Accord Iran / USA sur Ormuz – l’Europe redoute un choc pétrolier

Washington et Téhéran ont scellé un accord-cadre prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz, signature attendue vendredi à Genève. Mais une clause de redevances iraniennes inquiète la France et l’Europe. Décryptage des conséquences économiques, énergétiques et des répercussions possibles sur les marchés crypto.

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Un accord-cadre signé sous tension entre Washington et Téhéran

Les États-Unis et l’Iran auraient conclu un accord-cadre destiné à mettre fin à la guerre qui paralyse le Moyen-Orient depuis plusieurs semaines. La signature est prévue vendredi 19 juin à Genève, avec la présence annoncée du vice-président américain J. D. Vance.

Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, le texte prévoit la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban. Les négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif, couvrant la levée des sanctions, la question du nucléaire, la reconstruction et le développement économique du pays, ainsi qu’un mécanisme de suivi des engagements.

👉 Sur le même sujet : Donald Trump affirme avoir trouvé un « très bon accord » avec l'Iran, qui dément - Les marchés font le yoyo

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La clause Ormuz qui fait grincer Paris

Le détail qui fâche se cache dans les dernières lignes du texte. D’après l’agence iranienne Fars, Téhéran a ajouté au dernier moment une clause prévoyant l’imposition de redevances pour les services maritimes dans le détroit stratégique d’Ormuz. L’agence précise que l’Iran n’accepte les navires que pour une durée de passage gratuit de 60 jours.

Un angle est passé largement sous les radars européens : Oman. Selon l’agence iranienne Fars, citant une source anonyme, le texte du mémorandum d’entente a été modifié dans les derniers instants des négociations afin de souligner clairement et explicitement la question de la souveraineté irano-omanaise sur le détroit d’Ormuz.

Téhéran

Téhéran, Iran

Concrètement, le projet d’accord stipule désormais que l’avenir de l’administration des services maritimes dans le détroit d’Ormuz sera déterminé par l’Iran et Oman, et non par Téhéran seule. Cette donnée change la donne diplomatique : toute contestation française ou européenne du futur barème de redevances devra composer avec Mascate (capitale de Oman), partenaire traditionnel des Occidentaux dans le Golfe, et non plus uniquement avec l’Iran.

Côté français, la réaction n’a pas tardé. Emmanuel Macron, qui préside le sommet du G7 à Évian, a promis lundi 15 juin de tout faire avec ses partenaires pour qu’il n’y ait pas de péage iranien dans le stratégique détroit d’Ormuz, lors d’un entretien avec TF1.

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Nous, on défend le droit international et on va tout faire en effet pour qu'il n'y ait pas de péage.

Le président français a rappelé qu’un cinquième de la production mondiale d’hydrocarbures transite par ce détroit, et qu’instaurer un péage serait contraire au droit international et ferait monter les prix pour la terre entière.

👉 À lire également : 98 milliards de dollars dépensés, 300 milliards pour reconstruire... Le coût financier de la guerre en Iran

Quel impact pour l’économie française et européenne ?

Le calcul est simple. Une redevance, même habillée en « frais de service », renchérit le coût du baril livré en Europe.

Selon l’AFP, le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que l’Iran gérerait désormais le détroit et facturerait des frais de service maritime aux navires transitant par Ormuz, plutôt que d’imposer des péages. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, évoque des frais pour les services de navigation, la protection de l’environnement, l’assurance des navires et d’autres services nécessaires.

Pour les automobilistes français et les industriels européens, l’équation est délicate. Une partie du soulagement lié à la fin du conflit pourrait être absorbée par cette nouvelle taxe de transit, alors que l’essence reste un poste sensible dans le budget des ménages.

De son côté, Washington tempère. Interrogé sur le sujet par CNBC, le vice-président JD Vance a affirmé que les États-Unis s’attendaient à ce que l’Iran « n’applique pas de péage à long terme », précisant que c’est « le genre de chose à aborder dans les négociations techniques. »

Cryptos et marchés – un effet à surveiller

Pour les investisseurs en crypto-actifs, l’épisode n’est pas anodin. Le cours du Bitcoin (BTC) reste historiquement sensible aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier via le canal du pétrole et de l’inflation importée.

Une normalisation, même partielle, des flux énergétiques tendrait à apaiser les marchés risqués, et ce, même si l'Iran impose des paiements en Bitcoin pour passer le détroit d'Ormuz. Pour l'heure, aucune information n'est disponible quant à la possibilité de payer ces frais en cryptomonnaie. Toutefois, il y a fort à parier que le pays pourrait continuer à exiger des paiements en bitcoin (BTC) afin d'échapper aux sanctions.

Mais si Téhéran maintient ses redevances, le baril pourrait rester sous pression, alimentant les anticipations d’inflation en zone euro et compliquant la trajectoire de baisse des taux de la BCE. Un scénario qui pèserait sur l’appétit pour le risque, donc sur les altcoins.

La séance de vendredi, jour prévu pour la signature à Genève, sera scrutée de près par les traders. Donald Trump a affirmé autoriser pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage, parallèlement à la levée immédiate du blocus naval américain, dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage. Reste à voir quelle version du texte prévaudra réellement.

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Sources : Fars, Le Figaro, Mediapart

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