La BCE somme les banques européennes de se préparer à la menace de l'IA
Face à la montée des risques d'attaques alimentées par l'intelligence artificielle, la Banque centrale européenne (BCE) hausse le ton. Dans une lettre adressée mardi aux directeurs généraux des principales banques de la zone euro, elle demande d'évaluer "sans délai" l'évolution de la menace.
Ultimatum de la BCE et niveau de risque réhaussé
La BCE sonne l'alarme. Elle demande aux banques de remettre, avant le 31 octobre, un plan d'action détaillant les mesures retenues pour renforcer sa cybersécurité face aux menaces représentées par l'IA.
Cette échéance s'accompagne d'un avertissement du Conseil européen du risque systémique (ESRB). Ce dernier qualifie désormais les modèles d'intelligence artificielle de pointe de « source de risque systémique » pour le système financier. L'organisme a également relevé son évaluation du risque cyber systémique au niveau « sévère », contre « élevé » trois mois plus tôt.
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Ce durcissement fait notamment suite à la présentation par Anthropic de Mythos au printemps, un modèle capable d'identifier automatiquement des milliers de vulnérabilités informatiques inédites. Le modèle a complètement rebattu les cartes de la cybersécurité bancaire.
Pour la BCE, il ne s'agit toutefois pas d'un phénomène ponctuel lié à un outil isolé, mais d'un changement durable du paysage des menaces, dont la responsabilité incombe aux banques elles-mêmes.
Le superviseur demande ainsi d'accélérer le déploiement des correctifs de sécurité, de renforcer les capacités de détection fondées sur l'IA, de revoir les risques liés aux fournisseurs technologiques et de moderniser les systèmes les plus anciens.
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Se protéger des modèles d'IA les plus avancés
Pour l'instant, l'accès aux modèles d'IA les plus performants est encore limité... Tout du moins dans les pays occidentaux. Anthropic a réservé Glasswing, son programme d'accès contrôlé à Mythos, à une poignée de groupes essentiellement américains, dont JPMorgan, Microsoft, Google et Amazon. Outre-Atlantique, BNP Paribas, Deutsche Bank et ING ont également rejoint ce cercle restreint.
Les autorités européennes auraient par ailleurs engagé des discussions avec plusieurs entreprises d'IA, dont les géants Anthropic et OpenAI, alors que la start-up française Mistral AI échangerait avec plusieurs banques du continent sur de nouvelles applications dédiées.
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Ce qui pointe, c'est aussi un risque géopolitique. L'ESRB souligne que la concentration des principaux développeurs d'IA en dehors de l'Union européenne exposerait le bloc à une dépendance stratégique.
Ce risque a déjà été illustré de manière concrète : récemment, Washington avait imposé des restrictions sur les derniers modèles d'Anthropic. Au-delà de la simple cybersécurité, il y a donc un vrai enjeu à ce que l'Europe rattrape son retard, afin de conserver sa souveraineté.
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