La Corée du Sud dit non aux cryptomonnaies anonymes

Toutes les cryptomonnaies qui ajoutent une couche supplémentaire d'anonymat aux transactions sur leur réseau ne pourront plus être proposées au trading par les plateformes d'échanges en Corée du Sud.

L'interdiction entrera en vigueur le 21 mars 2021 et concerne des cryptomonnaies telles que le Monero (XMR), le Zcash (ZEC) et le Dash. Le régulateur donne d'ailleurs le nom de « Dark Coins » à ces cryptomonnaies.

Pour la Financial Services Commission (FSC), le régulateur sud-coréen, les cryptomonnaies ayant des capacités d'anonymat facilitent grandement les activités de blanchiment d'argent :

« Les cryptomonnaies privées ajoutent un processus de tierce partie qui dissimule ces enregistrements de transaction, rendant ainsi les parties impliquées totalement anonymes et rendant également extrêmement difficile pour les forces de l'ordre de les retrouver, » souligne le régulateur

Par l'intermédiaire d'une mise à jour de la réglementation, la FSC exige également que les exchanges basés en Corée du Sud se dotent de procédures strictes de KYC pour leurs clients. Les plateformes doivent en parallèle mettre tout en œuvre pour lutter contre le blanchiment d'argent.

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Les cryptomonnaies privées n'ont pas la vie facile

La Corée du Sud rejoint ainsi le Japon en tant qu'important marché financier à imposer une interdiction spécifique aux cryptomonnaies anonymes. La situation des cryptomonnaies privées se détériore de plus en plus depuis quelques mois. En septembre 2019, la branche sud-coréenne de l'exchange OKEx a de lui-même délisté le Monero de sa plateforme, suite à la pression continuelle des régulateurs.

Mais les choses se sont grandement accélérées en réponse au scandale de la Nth Room ayant touché la Corée du Sud l'été dernier. Ce réseau de partage de contenu sexuel illégal acceptait les paiements en Monero pour obtenir l'accès via Telegram. Le XMR est depuis cet événement dans la tourmente dans le pays, cette triste affaire ayant secoué toute la population.

Pour autant, tout cela ne rend pas ces cryptomonnaies inutilisables. Le pouvoir des régulateurs s'arrêtant au niveau des plateformes d'échanges, les cryptomonnaies anonymes peuvent encore circuler entre leurs détenteurs sans problème.

Toutefois, s'en procurer devient plus difficile dans de nombreuses juridictions, les passerelles d'achats devenant plus rares ou entièrement contrôlées.

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
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