Détroit d’Ormuz fermé à nouveau : a quoi s’attendre sur les marchés ?
L'Iran a annoncé ce samedi une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz. Cela pourrait avoir un impact majeur sur l'économie mondiale.
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La fermeture du détroit d’Ormuz met les marchés sous pression
Le commandement Khatam Al-Anbiya des forces armées iraniennes a, une nouvelle fois, annoncé ce samedi la fermeture du détroit d’Ormuz à la navigation. L'Iran a invoqué la « violation manifeste » de l’accord de fin de guerre par les États-Unis et la poursuite des frappes israéliennes au Liban.
La fermeture de ce qui constitue l’une des artères vitales du commerce mondial du pétrole peut perturber l'acheminement de dizaines de millions de barils par jour. Le Centcom américain a toutefois précisé que 55 navires marchands transportant plus de 17 millions de barils sont passés ce samedi, soulignant que la navigation restait pour l’instant assurée.
Pour les investisseurs, l’enjeu est double. À court terme, le risque géopolitique pèse sur l’appétit pour le risque. À moyen terme, le scénario d’une crise énergétique continue à planer, même si le scénario du pire a été évité jusqu'à présent.
L'annonce de la fermeture du détroit étant intervenue le week-end, au moment où la plupart des marchés sont fermés, l'impact reste pour le moment limité. Mais les investisseurs craignent désormais un « lundi noir ».
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Le Brent avait clôturé vendredi à 80,38 dollars le baril, en hausse de 1,41 % sur la séance, mais en repli de 3,74 % sur la semaine . Sur un mois, le baril perd même 23,65 %, signe que le marché avait largement intégré une désescalade avant l’annonce iranienne de ce samedi.
Ce calme relatif s’explique par un fait peu commenté : la première fermeture d’Ormuz n’a pas provoqué la catastrophe annoncée. Au lieu d’un baril à 200 dollars, le marché a connu un « mini-glut », autrement dit un léger excédent, grâce à une réorganisation rapide de l’offre et à une chute de la demande, notamment chinoise.
Cela n'a toutefois pas empêché des hausses marquées des prix à la pompe. Ils seront ainsi scrutés de près dans les prochains jours. S'ils ont diminué depuis le point haut du mois d'avril, ils pourraient à nouveau subir une pression haussière si le détroit d'Ormuz restait fermé durant une longue période.
Le cours de l'Or pourrait également repartir à la hausse dans les prochaines semaines si la crise se prolongeait. S'il a enregistré depuis plusieurs mois une forte correction suite à son record enregistré au mois de janvier, le métal précieux demeure la valeur refuge de référence.
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Bourses européennes et américaines : un lundi à haut risque
Les principales places financières ont terminé la semaine en ordre dispersé, sans intégrer l’annonce iranienne, survenue après la clôture. Le CAC 40 a cédé 0,55 % à 8 421,14 points, le DAX 0,16 % à 24 985,82 points, tandis que le Nasdaq Composite a bondi de 1,91 % à 26 517 points.
L’ouverture de lundi sera scrutée de près. Les investisseurs devront notamment surveiller les valeurs énergétiques, les compagnies aériennes et les exportateurs exposés au commerce maritime. Un choc pétrolier, même limité, alimente l’inflation importée et peut peser sur la consommation européenne.
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Le marché des cryptomonnaies fonctionne 24 heures sur 24, ce qui en fait souvent le premier baromètre des chocs géopolitiques survenant le week-end. Pourtant, à l’heure de la publication, la réaction reste mesurée sur les principales capitalisations du secteur. Le cours du Bitcoin (BTC) évoluait autour de 63 858 dollars au moment d'écrire ces lignes, en hausse de 1,1 % sur 24 heures, sans décrochage massif observé après l’annonce iranienne.

Le cours du Bitcoin ce samedi 20 juin. Source: Hyperliquid.
L’Ether (ETH) et Solana (SOL) n'ont pas non plus enregistré de mouvement majeur. Cette résilience apparente s’explique notamment par le fait que le marché crypto traverse déjà une phase de consolidation avancée, ce qui limite l’effet de surprise pour une partie des investisseurs.
Créez un compte sur Kraken, tradez 100€ et recevez 15€ offertsQuels scénarios pour la semaine à venir ?
Trois scénarios principaux se dessinent. Dans le premier, la fermeture reste symbolique : les pipelines de contournement absorbent les flux et les marchés digèrent l’annonce en quelques séances. Le Brent rebondirait vers 85-90 dollars sans déraper.
Dans le deuxième, l’escalade se prolonge avec de nouvelles frappes au Liban et une vraie interruption du trafic dans le Golfe. Le baril pourrait alors retester les 110-120 dollars, ranimant les craintes d’inflation et pesant sur les actions. Les cryptos suivraient probablement le mouvement des actifs risqués à la baisse, avant un éventuel découplage du Bitcoin.
Dans le troisième, un accord diplomatique rapide intervient via la médiation pakistanaise et qatarie prévue dimanche en Suisse. Dans ce cas, le potentiel d’excédent pétrolier identifié par Forbes pourrait faire chuter le baril sous les 70 dollars, libérant les marchés actions et soutenant les actifs risqués, cryptos comprises. Pour les investisseurs, la prudence reste de mise.
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