Bitstamp durcit les conditions de retrait pour les utilisateurs situés aux Pays-Bas

Cette nouvelle règle ne vient bien sûr pas directement de l’exchange, mais de nouvelles régulations qui sont appliquées au niveau local. Comme l’a signalé un utilisateur de Twitter, Bitstamp a envoyé une lettre à tous les détenteurs de cryptomonnaies situés aux Pays-Bas :

« Oui, c’est sérieux. Les personnes situées aux Pays-Bas doivent se soumettre à des mesures KYC pour leurs adresses de retrait. »

La lettre explique :

« La nouvelle régulation nous demande de collecter une preuve que vous êtes le détenteur du wallet ou du compte exchange avant de pouvoir y retirer vos cryptos. [...] Vous devez fournir une photo prouvant qu’il s’agit bien de votre adresse. »

Cela veut dire que les utilisateurs situés aux Pays-Bas ne peuvent plus retirer leurs fonds de Bitstamp, à moins de « whitelister » l’adresse destinataire. Ils ne peuvent pas non plus plus retirer de fonds directement vers les comptes de personnes tierces. Il faudra d’abord qu’ils retirent ces derniers sur leur wallet personnel, avant de procéder à l’envoi.

👉 À lire à ce sujet : Pourquoi des exchanges me demandent mon identité ?

Pourquoi c’est inquiétant

Cette nouvelle mesure intervient suite à un renforcement des règles anti-blanchiment d’argent de la part du gouvernement néerlandais. Les plateformes d’échange comme Bitstamp sont incitées à vérifier si les « bénéficiaires finaux » de transferts effectués avec leurs services ont été signalés sur des listes de comptes suspects.

L’exchange Bitconic avait déjà procédé à des mesures similaires en novembre dernier, et Bitstamp ne sera probablement pas la dernière plateforme située aux Pays-Bas à durcir ses mesures KYC pour les retraits. Ce type de régulations pourrait s’étendre ailleurs en Europe et dans le monde. Déjà, des rumeurs font état d’une réglementation similaire, qui pourrait être appliquée aux États-Unis. Brian Armstrong, le PDG de Coinbase, avait lancé l’alerte sur le sujet en novembre dernier.

Une efficacité qui fait débat

Si l’on compare les cryptomonnaies à des espèces, ce type de mesures montre toute son absurdité. On l’a évoqué, rien n’empêche une personne mal intentionnée de transférer ses cryptomonnaies sur un wallet personnel, avant de les envoyer vers des adresses suspectes. L’application de ces mesures KYC pour les retraits ne semble pas efficace, et la menace pour la vie privée des utilisateurs est par contre bien réelle.

En France, la tendance semble malheureusement être similaire. Le 9 novembre dernier, le ministre des Finances Bruno Le Maire a introduit une ordonnance visant à « renforcer la lutte contre l’anonymat des transactions en crypto-actifs ». La lutte contre le financement du terrorisme est souvent agitée comme un chiffon rouge par les politiques, mais dans les faits, les terroristes se financent encore très largement grâce à des monnaies fiat. Malheureusement, ça n’arrête pas ce type de mesures considérées comme liberticides par la majorité de la communauté crypto.

👉 A lire à ce sujet : La France va-t-elle louper le virage des cryptomonnaies et de la blockchain ?

 

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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