Régulation des cryptomonnaies à petits pas au Royaume-Uni

La régulation des cryptomonnaies est à la mode. Qu'elle soit existante ou déjà inscrite dans la loi, c'est un sujet brûlant. Pourtant, un pays souhaite prendre son temps, et pas n'importe lequel.

Alors que les États-Unis, par la voix du directeur de la SEC, estiment que les plateformes ne pourront pas survivre sans être régulées, le directeur du gendarme financier au Royaume-Uni préfère une approche ciblée.

Lors d'un discours à Cambridge, Charles Randell, directeur de la Financial Conduct Authority (FCA), estime que légiférer sur les cryptomonnaies, et plus particulièrement les tokens, comporte un risque de légitimer les arnaques.

Randell joue une ambivalence toute britannique, à essayer de rester entre plusieurs mondes avec d'un côté l'accompagnement de l'innovation, de l'autre une régulation pas trop excessive, et enfin une protection des investisseurs

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Une régulation excessive pourrait légitimer les arnaques mises en avant par les influenceurs

L'idée de Charles Randell est plutôt intéressante. Plutôt que de viser l'ensemble des actifs numériques, il se concentre sur certains types de tokens.

Alors que le colloque à Cambridge était consacré à la criminalité économique, le directeur de la FCA pointe du doigt le véritable problème du manque de connaissances des investisseurs, qui se plongeraient dans les crypto-actifs sans être conscients des risques qu'ils prennent.

Randell s'en prend notamment aux influenceurs faisant la promotion de tokens inconnus ou peu recommandables. L'exemple qu'il mentionne est celui d'EthereumMax (EMAX), notamment mis en avant par la starlette Kim Kardashian.

Si le directeur de la FCA ne donne pas son avis sur le caractère frauduleux ou non de l'EMAX, il note en revanche le pouvoir que peuvent avoir certains influenceurs sur leur communauté. Les risques financiers sont importants, notamment en cas de « pump-and-dump », soit une montée fulgurante avant une chute tout aussi vertigineuse.

Pour Randell, une régulation excessive pourrait englober l'ensemble des crypto-actifs sans faire la différence entre un honnête projet et un actif bidon. Un investisseur mal renseigné aurait donc le risque de tomber sur une arnaque, pensant que le token était pourtant autorisé par la FCA.

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Une régulation des cryptomonnaies au Royaume-Uni centrée sur deux types d'actifs

Tandis que la FCA régule déjà les plateformes d'échange tout en interdisant l'utilisation de produits dérivés auprès des particuliers, Randell souhaite que les futures régulations soient centrées sur les seuls stablecoins et security tokens. Il voit en effet d'un bon œil ces deux derniers.

Les stablecoins et les security tokens pourraient, selon lui, être utilisés pour les paiements transfrontaliers, les infrastructures économiques et l'inclusion financière. Or, s'il souhaite une régulation, elle ne doit pas être entravée par un excès de bureaucratie pouvant nuire aux projets.

Randell soutient plutôt une approche modérée, à l'image de celle à destination des autres actifs régulés par la FCA. L'objectif primaire est de s'assurer que les émetteurs de jetons et sociétés spécialisées dans la blockchain sont solvables et transparents.

Le directeur de la FCA souhaite donc plutôt viser les publicités trompeuses en faveur de tokens obscurs, à travers une campagne de prévention pour les investisseurs britanniques. Ce discours va-t-il améliorer l’image de la FCA auprès du secteur ? Réponse dans les prochains mois.

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A propos de l'auteur : Benjamin Allouch

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Anciennement juriste spécialisé en droit des données personnelles et du numérique, je me suis très vite intéressé au Bitcoin, à la technologie blockchain et à leurs implications juridiques. Je suis aujourd'hui consultant indépendant et rédacteur dans le domaine des cryptomonnaies et de la blockchain.
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