Cryptorapt du père d'un influenceur crypto : une enquête révèle les coulisses de cette affaire
Alors que les agressions visant des détenteurs de cryptomonnaies se multiplient sur le territoire français, une enquête révèle les coulisses d’un « cryptorapt » de 2023 impliquant l’analyste et influenceur crypto TeufeurS. Une affaire qui mêle une habitante de Venezuela, un homme d’affaire spécialisé dans les zoos et de possibles liens avec des prestataires de services crypto.
Cryptorapt : un circuit de blanchiment international
Depuis le début de l'année, le nombre d'agressions visant des détenteurs de cryptomonnaies sur le territoire français affiche une augmentation et une régularité inquiétante déjà situées au-delà de la cinquantaine de cas identifiés par les forces de l'ordre en moins de 6 mois.
Des attaques ciblées qui existaient pourtant depuis plusieurs années, comme par exemple avec le cas emblématique de l'influenceur crypto TeufeurS, principalement actif sur le réseau X, dont le père a été enlevé en août 2023 dans une petite ville de la Sarthe, afin de lui réclamer une rançon en cryptomonnaies estimée à 1,7 million d'euros.
👉 Pour aller plus loin – Comment sécuriser votre environnement numérique et financier ?
La fin d'une procédure d'extorsion qui marque le début d'une enquête menée par la Gendarmerie, notamment afin de suivre les fonds versés sur plusieurs wallets. Et même si la majorité de cette somme se perd sur d'obscures plateformes, un peu plus de 130 000 dollars se retrouvent sur un compte appartenant à « une femme de nationalité vénézuélienne, identifiée comme étant Isabel V. ».
Un portefeuille crypto identifié comme actif au Venezuela, en Espagne et au Portugal, avec de multiples connexions en Afrique du Sud, au Panama, au Royaume-Uni ou en Pologne, par le biais duquel d'importantes sommes circulent pour des montants estimés en millions de dollars.
De quoi motiver la Justice française à saisir la totalité de la somme disponible sur ce wallet en septembre 2023, soit près de 900 000 dollars. C'est à ce moment que les choses prennent un tournure des plus étrange.
Diversifiez facilement votre portefeuille avec Bitpanda
Des fonds qui se retrouvent associés à un parc animalier indien
Une saisie qui ne va pas tarder à porter ses fruits, puisqu'un certain Luis Miguel F. - revendiqué comme le frère de la fameuse Isabel V. - va rapidement se manifester pour réclamer la restitution des fonds bloqués. En effet, il explique utiliser ce compte crypto par commodité dans le cadre de son activité d'homme d’affaires spécialisé dans la vente d’animaux pour des zoos étrangers.
Selon ses explications, la somme saisie devait servir à finaliser une opération en cours avec le plus grand parc animalier du monde, situé en Inde. Le problème ? Cette réserve gérée par l'homme le plus riche du pays - 21e fortune mondiale - se trouve au centre de nombreuses polémiques en lien à des conditions d’acquisition et d’importation problématiques d’animaux protégés et/ou menacés d'extinction, finalement démontrées en 2025.
📰 Les cryptos volées lors des agressions sont hautement traçables et cet enquêteur le prouve
À cette époque, une enquête du média allemand Süddeutsche Zeitung va en effet révéler des liens douteux entre ce parc animalier et une structure présentée comme étant un refuge pour animaux sauvages, situé non loin de la capitale du Venezuela et détenu par... le fameux Luis Miguel F.
Pour la justice française, les explications de la détentrice du compte identifié au sujet de son utilisation par son frère ne sont pas convaincantes. De ce fait, elle se retrouve mise en examen pour des faits de « blanchiment en bande organisée ».
Une participation active de certains prestataires de services crypto ?
Selon une source proche de l’enquête mentionnée par Le Monde, « à ce stade, il est impossible de démontrer que le compte vénézuélien agissait comme un hub mis à disposition d’opérateurs différents dans le cadre de transactions douteuses, malgré la capacité de certains réseaux criminels à nouer des partenariats avec des prestataires de services en cryptomonnaies, qui leur offrent la possibilité de masquer encore davantage les fonds qu’ils ont acquis illégalement ».
👉 Enlèvement crypto : un organisateur présumé condamné à 25 ans de prison au Maroc
Des propos moins mesurés de la part de Romain Chilly, avocat des parties civiles, qui explique comment cette affaire « coche toutes les cases du blanchiment à l’aide de crypto-actifs ». Et la situation serait devenue encore plus complexe à l'heure actuelle.
![]()
La saisie, possible en 2023, ne le serait plus aujourd’hui. Dorénavant, les plateformes qui coopéraient avec la justice à l’époque n’acceptent plus de le faire qu’à la condition que les titulaires des comptes visés soient de nationalité française et résidant en France.
Au moment d'écrire ces lignes, rien ne permet d'affirmer que la victime pourra effectivement récupérer les sommes saisies.
Acheter facilement l'action avec BitpandaSource : Le Monde
La Newsletter crypto n°1 🍞
Recevez un récapitulatif de l'actualité crypto chaque jour par mail 👌
Certains contenus ou liens dans cet article peuvent être de la publicité ou de l'affiliation. L'investissement dans les actifs numériques présente un risque de perte en capital totale ou partielle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. N'investissez que ce que vous êtes prêts à perdre.
