Nouvel épisode de l'affaire BitMEX

Une action en justice civile déposée le 30 octobre allègue que les dirigeants de BitMEX auraient « pillé » plus de 440 millions de dollars de la plateforme. Des manipulations des fonds qui auraient commencé dès 2019, alors que des enquêtes du gouvernement étaient d'ores et déjà en cours sur les activités de l'entreprise.

La plainte a été déposée par les traders Vitaly Dubinin et Yaroslav Kolchin contre les cofondateurs de la société mère de BitMEX, HDR Global Trading Limited. Les accusations sont notamment portées à l'encontre d'Arthur Hayes, de Benjamin Delo et de Samuel Reed.

« Les accusés Hayes, Delo et Reed sont des fraudeurs notoires, qui ont été inculpés d'infractions pénales liées au blanchiment d'argent par le ministère américain de la justice et deux d'entre eux sont actuellement des fugitifs des forces de l'ordre américaines, » souligne la plainte.

SOSventures, une société de capital-risque fondée par l'entrepreneur Sean O'Sullivan et ayant investi dans BitMEX, serait également impliquée.

Le recours fait valoir que les dirigeants de BitMEX se sont livré à cette pratique pour réduire le montant des actifs susceptibles d'être sais par les autorités compétentes. Le tableau ci-dessous reprend la prétendue distribution des fonds pillés par les cofondateurs de BitMEX.

Répartition Fonds Pillés BitMEX

Un porte-parole de HDR Global Trading a nié ces affirmations en déclarant auprès de Coindesk :

« Pavel Pogodin de "Consensus Law" a déposé une série de plaintes de plus en plus fausses contre nous, et d'autres dans le secteur des cryptomonnaies. Nous allons traiter cette affaire dans le cadre de la procédure judiciaire normale et nous sommes entièrement convaincus que les tribunaux examineront ses revendications pour ce qu'elles sont. »

Les exchanges dans le viseur des régulateurs

Les accusations portées à l'encontre de BitMEX et de ses cofondateurs s'accompagnent d'autres actions d'une plus grande ampleur.

La descente aux enfers de la plateforme a commencé au début du mois d'octobre, lorsque la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), un organisme de régulation des marchés américains, a accusé les propriétaires BitMEX de violer la réglementation anti-blanchiment d'argent.

Suite à quoi une grande partie des utilisateurs de BitMEX ont fui la plateforme, réduisant drastiquement la liquidité de ses marchés. Moins d'une semaine plus tard, Arthus Hayes, PDG de BitMEX, quittait ses fonctions.

Récemment, les regards se sont portés sur Binance, le plus grand exchange de cryptomonnaies au monde. L'entreprise aurait cherché à contourner la réglementation américaine, d'après une fuite de documents mettent en lumière l'existence d'une entité du nom de « Tai Chi », laquelle permettait d'acheminer les bénéfices vers Binance.

Ces graves accusations ont rapidement été démenties par Changpeng Zhao, PDG de la plateforme. Il a affirmé sur Twitter que ledit document n'a pas été produit par un employé de Binance et que n'importe qui peut être à l'origine d'un tel document.

Quoi qu'il en soit, les régulateurs et institutions de surveillance du monde entier se penchent de plus en plus sérieusement sur les activités des plateformes d'échange de cryptomonnaies. Avec les milliards de dollars qui y transitent quotidiennement, il n'est pas si surprenant que leurs activités soient sujettes à des vérifications.

👉 Pour aller plus loin - Le régulateur britannique interdit les produits dérivés sur cryptomonnaies

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
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