Le Conseil de stabilité financière (FSB), un groupement économique international affilié au G20, a publié le 14 avril dans un rapport de 67 pages 10 recommandations de premier plan afin de répondre aux défis en matière de réglementation, de supervision et de contrôle que soulèvent les stablecoins.

Le FSB estime que les stablecoins peuvent présenter des risques pour la stabilité financière et doivent être réglementés de manière adéquate.

 

Vers une interdiction de certains stablecoins ?

Pour mettre les choses dans leur contexte, le FSB est composé de 26 autorités financières (banques centrales et ministères des Finances) provenant des pays membres du G20 et d'autres.

On y retrouve entre autres des institutions financières internationales tels que le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, la Banque centrale européenne et la Commission européenne.

L'organisation a fait valoir que la plupart des technologies et des mécanismes utilisés par les stablecoins n'ont pas été testés à grande échelle. Ainsi, il estime que ces actifs peuvent présenter des vulnérabilités cachées qui se manifesteront qu'au moment où ils se prépareront à être utilisés par le grand public.

Selon le FSB, la dimension transfrontalière des stablecoins présente encore des lacunes dues à la disparité des réglementations entre les différents pays.

Certaines des recommandations du FSB portent ainsi sur la création d'un cadre réglementaire international afin que les stablecoins ne puissent pas exploiter les disparités entre les différentes juridictions.

Un autre problème éventuel d'après le FSB est que dans des circonstances macroéconomiques tendues - comme l'actuelle pandémie de Covid-19 - les stablecoins pourraient devenir un moyen pour les ménages et les entreprises de se détacher d'une monnaie fiat :

En période de stress, les ménages de certains pays peuvent en venir à considérer les stablecoins comme réserve de valeur sûre par rapport aux monnaies fiat existantes et exacerbent la déstabilisation des flux de capitaux. La volatilité des flux de capitaux peut avoir un effet déstabilisateur sur les taux de change et sur le financement bancaire et l'intermédiation.

Pour résumer, le FSB souhaiterait que ce cadre réglementaire mondial soit mis en place pour contrôler les stablecoins et faire en sorte que leurs émetteurs soient dans l'obligation de se plier aux mêmes règles que les banques et les processeurs de paiement.

Le Conseil de stabilité financière souhaiterait également que les gouvernements nationaux aient la possibilité d'interdire un ou des stablecoins spécifiques s'ils le souhaitent :

Les autorités devraient avoir la possibilité d'atténuer les risques liés à l'utilisation de certains stablecoins dans leur juridiction ou d'en interdire l'utilisation lorsque ceux-ci ne répondent pas aux exigences applicables en matière de réglementation, de surveillance et de contrôle.

 

Une menace pour tout l'écosystème crypto ?

Aujourd'hui, les stablecoins occupent une place de premier plan dans l'univers des cryptomonnaies. Ils sont notamment beaucoup utilisés en cas de votre volatilité du cours des autres crypto-actifs pour réduire tout risque potentiel que son portefeuille ne fonde.

Ils ont aussi un rôle prépondérant dans le secteur de la finance décentralisée (DeFi) en raison de leur stabilité. La menace est donc conséquente pour les stablecoins ayant une gouvernance décentralisée, comme le Dai de MakerDAO.

En outre, certains protocoles de la DeFi qui utilisent des stablecoins en tant que garantie pourraient être menacés, tels que Compound.

Il est donc envisageable que seuls les stablecoins privés appuyés par des entreprises suffisamment puissantes aient les capacités de répondre à toutes ces réglementations.

Ainsi, l'USDC de Coinbase, la Libra de Facebook, le Celo Dollar de la fondation Celo et le BUSD de Binance, sont tous des stablecoins qui pourraient potentiellement, grâce au financement de leur émetteur, tirer leur épingle du jeu et rester dans la course.

Le document de consultation sera remis aux ministres des Finances et aux gouverneurs des banques centrales du G20 pour leur réunion virtuelle ayant lieu aujourd'hui.

La période de consultation publique se terminera le mercredi 15 juillet 2020. Les recommandations finales, tenant compte des réactions à la consultation publique, seront publiées en octobre 2020.

 

Dans le cas où ces recommandations autour des stablecoins privés et décentralisés sont suivies par le G20, les conséquences pourraient être désastreuses pour de nombreux projets et ainsi pour une partie de l'écosystème des cryptomonnaies.

On peut alors envisager qu'après avoir réglé le cas des stablecoins, que le FSB se penche sur les cryptomonnaies anonymes, qui sont déjà depuis longtemps un sujet d'inquiétude pour certains gouvernements.

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Depuis 2017, je m'intéresse au Bitcoin, aux cryptomonnaies et à la technologie blockchain associée. Je crois fermement en ces innovations technologiques et qu’elles révolutionnent déjà de nombreux secteurs.
Tous les articles de Clément Wardzala.

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Carlos

Article intéressant mais vous devriez indiquer votre source (en l'occurrence traduction d'un article paru hier en anglais) sur cointelegraph

Thomas Herbst

Bonjour Carlos, Il est normal que plusieurs médias abordent les mêmes actualités quand elles sont intéressantes. Des dizaines de médias ont couvert l'actualité en question : vous pouvez taper "g20 stablecoins" sur Google Actu pour le constater. Pour autant, il n'est pas question de traduction de notre côté. Notre article fait 750 mots, quand celui de Cointelegraph en fait 400. Nous avons également fait une vidéo pour parler du sujet : https://www.youtube.com/watch?v=7LxXo-PH6Ow Et je peux vous garantir que Benjamin (l'auteur de la vidéo) a passé du temps à lire les 60 pages du rapport pour pouvoir en expliquer les tenants… Read more »