La présidente de la BCE réprouve les stablecoins

Cela fait plusieurs semaines que l'on n'avait plus de nouvelles de Christine Lagarde à propos des cryptomonnaies et l’on commençait à s'inquiéter un peu. Nous voilà rassurés après la nouvelle charge de la présidente de la BCE.

Cette fois-ci, elle s'en est prise aux seuls stablecoins. En effet, lors d'un entretien avec le fondateur et directeur exécutif du Forum économique mondial (les curieux peuvent jeter un œil à partir de 25'00''), aussi connu sous le nom de forum de Davos, Christine Lagarde a déclaré que les cryptomonnaies dont la valeur est adossée à une monnaie fiduciaire n'étaient pas des monnaies, mais des actifs.

Lagarde a notamment critiqué le fait que les stablecoins prétendent être des monnaies alors que leur principal argument de vente est justement d’être garantis par une monnaie fiduciaire en circulation, en l'occurrence le dollar américain pour 95 % d'entre eux.

👉 À lire – Christine Lagarde tacle une fois de plus le Bitcoin (BTC) et les cryptomonnaies

Christine Lagarde, une critique acerbe envers les cryptomonnaies

Il n'y a pas si longtemps, Christine Lagarde voyait plutôt d'un bon œil les actifs numériques. Sa position a vite évolué en 2020, à partir du moment où le cours du Bitcoin (BTC) et des autres cryptomonnaies a commencé son ascension vers les sommets d’aujourd’hui.

En janvier dernier, la présidente de l’institution bancaire européenne demandait une règlementation mondiale pour encadrer le BTC, un actif qui faciliterait les « funny business ».

Aujourd'hui, ce sont les stablecoins qui inquiètent Christine Lagarde. Elle considère qu'ils utilisent faussement l'appellation de monnaie alors qu'ils seraient en fait des actifs devant être régulés comme des actifs.

Faisant référence aux récents déboires de Tether (USDT) avec la justice américaine, Christine Lagarde a estimé que les entités derrière les stablecoins ne pouvaient pas toujours prouver qu'ils sont effectivement garantis. Or, il est vrai que si, par exemple, l'USDT n'a pas les garanties qu'il prétend, il n'est pas aussi liquide qu'il devrait l'être.

Lagarde critique ainsi le manque de transparence de ces crypto-actifs pouvant être utilisés pour des transactions, étant donné qu'ils sont par essence non volatils.

Toutefois, outre une volonté de critique permanente envers les cryptomonnaies, cette nouvelle sortie pourrait avoir un objectif de promotion implicite pour la BCE et l'Union européenne.

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Les critiques de Lagarde envers les stablecoins ont-elles quelque chose à avoir avec l'euro numérique ?

Lors de cet entretien, Christine Lagarde a sans doute tenté un placement de produit en faveur de l'entité qu'elle dirige. En effet, en juillet dernier, la BCE a donné son feu vert au projet d'euro numérique avec une phase d'investigation devant durer deux ans. La présidente de l'institution a donc tenu un discours plus positif sur la monnaie numérique au sens large.

Christine Lagarde admet que si les consommateurs préfèrent utiliser des monnaies numériques en lieu et place des pièces et billets, il faut leur donner la possibilité de le faire. Or, l'euro numérique serait la réponse idoine à ce souhait des résidents de la zone euro et les stablecoins ne le seraient pas puisqu'ils ne sont pas émis par la BCE.

L'attaque visant les stablecoins va également dans le sens du projet de règlement MiCa, future règlementation européenne relative aux actifs numériques, qui consacre un chapitre entier à ce type particulier de cryptomonnaies. Un contrôle renforcé de l'USDT et bientôt de ses cousins adossés à l'euro pourrait donc servir in fine le futur euro numérique de la BCE.

👉 À lire – MiCa : l'ébauche d'une régulation européenne pour les crypto-actifs

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A propos de l'auteur : Benjamin Allouch

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Anciennement juriste spécialisé en droit des données personnelles et du numérique, je me suis très vite intéressé au Bitcoin, à la technologie blockchain et à leurs implications juridiques. Je suis aujourd'hui consultant indépendant et rédacteur dans le domaine des cryptomonnaies et de la blockchain.
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Kamel

Merci pour la censure.

Last edited 23 jours plus tôt by Kamel
JeanVoudraitBien

Moi, gueux, voudrai bien que tous les kleptocrates d'en haut me foutent la paix. Je vouldrai bien me soigner comme je l'entends. Je voudrai bien qu'on me laisse prévenir moi-même le risque de tomber malade comme je l'entends. Je voudrai bien disposer de mon corps et mon capital comme je l'entends et ne pas devoir fournir un « justificatif » à chaque fois que je retire une somme ou en ramène. Aujourd'hui, je n'ai plus besoin de fournir un « justificatif » à mon chargé de compte. Grâce aux échanges P2P, un soupçon de Wasabi et une petite sauce Samourai… Read more »

Kamel

Dire que USDT et USDC sont des actifs numériques est vrai. Je ne vois pas en quoi c'est une critique. Et sur un plan légal, la BCE est seule à avoir le droit d'émettre des euro (papier) en Europe, sous format papier ou non. Les pièces sont du ressort des pays de l'UE. Si demain la BCE émet des coin numériques, elle devra fournir des garanties similaires à celles fournies pour le papier... (avec le poids des pays de l'UE notamment). Je n'ai pas cette garantie pour mes USDT émis par une société, non dotée du pouvoir de frapper monnaie.… Read more »

LEON

Kamel, bonjour.

Justement, dans la cryptosphère, des système plus ou moins décentralisés d'assurances sont en création. Bientôt il sera possible d'assurer beaucoup de systèmes, de choses... Assurer les dépôts dans la DEFI, assurer les stablecoins etc. C'est en cours.