Les banques commencent à rationner l'IA à cause des coûts
Après des mois d'expérimentation libre, les grandes banques mondiales commencent déjà à rationner leur usage de l'IA, effrayées par l'explosion des coût à venir. En France, le Crédit agricole vient d'annoncer un plan de 500 millions d'euros sur trois ans, mais tient à s'assurer que les dépenses restent inférieures aux économies générées.
Les banques découvrent le coût réel de l'IA générative
Après avoir encouragé leurs salariés à expérimenter librement l'IA, c'est l'heure du rétropédalage pour les établissements financiers. Ils réclament désormais une nouvelle méthode face à l'explosion annoncée du coût de l'IA. Selon Le Monde, ce 12 juin, dans les couloirs du secteur circule une anecdote très intéressante : une entreprise américaine anonyme a laissé ses développeurs faire tourner leurs machines sur Claude, le modèle d'Anthropic, et a perdu... 500 millions de dollars en un seul mois.
Ce n'est pas tout. Uber, de son côté, a dépensé en trois mois ce qu'il avait prévu de mettre sur l'année entière, et s'est résolu à plafonner les usages en urgence. Mathieu Gosselin, associé au cabinet Bartle, résume le sentiment ambiant :
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Les acteurs comme OpenAI et Anthropic perdent beaucoup d'argent. À un moment, il faudra bien qu'ils en gagnent. Quand les usages deviendront indispensables, ils vont faire exploser les prix.
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Arthur Mensch, patron de Mistral AI, a d'ailleurs déjà fait ses calculs lors d'une audition à l'Assemblée nationale le 12 mai : selon lui, les entreprises dépenseront à terme l'équivalent de 10 % de leur masse salariale en tokens IA.
C'est dans ce contexte que le Crédit agricole a annoncé le 10 juin un plan de 500 millions d'euros sur trois ans (2026-2028), intégré à son budget informatique annuel de 5,7 milliards d'euros. Le cœur du dispositif : une « Entreprise IA » dotée d'un capital de 150 millions d'euros, opérationnelle dès septembre, avec environ 150 salariés l'an prochain. Elle devra fournir des outils IA à l'ensemble du groupe, et surtout, en s'assurant que les économies générées dépassent les dépenses. Olivier Gavalda, directeur général du Crédit agricole, explique :
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Nous voulons maîtriser ces coûts qui vont exploser. Il faut utiliser l'IA à bon escient.
Les gestionnaires d'actifs dans le viseur ?
Au-delà des coûts, c'est la question des emplois qui commence à s'inviter dans le débat. Dans la finance, un métier est particulièrement dans le viseur : les gestionnaires d'actifs. Leur rôle, placer au mieux l'argent de leurs clients, est précisément celui que les agents conversationnels pourraient remplir plus rapidement et avec davantage de données.
Un banquier d'affaires cité par Le Monde assure qu'il « ne voit pas pourquoi la finance serait protégée de ce tsunami. Quelqu'un qui veut placer 10 000 euros, pourquoi pas le faire via l'IA ? » Olivier Gavalda lui-même reconnaît « beaucoup d'anxiété chez les collaborateurs ».
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Pour l'instant, aucune banque française ne se risque à évoquer frontalement des suppressions de postes. Mais Jean Barrère, chez Accuracy, anticipe que les premières expériences 100 % IA ne seront proposées aux clients qu'à partir de fin 2027.
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