Pires arguments avancés contre le Bitcoin, épisode 3 : Le BTC est la monnaie des CRIMINELS

 

bitcoin monnaie utilisé par les criminels

 

Une semaine sur deux, Fauno revient sur un argument moisi et pourtant régulièrement brandi, par ignorance ou malveillance, contre le Bitcoin.
Même si des interrogations légitimes subsistent sur le futur des cryptos, il faut reconnaître que le débat est pollué d’idées reçues. Celles-ci ne tiennent pourtant pas bien longtemps face à la contradiction…

Pour le numéro 3 nous avons choisi le chouchou des journaux télévisés : Le Bitcoin est la monnaie du Crime ! 


C’est l’incontournable sujet médiatique : le bitcoin serait une arme de blanchiment massive au service des cartels et par extension un danger pour l’honnête citoyen…

Une accusation qui ne manque pas de sensationnalisme, à défaut d’être fondée ! 

Il ne s’agit pas de se cacher derrière son petit doigt : Oui, des hors-la-loi utilisent le bitcoin et non, ce n’est ni le seul ni même le principal usage de la cryptomonnaie. Oui, une technologie fluidifiant les échanges fluidifie AUSSI les échanges douteux et non, ce n’est pas scandaleux.

 

Des criminels utilisent le bitcoin… encore heureux !

Commençons par rappeler ce grand classique de la criminologie : Le délinquant est très doué pour ce qui est de repérer les technologies d’avenir.

S’il le fait si bien ce n’est pas par goût du paradoxe mais parce qu’il porte sur le monde le « regard du cosmonaute » : Un hors-la-loi ne voit pas de frontières mais constate des phénomènes et les exploite dans son éternelle quête de profit.

Comme l’a rappelé Peter Van Valkenburgh à l’occasion d’une audition devant le sénat américain le 11 oct. 2018 :

Si les criminels n’utilisent pas votre technologie, c’est qu’elle n’en vaut pas l’usage.

Il est amusant de se rappeler que l’accusation d’être un « réseau de bandit » n’a pas été épargnée à l’internet des débuts ! 

 

Des criminels utilisent le bitcoin… marginalement ! 

L’anonymat tout relatif que procure la monnaie est compensé par une traçabilité à toute épreuve: absolument tous les mouvements sont gravés dans le Registre, de manière transparente, irréversible et in-censurable.

C’est en exploitant cet aspect fondamental de la blockchain que Chainalysis, une société spécialisée dans l’étude des données cryptomonétaires, a pu établir le profil des fameuses « Baleines », le top 30 des détenteurs de bitcoins:

On y retrouve 3 portefeuilles (pas les plus épais) dont l’activité est liée aux trafics, ceux de feu Silk Road notamment. Des chiffres qui nous placent bien loin de la prétendue « monnaie criminelle »…

L’inévitable activité illégale sur le réseaux Bitcoin est en réalité nécessairement marginale. Le malfrat cherchera toujours à se dissimuler parmi des transactions légitimes. Si celles-ci disparaissent ou deviennent minoritaires alors le réseaux n’a, de son point de vu, plus aucun intérêt.

Ironie de l’histoire, ces fonds recherchant avant tout la discrétion figurent désormais parmi les plus surveillés au monde… La transparence structurelle de Bitcoin en fait une bien mauvaise affaire pour le mafieux.

Des criminels utilisent le bitcoin, pour combien de temps encore ?

S’il est permis de faire ce qu’on veut sur le réseau libre de la monnaie décentralisée, interagir avec des plateformes d’échange est une toute autre histoire. 

Ces dernières sont en effet soumises à des obligations en matière de lutte contre le blanchiment (KYC, conservation des données…) mais sont surtout en quête de respectabilité !

Ainsi Binance, un des principaux exchanges, a annoncé travailler avec Chainalysis pour développer des outils capable de détecter et de traiter en temps réel les activités suspectes. Dans un monde où « Code is Law » la répression pénale se pense comme un outil technique, presque comme une “feature”. 

On nous rétorquera que cette démarche est intéressée, voire insincère et ce sera tout-à-fait justifié. Demander aux exchanges de s’autoréguler est aussi naïf que de demander aux banques de le faire !

 

Des criminels utilisent le bitcoin, reprenons-leur !

Ce n’est pas aux plateformes de trading de se substituer aux pouvoirs publics et de « faire la loi » sur le réseau.

Ce n’est pas non plus au citoyen de s’abstenir d’utiliser une technologie sous prétexte qu’elle est parfois, marginalement, utilisée à des fins douteuses. Faire ce vœu amènera au boycott  d’une autre technologie: Anonyme, intraçable et on-ne-peut plus liquide, c’est le billet de banque qui demeurera l’outil de référence du receleur.

Il faut le dire et le dire souvent: L’honnête citoyen peut légitimement prétendre à une activité monétaire confidentielle, qui est un des objectifs de Bitcoin. 

Au final ces reproches sont révélateurs de l’hypocrisie qui règne vis-à-vis du fait criminel et de son inévitable présence dans tous les flux financiers : Bitcoin a vocation à devenir un grand réseau d’échange de valeurs, il ne sera à ce titre pas plus propre qu’un autre, pas moins non plus.

 

Pour profiter d’un véritable « Guide d’autodéfense intellectuelle à l’usage des bitcoiners » nous vous conseillons le livre Bitcoin: La monnaie acéphale, chroniqué ici : https://cryptoast.fr/bitcoin-la-monnaie-acephale-critique-avis/ 

 


 

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Auteur

Fauno aime les labyrinthes et la hausse marginale du taux de profit. Il chronique pour Cryptoast la littérature ainsi que les événements culturels associés aux cryptos. 

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