5 mois après le lancement de son expérimentation, la Banque de France vient d’annoncer dans un communiqué de presse avoir réalisé avec succès les premiers tests de sa blockchain « maison ».

 

Une expérimentation française à visée européenne

D’après l’institution, l’opération a permis de « régler une émission de titres financiers numériques effectuée par la Société Générale Forge. »

Ces résultats particulièrement rapides démontrent sa motivation à créer la toute première Monnaie Digitale de Banque Centrale (MDBC) en Europe et ainsi relever le challenge fixé par la banque centrale européenne.

En effet, c’est en réaction au lancement de Libra par Facebook à la fin de l’année 2019, que François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France avait expliqué la volonté de la France de poser les bases de la première « stable coin » de l’Eurosystème. Son objectif : « affirmer la souveraineté » des états et ainsi, faire face aux initiatives privées jugées indésirables sur le terrain de la politique monétaire.

Soutenu par Christine Lagarde présidente de la banque centrale européenne et par Bruno Lemaire ministre de l’Économie, le projet a été placé sous le signe de la vélocité afin de ne pas se laisser distancer par les États-Unis, la Russie et la Chine qui planchent sur des initiatives similaires. Le e-Yuan étant à ce jour, le projet le plus avancé.

Notons que cette monnaie virtuelle dite « de gros » ne concerne pour le moment que les différents acteurs du secteur financier. Elle devrait accélérer et fluidifier les échanges entre eux. L’ouverture de la MDBC au grand public reste plus hypothétique, car plus complexe.

François Villeroy de Galhau avait expliqué aux Échos :  « des seuils sur les montants de transactions anonymes, comme cela se fait déjà en France pour les paiements en monnaie électronique ou en cash, pourraient être instaurés dans ce but ».

👉 Pour aller plus loin : Chine : le yuan numérique pourrait être utilisé pour les Jeux olympiques d'hiver de 2022

 

Les expérimentations vont se poursuivre jusqu’à la fin de l’année

Dans son communiqué de presse, la Banque de France annonce également la poursuite des expérimentations ces prochaines semaines en coopération avec les acteurs ayant répondu à son appel à candidatures. 10 dossiers au maximum vont être retenus pour avancer sur ce sujet.

Aucune technologie n’a été imposée aux différents candidats qui sont en revanche appelés à faire preuve d’innovation dans le choix de celle-ci. De la même manière, le champ des expérimentations reste large. Elles pourront porter sur n’importe quel cas d’usage standard de la monnaie « de gros » (règlement-livraison de titres cotés ou non cotés, paiement contre paiement avec d’autres monnaies digitales de banque centrale ou d’autres actifs numériques…)

La Banque de France attend également des candidats qu’ils proposent une analyse « des effets de l’introduction d’une MDBC sur la stabilité financière, la politique monétaire et l’environnement réglementaire. »

Un cadre particulièrement large donc, qui semble avoir stimulé les acteurs du secteur. La Banque de France a dû repousser de plusieurs jours la date de dépôt des dossiers pour faire face aux nombreuses questions reçues.

Le nom et les informations concernant les 10 candidats retenus devraient être connus au plus tard à la fin de l’été.

👉 Pour en savoir plus : Banque de France : un appel à candidature pour tester une monnaie numérique de banque centrale

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A propos de l'auteur : Amandine Mangin

twitter-soothsayerdataSite de Amandine Mangin

Journaliste de formation, j'ai acheté mes premiers satoshis en 2015 et j'ai immédiatement adhéré à l'état d'esprit joyeusement innovant et contestataire des crypto-monnaies. Mon credo : je préfère avoir tort avec les cryptos que raison avec mon PEL.
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