Sorti le 26 mars sur Nintendo Switch, le jeu vidéo Cooking Mama Cookstar fait déjà beaucoup parler de lui, non pas pour la qualité de son contenu, mais parce qu'il serait utilisé pour du cryptojacking.

Les rumeurs ont depuis été démenties par les développeurs, mais l'histoire autour d'un jeu à l'apparence si mignonne accusé de mining à l'insu de ses joueurs mérite d'être analysée.

 

De lourdes accusations

Dès sa mise en ligne, des rumeurs inquiétantes au sujet du jeu vidéo se sont rapidement répandues. Dimanche 5 avril, un tweet présentant une capture d'écran d'un chat Discord a circulé sur Twitter, diffusant des affirmations selon lesquelles le jeu utilisait les consoles des joueurs pour miner de la cryptomonnaie et potentiellement diffuser des informations sur les utilisateurs.

La rumeur affirmait que ces activités entraîneraient un pic de trafic sur le réseau Switch et une forte diminution de la durée de vie des batteries, et qu'elles provoqueraient une surchauffe de la console. Malheureusement pour Cooking Mama Cookstar, le tweet a été partagé massivement, près de 10 000 fois à l'heure de l'écriture de ces lignes.

Rapidement, le studio de développement derrière le jeu, 1st Playable a démenti les rumeurs sur Twitter en assurant qu'il n'y avait rien de louche dans le code :

En tant que développeurs, nous pouvons affirmer avec certitude qu'il n'y a pas de cryptomonnaie, de collecte de données, de blockchain ou autre chose de louche dans le code. La Nintendo Switch est une plateforme très sûre, sans les problèmes de données et de confidentialité associés à certains jeux pour PC et mobiles.

En réalité, toutes ces accusations seraient portées au cœur d'un litige entre son éditeur et les ayants droit de la licence...

Cooking Mama

 

Comment en est-on arrivé là ?

Quelques mois avant la sortie du jeu, l'éditeur du jeu, Planet Digital Partners, a révélé dans un communiqué que Cooking Mama Cookstar intégrerait la technologie de la blockchain.

Son intégration devait à l'origine délivrer à chaque copie du jeu un identifiant unique permettant une meilleure gestion des droits numériques. C'est cette particularité qui aurait apparemment déclenché les accusations.

Cependant, un développeur a témoigné à ScreenRant pour expliquer ce pour quoi la blockchain et les cryptomonnaies avaient été mentionné à l'époque :

Le communiqué traitant de la cryptomonnaie n'était guère plus que des mots à la mode. Le responsable de Planet Entertainment en sait très peu sur le sujet... il a juste mis un langage fantaisiste pour attirer les investisseurs potentiels qui aiment ce genre de choses.

Lorsque le jeu a été retiré de la vente, de nombreux internautes ont alors cherché à en connaître les raisons. C'est alors que l'accusation de cryptojacking a fait le plus grand bruit et a semblé être la plus probable.

Selon ce même développeur, la véritable raison du retrait du jeu de la vente est due à une lutte entre l'éditeur et le détenteur de la propriété intellectuelle :

Il y a une bataille juridique entre l'éditeur, Planet Entertainment et le détenteur de la propriété intellectuelle, Office Create... Planet Entertainment a sorti le jeu contre une requête d'Office Create de continuer à peaufiner le jeu, voire de l'annuler.

👉 À lire sur le même sujet : Microsoft : une fonctionnalité Edge pour contrer le cryptojacking.

 

Toute cette histoire malheureuse pour un jeu familial et aussi innocent a donc en réalité été provoquée par une utilisation à unique but marketing des termes « cryptomonnaies » et « blockchain ».

Cette fâcheuse expérience aura peut-être pour effet de réduire les utilisations de ces termes à tout-va juste pour attirer l’œil des investisseurs.

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Depuis 2017, je m'intéresse au Bitcoin, aux cryptomonnaies et à la technologie blockchain associée. Je crois fermement en ces innovations technologiques et qu’elles révolutionnent déjà de nombreux secteurs.
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