Ce que la fin de l’argent gratuit pourrait changer pour Bitcoin et les actifs risqués
Depuis 2008, l’argent facile a porté les marchés et façonné la trajectoire de Bitcoin, devenu l’un des grands bénéficiaires de cette ère de liquidité abondante. Mais à mesure que les banques centrales referment le robinet, une question s’impose : Bitcoin peut-il s’imposer comme réserve de valeur dans un monde où le capital redevient rare et exigeant ?
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Des marchés sous perfusion depuis de nombreuses années
Depuis plus d’une décennie, les marchés financiers vivent sous perfusion. Après la crise de 2008, puis celle de 2020, la liquidité est devenue le principal moteur de la hausse des actifs. Plus que la croissance. Plus que les bénéfices. Plus que la productivité.
Quand l’argent est abondant, le risque est toléré, parfois même recherché. Mais lorsqu’il se raréfie, les narratifs s’effondrent les uns après les autres.
Bitcoin, comme l’ensemble des actifs dits « risqués », a prospéré dans cet environnement. Pas uniquement parce qu’il serait révolutionnaire ou une alternative monétaire crédible. Mais parce qu’il est né, a grandi et s’est institutionnalisé dans un monde de taux faibles, de bilans de banques centrales hypertrophiés et de chasse permanente au rendement.
La question centrale aujourd’hui n’est donc pas de savoir si Bitcoin est bon ou mauvais, ni même s’il survivra. La vraie question est ailleurs : que peut-il se passer si la liquidité abondante ne revient pas ? Pas temporairement. Mais durablement. Si le régime monétaire post-2008 touche réellement à sa fin, quels seraient les impacts pour Bitcoin et pour l’ensemble des actifs risqués ?
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Découvrir comment bien investir dans Bitcoin (et protéger son épargne) avec la méthode StratègeLa liquidité, oxygène des marchés : comprendre le changement de régime
Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut revenir à une idée simple : les marchés financiers sont d’abord des marchés de liquidité, avant d’être des marchés d’actifs. Le prix n’est pas seulement la rencontre entre l’offre et la demande sur un actif donné. Il reflète surtout la quantité d’argent disponible pour prendre du risque.
Depuis 2008, les banques centrales ont profondément modifié cet équilibre. Taux bas, puis taux zéro, programmes massifs d’achats d’actifs (les fameux Quantitative Easing)… Le coût du capital a été artificiellement comprimé. Emprunter devenait facile, parfois presque gratuit.
Dans ce contexte, il devenait rationnel d’aller chercher du rendement ailleurs, en prenant davantage de risques : actions de croissance, private equity, immobilier, venture capital… et crypto-actifs.
Bitcoin s’inscrit pleinement dans ce cycle. À chaque phase d’expansion de la liquidité, il a servi de catalyseur narratif et spéculatif. À chaque resserrement, il a subi des corrections violentes. Contrairement à une idée encore répandue, Bitcoin n’a jamais été réellement décorrélé du cycle monétaire.
Or, depuis 2022, les choses ont changé. L’inflation est revenue. Pas comme un accident temporaire, mais comme une contrainte structurelle. Les banques centrales ne peuvent plus injecter de la liquidité sans coût. Chaque baisse de taux est désormais arbitrée entre soutien à l’activité et crédibilité monétaire. Chaque expansion de bilan est scrutée, critiquée, politiquement sensible.
Une conséquence simple mais lourde : la liquidité n’est plus un acquis. Elle devient rare et conditionnelle. Et dans un monde où l’argent redevient cher, tous les actifs ne sont pas égaux.
Acheter des cryptos et des actions à moindres frais avec DEGIROBitcoin face à la rareté monétaire : actif refuge ou actif spéculatif ?
C’est ici que le débat devient intéressant… et souvent mal posé. Bitcoin est fréquemment présenté comme un actif rare. Une forme d’or numérique. Une protection contre l’inflation et la dépréciation monétaire. Sur le papier, l’argument est séduisant : offre limitée, émission prévisible, aucune autorité centrale capable de le diluer.
Mais sur les marchés, Bitcoin ne se comporte pas du tout comme un actif refuge.
Son historique montre une forte corrélation avec les phases de liquidité globale. Il performe lorsque le dollar se détend, lorsque les conditions financières s’assouplissent, lorsque le levier augmente. À l’inverse, il souffre lorsque les taux montent, que la liquidité se contracte et que le risque est réduit.
Pourquoi ? Parce que Bitcoin reste aujourd’hui majoritairement détenu comme un pari asymétrique sur l’avenir. Pas comme une monnaie d’usage ni comme une réserve de valeur stable. Il est encore largement financé par des capitaux spéculatifs.
Dans un monde de liquidité structurellement plus rare, Bitcoin fait face à une tension fondamentale. D’un côté, son récit de rareté pourrait devenir plus pertinent à long terme dans un système monétaire fragilisé par l’endettement et la défiance. De l’autre, son prix dépend encore de la capacité des investisseurs à immobiliser du capital dans un actif non productif, extrêmement volatil et sans flux de trésorerie.
Si la liquidité ne revient pas, Bitcoin pourrait entrer dans une phase prolongée de réévaluation. Moins d’euphorie. Moins de bull runs fulgurants. Moins d’illusions de gains faciles. Un actif plus exigeant, davantage marginal peut-être. Mais potentiellement plus mature et réservé à des investisseurs convaincus et patients plutôt qu'aux foules en recherche de gains rapides.
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Les actifs risqués dans un monde sans perfusion : vers un tri brutal
Bitcoin n’est pas un cas isolé. Il est simplement l’exemple le plus visible d’un phénomène plus large.
Les années de taux bas ont permis la survie de modèles économiques fragiles, peu rentables, parfois structurellement déficitaires. Tant que le capital était abondant, ces entreprises pouvaient se refinancer, raconter des histoires et repousser la rentabilité à plus tard. Ce monde se referme.
Dans un régime de liquidité contrainte, le marché redevient exigeant. Il privilégie les actifs capables de générer des flux de trésorerie, de résister à des coûts de financement plus élevés et de justifier leur valorisation autrement que par la promesse d’un futur lointain.
Les multiples se compressent. Les récits s’épuisent. Les investisseurs deviennent sélectifs. Cela signifie moins de soutien mécanique, moins de « buy the dip » automatique, moins de sauvetages implicites par les banques centrales. Chaque actif doit mériter sa place.
Dans ce contexte, Bitcoin devient un révélateur plutôt qu’un moteur. Il ne disparaît pas. Mais il cesse d’être porté par un environnement monétaire complaisant. Sa trajectoire devient plus chaotique, plus dépendante des cycles macroéconomiques profonds, moins linéaire. Il peut toujours jouer un rôle dans un portefeuille, mais ce rôle change. C'est moins un pari sur la liquidité, plus un pari sur l’évolution du système monétaire à long terme.
Penser l’avenir de Bitcoin sans réfléchir à la liquidité est une erreur. Mais penser que la liquidité reviendra forcément comme avant l’est peut-être encore davantage. Le monde post-2008 était peut-être une anomalie historique, pas une norme éternelle.
Si la liquidité abondante ne revient pas, les marchés devront réapprendre à fonctionner sans filet. Bitcoin, comme les autres actifs risqués, devra trouver sa place dans ce nouveau régime. Ce sera peut-être moins spectaculaire. Mais peut-être aussi plus sain.
La vraie question n’est donc plus seulement « jusqu’où peut monter le Bitcoin ? », mais : quel type d’actif veut-il devenir dans un monde où l’argent n’est plus gratuit ?
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