Le scandale de Nth Room, qui secoue la Corée du Sud depuis quelques semaines, pourrait jeter l’opprobre sur la crypto-monnaie anonyme Monero (XMR). Celle-ci se retrouve en effet délistée de la majorité des grands exchanges locaux, alors que l’opinion publique réclame des comptes.

 

Monero cité en lien avec le scandale sexuel de Nth Room

Le scandale a éclaté à la fin du mois de mars en Corée du Sud, en pleine crise du Covid-19. Une enquête de police révélait alors qu’un salon Telegram, baptisé « Nth Room », aurait permis de partager du contenu sexuel illégal, dont des vidéos de viols et de la pédopornographie.

Les utilisateurs payaient pour l’accès à ces « chambres », classifiées selon la gravité du contenu dépeint. Ces paiements se seraient faits en crypto-monnaies. Selon plusieurs médias locaux, le XMR aurait été privilégié par certains acteurs, en raison de son anonymat.

En Corée du Sud, l’affaire fait les gros titres depuis plusieurs semaines, en particulier depuis l’arrestation d’un homme qui partageait des vidéos particulièrement violentes : Cho Joo Bin, surnommé « Le Docteur ». Au total, 126 personnes sont en cours de comparution, et un public scandalisé réclame des mesures fortes. L’affaire intervient alors que la Corée du Sud vient de légitimer l’utilisation des cryptodevises : les tensions sont donc particulièrement hautes.

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Le XMR retiré des exchanges ?

Face à l’outrage, le réseau de paiement Monero est devenu la cible d’attaques. La semaine dernière, Huobi Korea a décidé de retirer le XMR de son listing, afin de se détacher de cette affaire sordide. Le XMR a été nommé plusieurs fois en lien avec le scandale par des journaux. Et même si pour l’instant aucune confirmation officielle n’a été publiée par les forces de l’ordre, la tension a grimpé d’un cran pour la crypto.

L’altcoin anonyme n’était déjà plus en vogue sur les exchanges. Face à la pression des régulateurs, Upbit et OKEx Korea l’avaient délisté à l’automne dernier. C’est maintenant au tour de Bithumb, un autre exchange majeur de Corée, de trancher. L’entreprise est sous pression, elle devrait déterminer dans les jours à venir si elle supprimera elle aussi le Monero de ses listings.

👉 Lisez notre fiche info sur le projet Monero (XMR)

 

C’est donc une nouvelle difficulté qui survient pour les altcoins d’anonymat, qui se trouvaient déjà sous le feu des critiques et des régulateurs depuis plusieurs mois. Leur principe de base est vu comme une nécessité par certains, mais aussi comme une dangereuse caractéristique pour d’autres, dont les forces de l’ordre. Pour l’instant, c’est le Monero qui concentre la majorité des critiques, mais elles pourraient s’étendre à d’autres monnaies d’anonymat, par exemple le Zcash (ZEC) ou le Verge (XVG).

 

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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