Davantage de surveillance des blockchains

D'après des révélations de The Block, le Secret Service a obtenu une licence pour l'utilisation de Coinbase Analytics, un outil de surveillance des transactions de nombreuses blockchains.

Selon un rapport publié sur un site du gouvernement américain, un contrat d'exploitation d'une valeur totale de 183 750 dollars et d'une durée de 4 ans a été accordé au Secret Service le 9 mai dernier par Coinbase.

L'agence est par ailleurs dépendante du département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), qui lui-même regroupe 22 agences fédérales toutes liées à la sécurité du pays.

Comme l'a rapporté Cryptoast le mois dernier, Coinbase envisageait déjà de vendre des licences de son logiciel d'analyse à deux autres agences gouvernementales américaines, l'agence qui collecte l'impôt sur le revenu (IRS) et l'agence chargée de lutter contre le trafic et la distribution de drogues (DEA).

Toutefois, à l'heure de l'écriture de cet article, les contrats entre Coinbase et ces agences n'ont pas encore été signés.

Coinbase Analytics a vu le jour suite à l'acquisition par Coinbase de Neutrino en février 2019, une plateforme spécialisée dans l'analyse de données des blockchains et des cryptomonnaies.

Bien que cette plateforme ne fasse pas l’unanimité dans la crypto-sphère, Coinbase assure que les informations qu'elle fournit sont complètement indépendantes des données internes de Coinbase.

👉 À lire sur le même sujet : Chainalysis et Paxful s’associent pour surveiller les échanges en P2P

 

Le PDG de Coinbase s'exprime

Suite à cette décision, Coinbase a vivement été critiqué sur les réseaux sociaux au cours du week-end. Brian Armstrong, PDG de l'exchange, a rapidement tenu à éclaircir la situation sur Twitter.

Dans une longue série de tweets, il a expliqué ce pour quoi les plateformes d'échange de cryptomonnaies ont besoin d'un tel logiciel pour se conformer aux réglementations :

« Les exchanges qui maintiennent des connexions dans le système financier existant (c'est-à-dire la possibilité de connecter votre compte bancaire, d'effectuer des virements, etc. afin de pouvoir convertir de la monnaie fiat en crypto) doivent respecter les lois AML [lois sur le blanchiment d'argent], ce qui implique souvent l'utilisation d'un logiciel d'analyse de la blockchain pour le suivi des transactions. »

Il a ajouté que les transactions sur une blockchain publique sont déjà traçables par les autorités, même sans qu'un exchange ne fournisse sa solution d'analyse :

« Si les individus veulent une véritable vie privée, c'est à cela que servent les "privacy coins" [monnaies anonymes]. Je suis un adepte des privacy coins parce que je pense que tout le monde devrait avoir plus de confidentialité financière. Ce sera semblable à la façon dont Internet est passé de HTTP à HTTPS au fil du temps, » précise-t-il.

Cette déclaration aura de nouveau provoqué la colère de nombreux internautes. Sachant que Brian Armstrong lui-même défend les cryptomonnaies anonymes, « si vous pensez que tout le monde devrait avoir plus d'intimité financière, alors pourquoi construire des logiciels espions pour la blockchain et les vendre à Big Brother ? », s'est demandé l'utilisateur Econoalchemist.

Ces propos d'Armstrong sont d'autant plus étonnants sachant que le ZCash (ZEC), une cryptomonnaie anonyme - hors Coinbase donc - est disponible au trading sur l'exchange.

👉 Lisez notre portrait de Brian Armstrong

 

Dans le même temps, Coinbase se prépare à entrer en bourse, en attendant le feu vert de la Securities and Exchange Commission (SEC). Un événement qui concorde avec son importante collaboration avec les différentes agences américaines.

En parallèle, Coinbase a récemment engagé Paul Grawal, ancien juge en Californie et avocat général délégué pour Facebook, en tant que directeur juridique.

👉 Pour en savoir plus : Coinbase est en voie de devenir le premier exchange coté en bourse

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
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