parler. Simplement, une fois qu’une mine de métaux sera mise en place à la surface de cet astéroïde, il sera cent fois plus facile de le percer de part en part et de tout extraire même à partir du centre, que d’aller chercher les minéraux enfouis dans le noyau terrestre encore actif, là où la pression et la température sont très élevées.

Une telle chose ne se produira pas de suite, mais il est tout de même prévu que le satellite lancé par la NASA pour analyser Psyché plus en détail accomplisse sa mission en 2026. Peut-être que d’ici 2080, les premiers vaisseaux de minage spatial se seront déjà posés sur Psyché pour en extraire les ressources les plus utiles. Et peut-être que d’ici 2150, l’or sera devenu aussi commun que le fer sur Terre.

Évidemment, tout ne tourne pas autour de Psyché. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Il est surtout important de se rappeler qu’il y a beaucoup de métaux précieux dans l’espace. Le jour où l’humanité commencera à véritablement vivre dans l’espace, à y voyager et à en exploiter les richesses, beaucoup de métaux « précieux » cesseront d’être aussi précieux qu’ils le sont aujourd’hui.

Qu’en serait-il du bitcoin à ce moment ? En principe, le bitcoin restera tout aussi limité en quantité qu’il l’est aujourd’hui, SAUF si la majorité des utilisateurs du réseau se prononce pour une modification de la quantité de bitcoins existants. Ce qui a très peu de chances d’arriver.

Cependant, il est possible que le bitcoin perde sa place de premier de la classe et soit remplacé par un autre cryptoactif : au hasard, quelque chose qui offre l’anonymat à ses utilisateurs, ou qui peut servir à la mise en place de contrats intelligents, et autres fonctionnalités que nous n’avons pas encore imaginées.

Heureusement pour lui, peu importe les circonstances, le bitcoin restera le bitcoin ; et son statut de première cryptomonnaie pourrait bien lui assurer une place définitive au panthéon des réserves de valeur, malgré ses défauts. Il ne faut pas sous-estimer l’importance de son statut de père de la crypto, qui, en soi, justifie aux yeux d’un grand nombre d’investisseurs qu’il conserve une certaine valeur.

Cela dit, toutes ces considérations concernent le futur, et ne sont que spéculation.

 

Stabilité historique

Beaucoup diront que si le Bitcoin est une réserve de valeur comme l’or, il reste quand même beaucoup plus facilement perturbé que l’or.

Effectivement, comme nous l’avons vu au début de cet article, l’or a perdu 70% de sa valeur entre 1980 et 1984, alors que le Bitcoin a plus récemment fait la même chose entre le 16 décembre 2017 et le 6 février 2018, soit un peu moins de deux mois.

évolution prix bitcoin entre 15 décembre 2017 et 5 février 2018

Source : Coingecko

Mais une telle différence de résultat s’explique, d’une part par la différence de taille entre les deux, et d’autre part, par la différence d’âge.

Le Bitcoin est trop jeune et trop peu répandu pour atteindre un bon niveau de stabilité. En effet, un actif dont la valeur dépend du marché ne devient stable que si c’est un marché avec beaucoup de participants. Et c’est encore plus vrai lorsque l’actif en question manque d’usages concrets.

Tandis que l’or fait partie intégrante de la société depuis des siècles, qu’il est utilisé dans des dizaines d’industries différentes et qu’il représente un produit spéculatif connu de la vaste majorité de la population, le Bitcoin n’a pas d’autre usage que de servir de monnaie ou de réserve de valeur. Et la quantité d’utilisateurs du réseau Bitcoin est extrêmement réduite par-rapport à la quantité de gens et sociétés qui utilisent l’or.

Aujourd’hui, une part non négligeable du prix du bitcoin résulte de la spéculation, et de la manipulation des marchés commise par les gros acteurs du secteur.

Il nous faudra donc attendre encore quelques années, pour que les cryptomonnaies se développent et s’intègrent à la société, avant de voir le bitcoin aussi stable que l’or.

 

Conclusion

A l’heure actuelle, l’or reste clairement un actif plus apte à conserver la valeur. Mais dans les décennies à venir, le Bitcoin égalisera peut-être sa performance.

Et dans un siècle, il se pourrait que l’or ait complètement perdu son caractère de réserve de valeur. Lorsque ce moment arrivera, le Bitcoin sera certainement toujours là, mais il aura changé. Peut-être même que ses successeurs auront pris sa place de premier du marché.

Pour approfondir, vous pouvez consultez cet article : Bitcoin est-il une valeur refuge ou un actif comme un autre ?

A propos de l'auteur : Benjamin M.

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Passionné de crypto à mes heures perdues, je suis un juriste originaire du Sud de la France. J’adore décortiquer le fonctionnement de ces technologies et je m’intéresse également aux profonds changements qu’elles apportent. A côté de cela, j’aime le foot, la philosophie, les échecs et les porte-bonheurs chinois.
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naos

Bonjour
Vous avez fais une erreur dans votre video, la courbe long terme sur l'or est ajusté avec l'inflation des prix à la consommation contrairement à vous dite, vérifier...
De plus aujourd'hui l'or est digitalitsé. Il existe une carte de paiement non banquaire adossé à des jetons d'or avec laquelle j'achète mon pain; et cela ne m'empêche pas de posséder du BTC et de l'ETH. Il me semble que l'or digital est un grand avenir comme monnaie, Alor que l'avenir du BTC s'inscrit plutôt comme une réserve de valeur...

naos

bonjour benjamin M. Pourtant, La société émettrice me propose la livraison de mes jetons d'or ou d'argent, quand je le désir.