Un millionnaire norvégien aurait assassiné sa femme et fait usage d’une fausse demande de rançon en Monero (XMR) pour brouiller les pistes, selon Reuters. L’altcoin peine à se défaire de son lien avec le monde criminel, qui persiste dans l’imaginaire collectif.

 

Une rançon en Monero ?

En octobre 2018, Anne-Elisabeth Hagen, la femme du millionnaire Tom Hagen, avait été kidnappée en Norvège. La famille avait peu de temps après fait part d’une demande de rançon, le “kidnappeur” demandant 10 millions de dollars en Monero, l’altcoin anonyme. L’affaire avait semblé s’arrêter là, d’autant plus qu’aucune preuve n’avait été fournie qu’Anne-Elisabeth était toujours en vie.

Jusqu’à hier. Les forces de l’ordre norvégiennes ont en effet annoncé l’arrestation de Tom Hagen, le mari de la victime. L’inspecteur chargé de l’affaire a confirmé à la presse que la rançon aurait été inventée de toute pièce : « Il n’y a pas eu de kidnapping, pas de négociations réelles […]. Il y a des indications d’une volonté de tromper [les enquêteurs]. » Hagen aurait publié cette fausse demande de rançon en XMR pour se dédouaner. Il nie à l’heure actuelle être l’auteur des faits.

 

Monero : une cible pour les régulateurs

Monero n’avait certainement pas besoin d’être à nouveau associé à une activité criminelle. L’altcoin est en effet sous le feu des critiques des régulateurs et des forces de l’ordre, qui ne peuvent pas pister les transactions faites avec son réseau. De leur côté, les équipes de l’altcoin argumentent que les espèces sont également (presque) intraçables, et qu’elles ne sont pas pour autant accusées de financer le monde criminel.

Il n’y a encore pas si longtemps, c’est le Bitcoin (BTC) qu’on accusait d’être une monnaie de criminels, avant qu’il ne refasse sa réputation en intégrant les wallets d’utilisateurs prestigieux. Si on peut comprendre la méfiance des forces de l’ordre face à un réseau de paiement difficilement traçable (ou entièrement anonyme), reste que le Monero ou le Zcash (ZEC) sont des cibles faciles pour les régulateurs. Elles peuvent être utilisées pour justifier de réglementations très strictes, censées aider à lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Mais dans les faits, c’est le dollar qui reste roi pour blanchir de l’argent.

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La question divise fortement au sein de la communauté crypto, entre ceux qui souhaitent collaborer totalement avec les régulateurs, et montrer ainsi patte blanche à la population générale… Et ceux qui considèrent que les options d’anonymat font partie des pierres angulaires des cryptos. Cette utilisation de Monero (ou tout du moins de sa réputation) par un tueur présumé est en tout cas une preuve que les cryptos ont intégré la conscience collective, même s’il s’agit d’une preuve dont on se serait bien passé…

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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