2021, l'année de l'institutionnalisation du Bitcoin en tant que monnaie légale

L'année 2021 est pleine de révélations pour les cryptomonnaies. Reconnu pour la première fois monnaie légale d'un État souverain, le Salvador, avec d'autres souhaitant emprunter une voie similaire, le Bitcoin (BTC) ne cesse d'accroître son influence au-delà des plateformes d'échange.

Les populations des pays à l'économie fragile ou à la monnaie volatile regardent avec un œil positif un actif qu'ils considèrent comme plus de confiance que leur monnaie nationale.

Le Bitcoin est alors vu comme un remède anti-inflation, là où certains Occidentaux, qui vivent dans une sorte de paradis monétaire (monnaies stables et « de confiance », inflation minimale), méprisent ce même Bitcoin, uniquement vu comme un actif spéculatif.

Parmi les territoires où les cryptomonnaies connaissent une croissance exponentielle, l'Irak et la région du Kurdistan font partie de ceux auxquels l'on ne s'attendait pas forcément.

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Les cryptomonnaies en Irak et au Kurdistan, un réel engouement semé d'embûches

Depuis près de vingt ans, l'Irak et le Kurdistan, un territoire partagé entre quatre pays (Irak, Iran, Turquie et Syrie), vivent dans une instabilité chronique, aussi bien sécuritaire qu'économique.

Pourtant, un homme, Abdurrahman Bapir, a cru au pouvoir des cryptomonnaies dans sa région d'origine. Bapir est un Kurde irakien, diplômé du King's College de Londres. Il est connu pour avoir, en 2017, fondé Kurdcoin, la première et à l'heure actuelle unique plateforme d'échange à destination du marché irakien et kurde.

Peu aidée par la situation générale de la région, l'utilisation des cryptomonnaies en Irak et au Kurdistan a en plus souffert d'une régulation des plus strictes.

En 2017, année de la création de Kurdcoin, la Banque centrale d'Irak, appuyée par le gouvernement, a prohibé l'utilisation des actifs numériques. Cette année, c'est au tour du gouvernement régional du Kurdistan d'interdire aux plateformes d'échange d'exercer sur son territoire.

Malgré l'instabilité générale de la région et une interdiction de fait, les cryptomonnaies ont émergé au sein d'un territoire qui leur est hostile. Kurdcoin, basé au Royaume-Uni, est le principal artisan de cette réussite, revendiquant des milliers de clients.

Si ce dernier chiffre peut paraître faible, il est au contraire important pour la région, où la compréhension de l'enjeu des actifs numériques est proche du néant.

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Séparer le bon grain de l'ivraie, une difficulté supplémentaire à considérer

L'incohérence du cadre juridique n'a pas aidé les cryptomonnaies à s'implanter en Irak et au Kurdistan. Entre, d’un côté, une interdiction d'utilisation par la seule banque centrale et, de l’autre côté, l’interdiction d'exercice pour les seules plateformes d'échange dans le seul Kurdistan, difficile de différencier ce qui est légal de l'interdit.

Surtout, l'économie du pays étant ce qu'elle est, la population, souvent pauvre, a voulu toucher à cet eldorado représenté par les cryptomonnaies. Or, pour exercer, certains ont joué la carte du marché noir, en utilisant des stratagèmes peu scrupuleux.

L'Irak et le Kurdistan n'ont pas échappé aux tristes arnaques polluant l'univers des crypto-actifs. Pyramides de Ponzi, disparitions des actifs, fraudes en tout genre : des milliers des locaux ont été victimes d'arnaques venant de l'étranger, faisant disparaître plusieurs dizaines de millions de dollars.

Certains pourraient dire que le régulateur est l'arroseur arrosé dans l'histoire : en voulant interdire les cryptomonnaies et les plateformes d'échange, car soi-disant utilisées pour faciliter la fraude, ce sont les véritables fraudeurs qui ont gagné la première partie.

Car non, le gouvernement n'a pas pu empêcher l'engouement de la population envers les actifs numériques.

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L'avenir potentiellement radieux des cryptomonnaies en Irak et au Kurdistan

Aujourd'hui, Kurdcoin propose une offre légale à côté des faussaires et lutte aussi bien contre eux que contre les autorités.

Les Kurdes et les Irakiens souffrent majoritairement d'un manque de connaissance financière, bien plus qu'en Occident. Pour les cryptomonnaies, l'ignorance est multipliée par dix, à laquelle s'associent le gouvernement et la société civile.

Malgré ce tableau noir, pourquoi l'optimisme est de mise ? Selon Abdurrahman Bapir, chaque jour voit le nombre d'utilisateurs de Kurdcoin et de transactions augmenter dans la région. L'intérêt est réel et l'insécurité à tous les niveaux présentée en amont ne peut qu'aider à l'émergence d'une crypto-économie.

Sur les 40 millions d'Irakiens, 60 % ont moins de 25 ans. Or, tous les exemples en Amérique latine, en Afrique et même en Occident, montrent que ce sont les jeunes qui s'intéressent principalement aux cryptomonnaies.

On dénombre 37 millions d'abonnements à la téléphonie mobile et 75 % de la population a accès à Internet. Malgré le sous-développement du secteur du paiement numérique, de nombreux jeunes Irakiens savent effectuer des achats en ligne et même payer des abonnements en cryptomonnaies.

Surtout, moins d'un adulte irakien sur dix possède un compte bancaire. Sur les 90% de non-bancarisés, combien sont aujourd'hui passés aux actifs numériques ? À ce jour, la réponse exacte à cette question est impossible.

Toujours est-il que de nombreux commerces commencent à utiliser les cryptomonnaies, qui présentent une alternative au classique bas de laine, encore très répandu en Irak.

Toutes les couches sociales sont touchées : les riches ajoutent les actifs numériques à leur portefeuille, les pauvres ont accès à un marché que les banques leur refusent. En d'autres termes, l'utilisation des cryptomonnaies se répand en Irak et au Kurdistan, de plus en plus vite.

Rien ne semble pouvoir arrêter cette marche en avant, et ce peu importe ce qu'on pense le gouvernement. À voir si les prochains mois vont confirmer cette tendance.

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A propos de l'auteur : Benjamin Allouch

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Anciennement juriste spécialisé en droit des données personnelles et du numérique, je me suis très vite intéressé au Bitcoin, à la technologie blockchain et à leurs implications juridiques. Je suis aujourd'hui consultant indépendant et rédacteur dans le domaine des cryptomonnaies et de la blockchain.
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2 Commentaires
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LaFrance

Bonjour puis je savoir où c'est le kurdistan vous nous pondez des pays comme bon vous semble.
C'est un pays imaginaire !