Faut-il acheter l'action Google (Alphabet) en 2026 ? Notre analyse
Google fait partie des rares entreprises à être à la fois une machine à cash publicitaire, un géant du cloud et un pionnier de l'IA avec Google Deepmind. Mais cette position de leader historique est précisément ce qui rend son action difficile à évaluer. Entre un cœur de métier ultra-rentable et une course à l'IA de plus en plus disputée, faut-il acheter l'action Google aujourd'hui ?
Avant de répondre à la question de savoir s'il faut acheter l'action Google, revenons sur ce qu'est réellement l'entreprise, sur ses moteurs de revenus et sur la place qu'elle occupe aujourd'hui dans la course à l'IA.
Qu'est-ce que Google (Alphabet) ?

Entreprise américaine, Alphabet est la maison mère de Google, créée en 2015 pour regrouper les différentes activités du groupe fondé en 1998 par Larry Page et Sergueï Brin.
L'entreprise est cotée au NASDAQ sous deux tickers : GOOGL (actions de catégorie A, avec droit de vote) et GOOG (actions de catégorie C, sans droit de vote). Les deux suivent globalement la même trajectoire de cours.
Alphabet s'articule autour de 3 grands ensembles :
- Google Services regroupe la recherche (Search), YouTube, Android, Chrome, le Play Store et surtout la publicité, qui reste de très loin la première source de revenus du groupe ;
- Google Cloud réunit l'infrastructure cloud (GCP) et les outils collaboratifs Workspace : c'est le principal relais de croissance rentable de l'entreprise ;
- Other Bets regroupe les paris de long terme, dont Waymo, leader de la conduite autonome.
La recherche en IA est portée par Google DeepMind (à l'origine de la famille de modèles Gemini et d'AlphaFold), et Google est l'un des rares acteurs à concevoir ses propres puces d'IA, les TPU. Depuis 2024, Alphabet verse par ailleurs un dividende, modeste mais symbolique pour une valeur longtemps considérée comme purement de croissance.
Acheter l'action Google en 5 minutes avec eToroL'action Google en bref
| Donnée | Valeur |
| Cours de l'action | 360,13 $ |
| Capitalisation boursière | 4 404 milliards de dollars |
| Plus bas sur 1 an | 194,47 $ |
| Plus haut sur 1 an | 404,44 $ |
| Performance depuis 1 an | +83 % |
| Performance depuis 5 ans | +163 % |
Données du 6 août 2026
Les résultats de Google au 2e trimestre 2026
Publiés le 22 juillet 2026, les résultats du 2e trimestre de Google ont dépassé les attentes sur le chiffre d'affaires, avec un consensus des analystes situé autour de 116,9 milliards de dollars. Le groupe a affiché un chiffre d'affaires de 119,8 milliards de dollars, en hausse de 24 % sur un an, soit son 12e trimestre consécutif de croissance à deux chiffres.
Le principal moteur reste Google Cloud, dont les revenus ont bondi de 82 % pour atteindre 24,8 milliards de dollars, portés par la demande d'infrastructure et de solutions d'IA. La publicité (Search et YouTube) progresse plus modestement : Google Services affiche 94,5 milliards de dollars (+15 %), dont 63,3 milliards pour la recherche (+17 %), légèrement en deçà des attentes.
Le résultat opérationnel ressort à 40,8 milliards de dollars (+30 %), pour une marge opérationnelle de 34 %. Le bénéfice net affiché, à 112,1 milliards de dollars, doit toutefois être lu avec prudence : il est très largement gonflé par une plus-value comptable non réalisée d'environ 98 milliards de dollars sur des participations financières, et non par la seule activité. Signe de cette nuance, le bénéfice par action ajusté (2,85 $) est ressorti légèrement sous les attentes (2,89 $).
Surtout, Google a relevé sa prévision de dépenses d'investissement pour 2026 à une fourchette de 195 à 205 milliards de dollars (contre 180 à 190 auparavant), pour financer sa course à l'infrastructure d'IA. Malgré des revenus supérieurs aux attentes, c'est cette hausse des investissements qui a dominé la réaction du marché, l'action reculant après la publication.
Source : Alphabet Investor Relations – Résultats du T2 2026
Google et la course à l'IA : un leader sous pression
Historiquement, Google est un pionnier de l'IA : c'est chez elle qu'a été publié en 2017 le papier « Attention Is All You Need », qui a introduit l'architecture Transformer sur laquelle repose l'intégralité de l'IA générative actuelle, et c'est DeepMind qui a développé AlphaFold, dont les développeurs ont été récompensés par le prix Nobel de chimie 2024. Sur le terrain commercial, en revanche, la course est aujourd'hui menée par OpenAI (ChatGPT) et Anthropic (Claude).
C'est dans ce contexte qu'une réorganisation de sa direction IA a ravivé les doutes. Le 5 août 2026, un mémo du PDG Sundar Pichai a officialisé plusieurs changements majeurs à la tête de Google DeepMind, qui ont fait reculer l'action de Google d'environ 4 % :
- Jeff Dean, chief scientist du groupe et vétéran de 27 ans, quitte l'entreprise avec le senior fellow Sanjay Ghemawat pour fonder Discovery Loop, une société à mission dédiée à l'IA pour la science ; Google en sera investisseur et fournisseur cloud ;
- Demis Hassabis, PDG de DeepMind, cède la gestion opérationnelle quotidienne mais n'est pas sur la touche : il devient chairman de DeepMind et chief scientist d'Alphabet, un rôle recentré sur l'AGI et la stratégie de long terme ;
- Koray Kavukcuoglu, ex-directeur technique de DeepMind, prend la direction opérationnelle en tant que SVP et pilotera notamment le développement de Gemini.
Ces mouvements s'ajoutent à une série de départs de chercheurs de premier plan observée ces derniers mois, sur fond d'interrogations sur la capacité de Google à suivre le rythme d'OpenAI et d'Anthropic. Plusieurs sources évoquent des modèles Gemini en retard sur la frontière technologique, notamment sur le code.
Le message que le marché semble vouloir envoyer est le suivant : dans la course à l'IA, le capital humain compte peut-être autant, sinon plus, que le capital financier. La rétention des meilleurs chercheurs pourrait être l'un des indicateurs les plus prédictifs du secteur.
Ce constat mérite toutefois d'être nuancé. D'abord parce que Google a déjà été donné pour battu à plusieurs reprises, notamment sur le cloud, puis sur l'IA générative après le lancement de ChatGPT, avant de revenir dans la course avec Gemini, aujourd'hui le principal rival de ChatGPT côté grand public.
Ensuite, parce que son actif le plus stratégique n'est peut-être pas ses chercheurs vedettes, mais son infrastructure : en concevant ses propres puces (TPU) et en opérant Google Cloud, Google fournit une partie de la puissance de calcul sur laquelle tournent de grands acteurs de l'IA.
Reste une inconnue de taille : sa capacité à recruter et à retenir une nouvelle génération de chercheurs. Les prochains mois, et notamment les prochains recrutements, diront si cette réorganisation relève d'un simple renouvellement ou du début d'un décrochage.
Acheter l'action Google avec Trade RepublicLes arguments pour acheter l'action Google
1. Une machine à cash publicitaire dominante. Search et YouTube confèrent à Google une position quasi incontournable dans la publicité en ligne, avec des marges élevées et des flux de trésorerie considérables. C'est ce socle qui finance l'ensemble des autres paris du groupe, du cloud à l'IA.
2. Google Cloud, un relais de croissance devenu rentable. Longtemps déficitaire, Google Cloud est devenu bénéficiaire et croît rapidement, porté par la demande liée à l'IA. Il diversifie le modèle au-delà de la publicité et bénéficie directement de l'essor des charges de calcul.
3. Un avantage d'infrastructure rare avec les TPU. Très peu d'acteurs conçoivent leurs propres puces d'IA à grande échelle. Cet atout réduit la dépendance de Google à Nvidia, abaisse ses coûts de calcul et fait de Google Cloud une plateforme recherchée, y compris par des laboratoires concurrents.
4. Un portefeuille d'options sous-évaluées. Au-delà de la publicité et du cloud, Google détient des actifs comme Waymo, l'un des leaders du robotaxi. Ces activités sont souvent peu valorisées par le marché et constituent une optionnalité gratuite pour l'actionnaire de long terme.
5. Une capacité de rebond démontrée. Google a déjà prouvé sa capacité à revenir dans des courses où on la disait dépassée, comme avec Gemini.
Acheter l'action Google en 5 minutes avec eToroLes arguments contre l'achat de l'action Google
1. Le risque de perdre la course à l'IA. C'est le point le plus lourd. La réorganisation de sa direction IA et les départs de chercheurs de premier plan interviennent au moment où OpenAI et Anthropic imposent le rythme sur les usages. Si Google ne parvient pas à retenir et attirer les meilleurs talents, son leadership technologique pourrait s'éroder. Or l'IA menace précisément son cœur de métier : une perte d'avance ici serait un coup de massue, pas un simple contretemps.
2. La menace sur le Search, son cœur de revenus. Les assistants d'IA changent la façon dont les internautes cherchent de l'information. Si une partie des requêtes se déporte des moteurs classiques vers des chatbots, c'est le modèle publicitaire historique de Google, et donc l'essentiel de ses profits, qui se retrouve fragilisé.
3. Un risque réglementaire et antitrust persistant. Google fait l'objet de procédures antitrust majeures, notamment aux États-Unis, où la justice a estimé que le groupe avait illégalement verrouillé le marché de la recherche.
4. Une dépendance encore forte à la publicité. Malgré la croissance du cloud, la publicité reste le principal moteur du chiffre d'affaires. Cette dépendance rend Google sensible aux cycles économiques : en cas de ralentissement, les budgets publicitaires sont parmi les premiers à être coupés.
5. Des dépenses d'investissement massives dans l'IA. La course aux datacenters et aux puces impose des investissements très élevés, qui pèsent sur le flux de trésorerie libre. Le retour sur ces investissements n'est pas garanti à court terme et le marché sanctionne durement toute déception sur ce point.

Avec quelle plateforme acheter l'action Google ?
L'action Google est cotée au NASDAQ sous les tickers GOOGL et GOOG. Elle est accessible auprès de la plupart des courtiers européens et nécessite un Compte-Titres Ordinaire (CTO). En tant qu'action américaine, elle n'est pas éligible au PEA.
Voici quelques plateformes sur lesquelles il est possible d'acheter l'action Google 👇
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Notre verdict sur l'action Google
Google reste l'une des entreprises les plus solides au monde : un cœur publicitaire ultra-rentable, un cloud en croissance et enfin bénéficiaire, un avantage d'infrastructure rare avec ses puces TPU et une capacité de rebond déjà prouvée.
Mais le débat de 2026 n'est plus vraiment celui de la qualité de l'entreprise : c'est celui de son leadership dans l'IA. Les départs de chercheurs posent une vraie question sur la capacité de Google à rester en tête d'une course où le capital humain pèse lourd. Le paradoxe, c'est que ces mêmes doutes peuvent aussi créer un point d'entrée intéressant si l'on estime que le marché surréagit.
Pour les investisseurs de long terme et tolérants au risque, Google reste un pari défendable sur une entreprise dominante dont la valorisation intègre déjà une bonne dose de scepticisme. La faiblesse liée aux craintes sur l'IA peut représenter une fenêtre d'opportunité, à condition d'accepter que la thèse repose désormais autant sur le secteur de l'IA que sur la publicité.
Pour les investisseurs plus prudents, mieux vaut attendre des signaux concrets avant de se positionner : la trajectoire de Google Cloud, l'issue des procédures antitrust et surtout les prochains recrutements en recherche, qui diront si Google endigue ou non l'hémorragie de talents.
👉 Lisez aussi : Les 10 meilleures actions pour investir dans l'IA en 2026
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Commentaires (1)
Magnifique


