Décentraliser pour supprimer la contrainte technique

La pandémie du COVID-19 a mis les Africains dos au mur, pointant du doigt avec insistance le déficit d’infrastructures sanitaires pour accueillir les patients atteints de la maladie.

Bien que l'Afrique s'en sorte avec moins de difficultés que l'Occident — en partie grâce à son expérience avec des maladies telles qu'Ebola — elle aurait pu être en meilleure posture si elle brillait dans l'innovation technologique.

En effet, entre les appareils archaïques, un taux de pénétration Internet relativement faible et une quasi-absence de réglementations, il y a un grand fossé à remplir.

Fort heureusement, de nombreuses initiatives voient le jour pour supprimer cet écart qui la sépare des autres continents. L’idée n'est pas de suivre le même schéma, mais plutôt de contourner le système en utilisant les moyens à disposition.

Nous pensons notamment à une initiative sud-africaine qui contribue à éradiquer le COVID-19 par le biais d'une application basée sur la blockchain, qui trace les sujets malades, tout en préservant leur confidentialité.

Nous pouvons également citer dans cette lancée, le projet de puce électronique de Cardano (ADA), dont l'objectif est de fournir un accès à la blockchain, sans connexion Internet préalable. Un tel dispositif pourrait permettre à des personnes vivant en zones rurales de se faire diagnostiquer à distance.

👉 Pour en savoir plus sur ce sujet : Cardano : une micropuce en vue pour l'utilisation hors ligne de la blockchain

 

Décentraliser pour fiabiliser et sécuriser l'information

Le système sanitaire africain est paralysé du fait de l'obsolescence de ses ressources. Mais dans l'ombre tapit un plus grand mal : celui de l’accès à des données médicales fiables et complètes.

En Afrique subsaharienne, il n'est pas rare pour les patients d’enchaîner aléatoirement les hôpitaux. Cela entraîne une difficulté dans le suivi des données, qui est liée au fait qu'elles ne soient pas centralisées. De plus, la plupart des hôpitaux n'ont pas de base de données informatisées, ce qui contribue à amplifier cette difficulté.

Et quand bien même il y aurait une architecture informatique existante, l’échange de données entre institutions n'est pas monnaie courante. Car certains prestataires médicaux sont dans la crainte de ne pas pouvoir contrôler le circuit de distribution de ces données d'une extrême sensibilité.

L'information est donc le plus souvent fournie par les patients eux-mêmes, avec un risque de non-dits, et un autre de faux témoignages basés sur des suppositions. Il y a donc un réel problème de fiabilité dans l'information.

Par conséquent, certains professionnels et institutions médicales explorent les potentialités de la technologie blockchain, pour surmonter la barrière du partage de données et pouvoir assurer au mieux le suivi des antécédents.

En effet, la blockchain est idéale pour un échange sécurisé s'inscrivant dans une démarche de préservation de la confidentialité.

👉 À lire sur le même sujet : VeChain développe une blockchain pour la gestion des données de santé

 

Décentraliser pour mettre toutes les chances de son côté

Que l'on parle de trafics d'organes, de kidnapping de nourrissons sous couvert de membres du corps médical, ou de vaccins testés sans consentement par des organisations internationales, les Africains ont de quoi perdre toute confiance au système de santé en place.

La corruption est enracinée dans les couches les plus profondes, ne laissant ainsi que de la place aux plus riches d'entre eux. Avec comme pilier la transparence, la blockchain prétend être un abri contre ce mal qui mine les sociétés africaines.

Autre problème en Afrique, des milliers de personnes ayant besoin de transfusions sanguines meurent tous les jours, parce qu'il n'y a soi-disant pas de poches de sang compatibles avec leurs groupes sanguins.

Pendant ce temps, des privilégiés de la société trouvent leur compte au détriment des plus démunis avec la complicité des soignants. Cela pourrait être évité si l'on disposait d'une application blockchain friendly qui permette à des utilisateurs de s'inscrire à une liste d'attente et de consulter en temps réel le stock.

Il y a également la problématique des médicaments contrefaits qui reste alarmante. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 100 000 décès enregistrés par an sur le continent sont liés à la consommation de médicaments frauduleux.

De plus, en Afrique circulerait 60% de la production mondiale de ces contrefaçons. Il va de soi qu'une application permettant de les tracer serait salutaire pour le continent.

 

Malgré toutes ses faiblesses, l'Afrique a aujourd'hui grâce à la blockchain l’opportunité de sortir des sentiers battus. Elle a par ailleurs déjà tapé dans l’œil de nombreux investisseurs tels que Jack Dorsey, le PDG de Twitter.

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A propos de l'auteur : Junie Maffock

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Avec un fort intérêt pour la blockchain et les cryptos, je souhaite contribuer à la vulgarisation de ces technologies. Je suis également très intriguée par les méthodes d'apprentissage ludiques et actives.
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