Loot (for Adventurers) – 1er épisode

S'il y a un bien un projet de tokens non fongibles (NFTs) qui a attiré l'attention de par son originalité, c'est bien Loot ! Si vous avez passé un peu de temps sur Twitter, voire même OpenSea en septembre, vous vous êtes probablement rendu compte de l’importance qu'a apportée l'actualité à cette œuvre pour le moins inattendue.

Dans cette série de 3 articles, Cryptoast vous invite à explorer divers aspects d'un projet qui a beaucoup fait jaser. Alors, installez-vous confortablement et laissez-vous conter l'histoire de Loot (for Adventurers)…

Un projet pour les rassembler tous et, dans l'art, les lier

Le vendredi 27 aout, Dom Hofmann, cofondateur du média Vine, annonçait sur Twitter le lancement d'un nouveau projet portant sur la création de jeux à travers le métavers, via le prisme des NFTs : Loot (for Adventurers).

Le concept est on ne peut plus simple : créer 7 779 listes d'items uniques dignes de panoplies du jeu Dofus. Le tout sans illustrations, statistiques ou règles précises, histoire de laisser place à l'interprétation et l'imagination de chacun. Du texte blanc sur fond noir, ni plus ni moins.

Les sacs #1 à #7 777 du projet non audité peuvent être réclamés par n'importe qui, tandis que les sacs #7778 à #8000 ont été réservés à celui ayant déployé le smart contrat.

Composé de 8 caractéristiques (torse, pied, main, tête, cou, anneau, taille et arme), chaque Loot porte un numéro, les collectionneurs pouvant ainsi les identifier aisément.

Surprise, la communauté des NFTs s'est rapidement intéressée au projet et tous les Loot ont trouvé preneur avant de migrer vers les marchés secondaires tels qu'OpenSea.

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L'homme derrière Loot

Venons-en au créateur de ce mouvement : Dom Hofmann, plus connu pour avoir co-créé Vine, média ayant contribué à installer le format vidéo court, repris par TikTok, sur les appareils mobiles.

En 2017, il lance Peach, un réseau social attirant moult utilisateurs, bien que son bref moment de gloire se soit estompé depuis. Plus récemment, il a participé à une tentative de relance de l'application Vine, baptisée Byte.

Par ces expériences, Dom s'est forgé son idée propre du fonctionnement d'un réseau social, d'une communauté. Il a, entre autres, compris que le lore, l'univers fictif, soude les participants d'une aventure autour d'une culture et d'une histoire commune.

Ingénieur logiciel, Hofmann a porté un œil attentif au monde des crypto-monnaies au fur et à mesure de son évolution, creusant occasionnellement certains projets pour mieux comprendre leur fonctionnement et leur portée.

Notamment captivé par les applications offertes par les smart contracts du réseau Ethereum, il s'initie à Solidity en décembre 2020.

Au fur et à mesure de son apprentissage, il s'intéresse de plus en plus à l'utilisation des tokens non fongibles dans le but d'inspirer des projets créatifs décentralisés et décide de créer Supdrive, une console de jeu fantastique opérant sur la blockchain Ethereum, en aout 2021.

En mars, il lance Blitmap, lequel est décrit comme un « univers fantastique participatif » et qui servira de modèle pour ce que Loot allait devenir.

Feuille de route du projet Blitmap

 

L'idée est d'utiliser les Blitnauts et leurs antagonistes en tant que base d'une sorte d'équivalent numérique du Marvel Cinematic Universe, en transformant les personnages en produits dérivés et en jeux issus d'un multivers cohérent.

Le projet a connu un certain succès, le Blitmap le moins cher coûtant à l'heure de l'écriture de ces lignes 10 ETH (environ 38 000 euros). Mais plus important encore, il a préparé le terrain pour ce qui allait suivre…

👉 À lire : La plateforme OpenSea traite désormais 98 % du volume total des tokens non fongibles (NFTs)

Une expérience participative

En effet, Hofmann était depuis longtemps animé par une idée : créer une aventure purement textuelle, proche de celle ayant servi de base à certains jeux narratifs comme Donjons & Dragons.

Depuis le lancement de Blitmap, Hofmann réfléchissait à d'autres moyens de favoriser l'épanouissement de communautés participatives au sein des jeux et de l'art.

Dans le cadre du développement de ce qu'allait devenir Loot, il coda un générateur d'objets aléatoires : un logiciel renvoyant les noms de diverses armes, pièces d'armure et accessoires.

Le concept était simple : laisser les participants minter des NFTs issus de ce générateur afin de voir ce qui en découlerait. Ce faisant, il laisserait libre cours à l'improvisation de son programme, favorisant l'expérience participative de créations uniques.

De même, il ne fournirait aucune directive artistique ni aucune instruction. Il offrirait simplement ces « sacs » d'objets numériques gratuitement, sans frais de transaction, à quiconque souhaiterait les générer.

Son but était clair : inverser le processus créatif des NFTs afin de laisser les collecteurs créer ensemble leur listes, leur univers, leur narratif et finalement leur jeu.

C'est une approche ascendante. Au lieu que le créateur apporte de la valeur au NFT après sa création, il laisse la communauté décider de sa valeur. Ainsi, la valeur du NFT n'est plus liée à la subjectivité des collectionneurs, mais à la créativité et l'engagement de la communauté.

En ce sens, Ethereum fonctionne sur le même modèle : vous pouvez aller sur GitHub et coder, apporter de nouvelles idées à Ethereum en écrivant une proposition pour une nouvelle EIP.

C'est dans ce contexte que nait Loot, un projet qui allait déclencher une hype importante dans le monde des NFTs.

Dans le second opus de cette série dédiée à Loot, nous verrons comment la communauté a réagi à cette nouvelle proposition de valeur et quelles innovations ce projet a-t-il suscitées.

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A propos de l'auteur : Bela Le Tiec

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Alberto

"Son but était clair : inverser le processus créatif des NFTs afin de laisser les collecteurs créer ensemble leur listes, leur univers, leur narratif et finalement leur jeu"
J'ai une autre hypothèse, c'est juste un informaticien fainéant qui a parfaitement saisi que la génération narcisse pretendument hyper créative (à defaut d'un reel talent) a pris le dessus....pour le pire.... Mais chut , il ne faut pas le dire .
Dépêchez-vous de nous amener vers votre néant ,qu'on puisse rebatir quequechose de solide svp