Une nouvelle agence européenne de surveillance des cryptomonnaies ?

Un document consulté par Reuters révèle les plans de l’Union européenne en matière de blanchiment d’argent et de cryptomonnaies. Actuellement, il n’existe pas d’agence européenne qui permette de lutter contre les flux d’argent sale, l’Union s’appuyant sur des régulateurs et agences de surveillances nationaux.

Mais l’Europe est sous pression depuis que plusieurs pays ont commencé à enquêter sur la Danske Bank, par laquelle auraient transité 200 milliards d’euros d’argent sale entre 2007 et 2015. C’est pourquoi la création d’une agence a été évoquée : l’Anti-Money Laundering Authority (AMLA). Le document explique ainsi :

« En supervisant directement et en prenant des décisions en ce qui concerne les secteurs financiers internationaux les plus risqués, l’Autorité contribuera directement à prévenir des incidents liés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme au sein de l’Union. »

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Les cryptomonnaies visées en particulier

Ce qui fait tiquer l’industrie des cryptomonnaies, c’est que le Bitcoin (BTC) et les altcoins semblent être visés en particulier par ce document. La nouvelle agence pourrait forcer les fournisseurs de service européens à rassembler des données sur l’origine et les destinataires des fonds en crypto-actifs. Le document précise ainsi :

« L’absence de telles règles laisse les détenteurs de crypto-actifs exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, car des flux d’argent illicite peuvent être effectués grâce à des transferts de crypto-actifs. »

L’Union européenne avait déjà émis la 5e Directive Anti-Blanchiment d’Argent de l’Union européenne (AMLD5) en début d’année 2020. Cette dernière exigeait une collecte de données très poussée par les exchanges, ainsi que tout signalement d’activités suspectes. En réaction, plusieurs fournisseurs de service avaient fermé leurs portes.

👉 Pour aller plus loin – Blanchit-t-on plus d’argent en crypto-monnaie qu’en monnaie fiat ?

Des arguments réchauffés

On note que l’Union européenne utilise les mêmes arguments classiques pour renforcer la surveillance des cryptomonnaies. Pourtant, plusieurs études montrent que les crypto-actifs ne sont pas plus utilisés que le fiat pour blanchir de l’argent, au contraire. En 2020, une étude de Chainalysis indiquait ainsi que seulement 1,1 % des transactions en cryptomonnaies sont illicites. Pour comparaison, l’argent fiat blanchi dans le monde représenterait 2 à 5 % du PIB mondial.

Par ailleurs, les cryptomonnaies sont loin d’être utilisées par les groupes terroristes comme un axe de financement majeur, comme le pointent plusieurs rapports, dont un de Blockchain ConsultUs.

L’histoire le montre : les criminels et terroristes utilisent encore très largement des monnaies fiat telles que l’euro pour financer leurs activités. On peut donc se demander si une surveillance accrue des fournisseurs de services cryptos sera utile pour lutter contre le blanchiment d’argent, ou si cela freinera encore une fois le développement de l’industrie au niveau européen.

👉 A lire – Les exchanges de cryptomonnaies risquent-ils de remplacer les banques ?

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Rédactrice en chef adjointe sur Cryptoast, je suis tombée dans la marmite des cryptomonnaies il y a quelques années. Je suis passionnée par les technologies novatrices qui découlent de la blockchain et j'aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous.
Tous les articles de Marine Debelloir.

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dan

Pourquoi ne pas citer vos sources dans vos articles? J'ai l'impression de lire l'avis de l'auteur et rien d'autre, ce que je ne peux partager.

Benjamin Allouch

Premiers mots de l'article, avec un lien hypertexte : "Un document consulté par Reuters"

Last edited 22 jours plus tôt by Benjamin Allouch