Carlos Ghosn et le Bitcoin

Selon les procureurs américains chargés du dossier, c'est le fils de Carlos Ghosn qui aurait organisé le transfert des fonds en Bitcoin (BTC) à Peter Taylor, l'un des deux hommes ayant aidé l'ancien président de Nissan à fuir le Japon.

Ces transactions en cryptomonnaie par tranches ont eu lieu entre janvier et la mi-mai cette année, après que Ghosn se soit enfui du Japon pour se réfugier au Liban, selon les procureurs.

L'échange de ces 500 000 dollars en bitcoins aurait entièrement été réalisé par l'intermédiaire du célèbre exchange américain Coinbase. Une méthode de transfert peu judicieuse lorsqu'on sait que la plateforme partage les informations de ses clients avec de nombreuses institutions américaines.

Pour rappel, Carlos Ghosn est parvenu à s'échapper dans une malle pour instruments de musique introduite clandestinement à bord d'un avion privé le 29 décembre 2019.

Les procureurs ajoutent que Peter et son père, Michael Taylor, ont reçu au moins 1,36 million de dollars de la part de la famille Ghosn. En effet, les paiements du fils de Ghosn via Coinbase s'ajoutaient aux 862 500 dollars que Ghosn avait lui-même transférés à une société présidée par Peter Taylor en octobre.

En mai dernier, les autorités américaines ont arrêté les Taylor à la demande du gouvernement japonais, qui cherche maintenant à les extrader. Un juge fédéral entendra mardi prochain les arguments des Taylor relatifs à leur dernière demande de mise en liberté sous caution.

👉 Pour en savoir plus : Coinbase fournit son logiciel d'analyse des blockchains au Secret Service américain

 

Des similarités avec Mark Karpelès ?

Comme le souligne le média Cointelegraph, l'affaire Ghosn présente des similitudes avec celle de Mark Karpelès, l'ancien PDG de Mt. Gox, un exchange aujourd'hui disparu.

Les deux hommes ont été soumis à la législation japonaise pour de prétendus crimes financiers. Comme Ghosn, Karpelès avait connaissance du système judiciaire du pays, ayant lui-même passé 10 mois en détention. Avant l'évasion de Ghosn, les deux hommes se sont même rencontrés à plusieurs reprises, ce qui pourrait avoir influencé la décision de Ghosn de fuir le Japon.

Contrairement à Ghosn, Karpelès a lui préféré se confronter à la justice japonaise et a ainsi pu se faire acquitter des principales accusations liées à la faillite de Mt. Gox. Toutefois, il reste accusé de mauvaise gestion des fonds de l'exchange.

Jake Edelstein, journaliste américain auteur du livre « J'ai vendu mon âme en bitcoins » qui raconte l'histoire de l'effondrement de Mt. Gox a été interrogé à ce propos par Capital en avril 2019. À la question, Carlos Ghosn a-t-il une chance d’être blanchi ? Il déclare ainsi :

« Une fois que vous êtes pris dans la machine judiciaire japonaise, vous êtes foutu! Peut-être qu’il échappera à une peine de prison ferme, mais il sera condamné d’une manière ou d’une autre. Jamais les Japonais ne voudront perdre la face. »

👉 Découvrez notre portrait de Mark Karpelès l’ancien dirigeant de Mt. Gox

 

Sur un ton plutôt ironique, de nombreux utilisateurs de Twitter ont souligné que l'évasion de Carlos Ghosn donne au moins un cas d'utilisation supplémentaire au Bitcoin... Même s'il n'a pas besoin pour son image auprès du public d'être davantage lié à de telles affaires. Rappelons que la majorité des fonds a toutefois transité par le système bancaire traditionnel.

Si toi aussi tu veux payer l'évasion de papa en Bitcoin, on a l'article qu'il te faut : Tout savoir sur l'achat de bitcoins

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Depuis 2017, je m'intéresse au Bitcoin, aux cryptomonnaies et à la technologie blockchain associée. Je crois fermement en ces innovations technologiques et qu’elles révolutionnent déjà de nombreux secteurs.
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