Telegram n’a pas manqué de réflexe après la découverte de la Securities and Exchange Commission (SEC) des documents incriminant ses ventes post-initial coin offering (ICO). Un retour de bâton qui l’a amené à faire des concessions. Explication.

 

Le dossier épineux de Telegram

En octobre 2019 la SEC a déposé une plainte contre Telegram Group et TON pour l’interdiction des ventes des tokens GRAM (GRM) car non-enregistrée.

Depuis les échanges se sont intensifiés à tour de bras. La saga judiciaire a continué jeudi 7 mai 2020 où par consentement des parties il a été ordonné à Telegram de fournir les détails de l’initial coin offering (ICO) qui a eu lieu en 2018 pour la modique somme de 1,7 milliard de dollars.

Des exercices d’équilibristes qui n’auront donc pas suffi et qui auront fini par bloquer le lancement du projet TON.

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Le dépôt d’une ordonnance de consentement 

Telegram a accepté dans les meilleurs délais, de fournir à la SEC des informations concernant tous les actifs reçus des acheteurs initiaux en vertu des accords d’achats et ainsi que les détails des résiliations. Auxquels s’ajoutent, des avis et des documents bancaires.

L'intégralité de ces informations sont attendues par le juge P.Kevin CASTEL pour le 20 mai 2020 au plus tard.

Mais l'enjeu doit être apprécié dans son contexte car la coïncidence de calendrier veut que la nouvelle survienne un jour après que TON Labs, une entité indépendante, a annoncé le lancement d'un fork de la blockchain TON avec son propre token (appelé Free Ton). Une queue de poisson pour pouvoir continuer son projet initial bien loin des premières débâcles avec la SEC.

 

L'imperturbable Telegram s’engage à remettre les communications, les dossiers bancaires et d’autres informations à la SEC tout en continuant le développement de TON dans le sillage de GRAM.

Le bras de fer entre Gram et Libra annonce l’émergence d’une nouvelle guerre froide de la blockchain entre d'un côté les États-Unis incarnés par Marc Zuckerberg et de l'autre la Russie avec les frères Durov. Une opposition entre deux modèles qui n’a pas terminé de faire couler de l’encre.

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A propos de l'auteur : Marie-Josée Bayerlait

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Diplômée d’expertise-comptable, la communication financière est mon dada. Néanmoins je dois mon « feu de Dieu » suite à la découverte de la culture cypherpunk derrière bitcoin ainsi qu’au merveilleux spectacle de satellisation exercé par les établissements financiers sur les crypto actifs. Il ne m’en a pas fallu plus pour écrire !
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