Un recentrage des activités autour des licences et de la publicité

"C'est avec le cœur lourd que j'annonce aujourd'hui, la fin de Civil." C'est par ces mots que Matthew Iles, PDG de Civil a mis un terme à son ambitieux projet de blockchain au service du sourcing d'informations.

Lancé en 2016, Civil proposait aux rédactions de garantir la fiabilité de leurs informations en toute transparence. Une plateforme, mise à la disposition des médias partenaires leur permettait de les déposer en échange de tokens.

À l'heure de la multiplication des fakes news et de Cambridge Analytica, cette traçabilité décentralisée semblait pertinente. D'ailleurs, Civil était parvenu à mobiliser plusieurs centaines de rédactions comme Forbes ou Sludge. L'entreprise a même envisagé, pendant un temps, de lancer sa propre cryptomonnaie. Et pourtant, malgré tout, la mayonnaise n'a pas pris.

C'est ConsenSys et Joseph Lubin, co-fondateur avec Vitalik Buterin d'Ethereum, qui récupèrent les actifs et les salariés de Civil.

"Il y a plusieurs mois, nous avons commencé à développer des produits liés aux licences des contenus et à la gestion des espaces publicitaires, plusieurs entreprises média ont montré leur intérêt pour ces projets et elles envisagent de les utiliser pour, notamment, tracer les licences de leurs contenus et assurer la transparence des arbitrages publicitaires. Ce pivot a renforcé notre collaboration avec ConsenSys et ouvert la discussion autour d'une fusion stratégique."

Le projet Civil restera en ligne et consultable, mais ne sera plus maintenu.

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Les raisons d'un échec : une ICO manquée, un manque de trésorerie

Dans le communiqué publié sur la homepage du site internet de Civil, Matthew Iles a expliqué :

"Nous avons été parmi les premières startups au monde à expérimenter la blockchain dans les médias. Nous avons développé une technologie innovante, soutenu des journalistes primés et inspiré de nombreuses personnes dans le monde. Mais en fin de compte, nous n'avons pas réussi à nous maintenir seuls."

En effet, il semble que Civil ait épuisé toutes ses sources de financement. Impossible pour Matthew Iles de poursuivre le développement son projet initial qui peinait à mobiliser des investisseurs.

En 2018, son ICO avait connu un échec retentissant. Le palier minimum de 8 millions de dollars n'avait pas été atteint. Civil n'était parvenu à lever que 1,3 million de dollars. Et 80% de ce financement provenait... de ConsenSyS.

Civil a donc retravaillé son business plan et revu son positionnement pour en mars 2019, tenté de vendre ses utilisateurs une adhésion à la plateforme. Sans succès.

Au début de l'année 2020, la startup avait cessé de rétribuer les salles de rédaction en tokens : le début de la fin pour le projet de Matthew Iles. Lequel a également annoncé que Civil resterait en ligne ("en hibernation") et consultable, mais ne sera plus maintenu par son équipe.

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D'autres entreprises poursuivent sur cette voie

La fin de Civil, n'est pour autant pas la fin de l'idée qu'elle portait. D'autres entreprises basées sur la blockchain continuent de vouloir porter des projets similaires : garantir l'authenticité d'une information.

C'est le cas de Wiztrust, bâtie sur Ethereum, elle propose à toutes les entreprises (pas seulement média) de certifier la source et la véracité d'une information. La solution intéresse les grands groupes qui craignent les erreurs de décision basées sur d'éventuelles fake news. Par exemple, en France, Bouygues, Engie, Malakoff Humanis ou encore le groupe média Les Échos l'utilisent déjà.

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A propos de l'auteur : Amandine Mangin

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Journaliste de formation, j'ai acheté mes premiers satoshis en 2015 et j'ai immédiatement adhéré à l'état d'esprit joyeusement innovant et contestataire des crypto-monnaies. Mon credo : je préfère avoir tort avec les cryptos que raison avec mon PEL.
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