Rapide mise en contexte. L'exchange Poloniex a récemment fait l'acquisition de TRXMarket, l'exchange décentralisé de TRON (TRX). Cette nouvelle a fait surface peu de temps après que Justin Sun, fondateur de la Fondation Tron ait été soupçonné d'être l'un des investisseurs ayant participé au rachat de Poloniex à Circle.

Le 5 décembre, quelques heures seulement après que le fondateur de DigiByte (DGB), Jared Tate, ait critiqué à la fois TRON et Poloniex sur Twitter, la cryptomonnaie a été retirée de la plateforme.

 

Un examen minutieux vous dites ?

Permettez-moi d'en douter. Poloniex a annoncé sur Twitter le retrait de la plateforme du DigiByte après avoir procédé à un « examen minutieux », car la cryptomonnaie en question ne répondrait pas « aux critères » du référentiel de l'exchange :

 

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Quelle est la vérité derrière cette soudaine et étrange décision ? Dans ses nombreuses publications sur le sujet qui ont mis le feu aux poudres, Jared Tate affirme que TRON est un « réseau 100% préminé et complètement centralisé » et que Poloniex, peu après avoir quitté Circle pour devenir une « société internationale indépendante » soutenue par un « grand groupe d'investissement asiatique » est devenue une « usine à promouvoir le TRX. »

 

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Traduction : Je suis dégoûté par tous ces trolls et robots de TRON qui m'attaquent et qui promeuvent
un réseau 100% préminé et complètement centralisé comme si c'était le cadeau le plus décentralisé de la part de Dieu.
Maintenant, Poloniex s'est transformé en une usine à promouvoir le TRX après s'être débarrassé des données sensibles de ses clients américains.

 

Jared Tate prétend en outre que le token TRX est contrôlé de façon centralisée et que Justin Sun possède à lui seul 34 millions de TRX sur un total de 100 millions de tokens. Il ajoute que Binance contrôle 56% des nœuds de la blockchain TRON et donc que Changpeng Zhao et Justin Sun à eux seuls ont le monopole des prises de décisions sur le réseau grâce notamment au contrôle de 25 des 27 nœuds que comportent le réseau.

 

L'équipe de DigiByte a rapidement réagi à la version de Poloniex des plus désuète :

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Traduction : Apparemment, le fait d'être une blockchain vraiment décentralisée, orientée vers la communauté, qui n'a jamais
été une ICO et qui n'a pas été préminée à 100% n'est pas à la hauteur des « nouvelles normes » de listing chez Poloniex.
Après y avoir été négociable pendant plus de 5 ans et y avoir apporté de nombreuses innovations dans l'industrie.

 

En mai dernier, Lucien Chen, qui a cofondé la Fondation Tron et qui en était auparavant le directeur technique, a déclaré que le projet était extrêmement centralisé et qu’il s’était « écarté de l’esprit et de l’intention originale de la blockchain ». Il a donc pris la décision de quitter ses fonctions en ajoutant que concernant le projet TRON en lui-même, les idéologies fondamentales du projet n’étaient plus respectées et de ce fait, lui et l’actuel CEO, Justin Sun, présentaient un point de vue différent concernant la suite du développement.

 

Ce n'est pas la première fois que le DigiByte se bat avec d'autres titans de l'industrie. Jared Tate avait souligné en octobre 2018 que l'équipe de Binance exigeait 300 000 dollars et 3% de l'approvisionnement total en DGB pour le listing de la cryptomonnaie sur la plateforme. Il a également mis en lumière que tout au long de l'automne 2017 et au début de 2018, plusieurs ICOs qu'il considère comme frauduleuses ont été ajoutées sur plateforme, puis que leurs cours ont été manipulés. Selon ses propos, Binance serait derrière ces douteux mouvements des cours. Le DigiByte qui reste toutefois disponible au trading sur de nombreux exchanges majeurs tels que Bittrex, HitBTC et KuCoin.

 

A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Depuis 2017, je m'intéresse au Bitcoin, aux cryptomonnaies et à la technologie blockchain associée. Je crois fermement en ces innovations technologiques et qu’elles révolutionnent déjà de nombreux secteurs.
Tous les articles de Clément Wardzala.

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