Security token, equity token et utility token – Comparaison

Les différents types de jetons existants

Comprendre comment fonctionne l’écosystème des crypto-monnaies demande beaucoup de temps et d’efforts. Un nouvel utilisateur peut rapidement se trouver perdu entre les termes coin, token, utilty token, security token, etc.

Dans cet article nous allons parler en détail des security tokens, des equity tokens et des utility tokens. Nous vous expliquerons en quoi consistent chacun d’entre eux concrètement . Vous découvrirez ainsi les différences fondamentales entre ces deux types de tokens et vous comprendrez leur fonctionnement.

 

La différence entre une coin et un token

Avant d’aller plus loin dans les différences entre jetons, il convient de faire un petit rappel des différents types de crypto-actifs qui existent. Lorsque l’on parle de crypto-monnaies, il existe deux types d’actifs différents :

  • Les Coins, ou pièces: elles utilisent leur propre blockchain et peuvent en général être minées.
  • Les Tokens, ou jetons : ils utilisent en général la blockchain d’une pièce (celle d’Ethereum pour les jetons ERC-20, celle de NEO pour les jetons NEP5, etc.) et ne peuvent généralement pas être minés.

Voyons maintenant plus en détail les différents types de jetons qui existent.

 

Qu’est-ce qu’un Security token ?

La définition complète d’un security token est assez complexe. En effet, dans le système de la bourse, les securities sont ce que l’on appelle en français des valeurs mobilières. C’est-à-dire, à peu près n’importe quel titre pouvant être acheté ou vendu en bourse, qu’il s’agisse d’une part de société, d’une dette ou d’un dérivatif quelconque.

Dans le monde des crypto-actifs, énormément de gens font l’erreur de relier aux jetons des appellations sans aucun lien avec leurs caractéristiques, souvent par simple incompréhension des définitions reconnues par la Bourse.

En l’occurrence, il existe beaucoup de jetons classifiés aujourd’hui comme des security tokens par divers blogs et journalistes. C’est-à-dire que si l’on en croit cette appellation, ainsi que la définition d’une valeur mobilière, ces “jetons-valeurs” représentent soit un titre de propriété (une part de société), soit un titre de créance (une dette à l’encontre de la société).

Mais il ne s’agit ni du premier cas, ni du second : les security tokens ne confèrent aucune part de société à leurs détenteurs, et ils ne représentent aucune dette à l’encontre du créateur du crypto-actif.

Les termes utilisés par la vaste majorité des journalistes et bloggeurs sont donc techniquement complètement faux.

Toutefois, ce n’est pas tout à fait sans raison que cette appellation est apparue : en effet, c’est notamment suite aux décisions et commentaires de la SEC (Securities and Exchange Commission), une entité américaine responsable de la régulation de la Bourse aux États-Unis, que divers jetons ont été comparés aux securities classiques.

Admettons donc que l’on appelle ces jetons, des jetons-valeurs si l’on souhaite reprendre le terme d’origine. Il faut tout de même établir une liste bien définie de leurs caractéristiques afin de ne pas se tromper sur ce qu’on achète.

En l’occurrence, il s’agit de jetons :

  • Dont la valeur dépend du travail réalisé par la ou les personnes les ayant émis ;
  • N’offrant aucune garantie de réalisation des objectifs recherchés, ni aucune garantie de valeur,
  • N’ayant très souvent aucune utilité tant que les objectifs ne sont pas atteints.
  • Ne conférant à son détenteur aucun droit sur les décisions de l’entité émettrice.

Ces jetons-valeurs n’ont aucune caractéristique en commun avec des parts de société ou des titres de créance. Il serait donc certainement plus correct de les qualifier de jetons d’investissement ou jetons d’investisseur, puisqu’il s’agit là généralement de leur seule fonctionnalité : placer de l’argent sur un actif en espérant que sa valeur augmente ultérieurement.

Toutefois, il reste vrai que certains pays comme les États-Unis semblent vouloir appliquer à ces jetons les mêmes lois qu’ils appliquent aux valeurs mobilières classiques. L’appellation de jeton-valeur n’est donc pas complètement dénuée de sens. Il s’agit simplement d’être extrêmement vigilant lorsqu’un jeton prétend correspondre aux caractéristiques des valeurs mobilières classiques : il ne faut pas croire que la détention de KuCoinShares vous donne le droit de prendre part aux assemblées de la société KuCoin, par exemple

 

Qu’est-ce qu’un Equity token ?

A l’heure actuelle, equity est un mot que l’on ne voit que très rarement utilisé pour ce qui est des crypto-actifs. La raison en est simple : les equities sont des titres de propriété de parts de société. On pourrait considérer une traduction telle que jeton-titre. Ils représentent donc très exactement ce que les soi-disant security tokens ne sont pas : des jetons conférant à leurs porteurs de véritables droits et devoirs. En fait, pour faire très simple, les equity tokens ne sont que des parts de société que l’on a transposé sur une blockchain. Ils sont l’évolution logique du système boursier actuel, dans lequel les parts de société achetées par le biais de votre courtier demeurent entre les mains de votre banque, sur le compte associé à votre nom.

En effet, grâce aux equity tokens, les jetons se trouveront directement entre les mains de leurs acheteurs, ou plus exactement dans leur porte-monnaie, et non pas entre les mains d’une banque agissant au nom de l’acheteur. Ils sont donc comparables aux anciens titres au format papier que la Bourse utilisait à ses débuts, avec l’avantage de la technologie qui permet une transmission instantanée d’un bout du monde à l’autre.

Toutefois, ces equity tokens existent pour l’instant surtout à l’état de concept. Ils seront très certainement utilisés dans les années à venir pour permettre la mise en place d’un système boursier n’ayant pas recours à des courtiers, et permettant aux particuliers d’investir dans les sociétés de leur choix par le biais d’échanges décentralisés. De tels systèmes permettraient théoriquement, par exemple, de vendre des parts de société Amazon contre du Bitcoin, directement et sans intermédiaire.

Nous tenons également à préciser que le jargon juridique anglophone portant sur les securities n’est jamais très clair : dans certains pays, le terme securities englobe les equities. Dans d’autres, les equities sont une catégorie entièrement exclue des securities.

Pour ce qui est des États-Unis, dont les choix linguistiques font généralement consensus du fait de leur population, les equities sont une sous-catégorie des securities dans le système bancaire traditionnel. Il faut donc le prendre compte lorsqu’on lit un texte à ce sujet.

 

Qu’est-ce qu’un Utility token ?

Les jetons utilitaires représentent une catégorie à l’opposé des jetons-valeurs et des jetons-titres. Le but de ces jetons est en effet de permettre l’accès à un service ou produit. Ce type de jeton ne peut donc pas vraiment être considéré comme un actif qui devrait être règlementé comme les titres s’échangeant en bourse. Toutefois, ils laissent bien place à la spéculation puisque le prix des jetons varie en fonction de la valeur estimée des services ou produits auxquels ils permettent d’accéder.

A l’heure actuelle, encore très peu de projets ont un jeton utilitaire fonctionnel. On trouve parmi ces derniers le Binance Coin (BNB), permettant une réduction des frais de transactions sur l’échange, des gains liés au parrainages plus importants, etc. D’autres jetons d’échange comme le COSS et le KCS fonctionnent également sur des principes plus ou moins similaires.

Pour ce qui est des projets encore en cours, on peut en trouver un certain nombre en parcourant Coinmarketcap. Par exemple, le jeton Request Network (REQ), dont l’objectif est la mise en place d’un système ressemblant à Paypal et permettant le paiement des commerçants en crypto-monnaies, ledit jeton étant la monnaie “par défaut” de ce système. Ou encore, le jeton iExec (RLC), dont l’objectif est de fournir en échange du jeton des services de cloud computing.

 

Le test d’Howey

Quelques fois, il est difficile de savoir si le token fait partie de la catégorie des securities/equities ou des utilities. Certains auteurs ont donc proposé d’utiliser le test d’Howey pour avoir une idée plus claire sur le sujet.

 

Explication du cas Howey

Le test d’Howey provient d’une décision de la Cour Suprême américaine datant de 1946. Pour faire simple, Howey proposait (par le biais d’une société) de louer à des gens des terrains sur lesquels il faisait pousser des citronniers. Il gérait la plantation et la récolte de ceux-ci pour les personnes ayant souscrit un contrat locatif. Selon lui, il s’agissait d’un bail locatif et la législation qui devait s’y appliquer était celle liée à la location. Selon la Cour Suprême, il s’agissait d’un investissement dans une ferme dans le but de générer des profits et la législation qui devait s’y appliquer était celle des securities.

 

Howey a finalement perdu et la Cour Suprême a fait jurisprudence en indiquant qu’un investissement devait remplir les conditions suivantes pour tomber dans la catégorie des securities :

  • On investit de l’argent.
  • L’investissement est fait dans une “entreprise normale“.
  • Il y a une volonté de profit grâce au travail du promoteur ou d’une partie tierce.

Le terme “entreprise normale” est sujet à interprétations. Toutefois, plusieurs tribunaux américains ont défini “entreprise normale” comme une entreprise où les investisseurs puisent dans leurs fonds et leurs actifs pour investir dans un projet.

 

Conclusion sur les différents types de jetons

Il n’est pas toujours évident de pouvoir faire la différence entre ces deux types de jetons, mais nous espérons avoir pu rendre les choses plus claires à vos yeux.

En fait, tout cela pourrait être résumé une dernière fois, de la manière suivante :

  • Un jeton utilitaire est un token qui permet à l’utilisateur d’utiliser des produits ou des services spécifiques.
  • Un jeton-valeur est un jeton dont la seule utilité est la spéculation sur le futur travail de son émetteur, et qui ne confère aucun droit à son porteur.
  • Un jeton-titre est une part de société dont la propriété est associée à un jeton existant sur une blockchain.
  • Si vous ne savez pas dans quelle catégorie se trouve votre token, faites le test de Howey, puis analysez les droits que le jeton en question offre à ses détenteurs.

 

N’hésitez pas à vous rendre sur notre page Foire Aux Questions pour découvrir d’autres articles de questions/réponses sur le monde des cryptomonnaies et de la blockchain 🙂



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