Le Nigeria : un territoire d’ampleur pour les cryptomonnaies

Si les décisions de la banque centrale du Nigeria sont observées avec tant d’attention, c’est que le pays fait figure de précurseur en termes d’adoption des cryptomonnaies. En décembre dernier, on apprenait que le pays était second au monde en ce qui concerne les transactions Bitcoin en pair à pair (p2p). Par ailleurs un classement global de Chainalysis datant de septembre 2020 le plaçait dans le top 10 des pays où les cryptomonnaies sont les plus adoptées.

C’est pourquoi l’interdiction des services crypto au sein des banques avait créé un tel tollé au cours du mois dernier. La banque centrale ordonnait aux banques commerciales de fermer les comptes de toute personne s’adonnant au trading de cryptomonnaies, menaçant de sanctions sévères toute banque qui ne se plierait pas à la nouvelle directive. Cela mettait donc directement en danger le statut du Nigeria en tant que terre d’accueil pour les cryptomonnaies. Et cela avait été interprété comme une interdiction par la majorité des commentateurs locaux.

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La banque centrale rétropédale ?

Mais l’institution vient de publier une nouvelle clarification, et elle semble avoir mis de l’eau dans son vin. Selon le média local TodayNG, le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Godwin Emefiele, a expliqué qu’il cherchait à « protéger le secteur bancaire des activités de cryptomonnaies, mais pas à les interdire entièrement ». Il précise :

« La banque centrale du Nigeria n’a pas placé de restrictions en termes d’utilisation des cryptomonnaies, et nous ne souhaitons pas interdire aux personnes de les échanger. Nous avons simplement interdit les transactions en cryptomonnaies dans le secteur bancaire. »

Si l’on se réfère à la lettre qui avait été envoyée aux banques en février dernier, le ton était plus dur. Cette dernière expliquait :

« Toutes [les banques et les institutions financières] doivent identifier les personnes et/ou les entités qui effectuent des transactions en cryptomonnaies ou qui opèrent des exchanges de cryptomonnaies au sein de leurs systèmes, et s’assurer de clore leurs comptes immédiatement. ».

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Le Nigeria ambivalent sur la question des cryptomonnaies

La lettre a depuis été retirée du site de la banque centrale, ce qui suggère qu’un certain rétropédalage a eu lieu de la part de l’institution. Les Nigériens auront toujours accès au trading de cryptomonnaies, mais ils ne pourront pas utiliser leurs services bancaires pour le faire.

Le gouverneur de la banque centrale avait déjà montré son hostilité aux cryptomonnaies, les qualifiant de « monnaie non légitime ». Il faut dire que l’attrait pour le Bitcoin (BTC) est conséquent dans le pays, au point qu’un BTC atteint des prix bien plus élevés que dans d’autres régions économiques. Un Bitcoin est ainsi ce matin disponible à l’achat contre 71 300 dollars sur LocalBitcoins.

L’hésitation des institutions est donc notable. Le pays ne souhaite pas voir ses habitants choisir les cryptomonnaies… Mais compte quand même capitaliser sur l’essor de ces nouveaux actifs. On apprenait ainsi à la fin de l’année 2020 que le Nigeria souhaitait dégager 6 milliards de dollars de recette grâce à l’industrie blockchain d’ici à 2030.

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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