Une volonté de réguler le secteur des cryptomonnaies

Ce vendredi 11 juin, la Banque centrale sud-africaine a publié une étude sur le positionnement du pays au sujet des cryptomonnaies. Mené par le groupe de travail intergouvernemental sur les technologies financières (IFWG) et sous l'égide du groupe de travail sur la règlementation des actifs cryptographiques (CAR WG), ce papier est une feuille de route pour la règlementation des cryptomonnaies.

Jusqu'à ce jour, l'Afrique du Sud a plutôt été méfiante à l'égard du Bitcoin (BTC), tout en restant très neutre et détachée. Cependant, l'écosystème des cryptomonnaies évolue à grande vitesse et depuis quelques mois, ses utilisateurs se multiplient. C'est ce constat qui a poussé le pays à revoir sa politique à ce sujet.

Les chercheurs à l'origine de cette étude ont notamment pointé du doigt deux facteurs déclencheurs. D'abord, le fait que l'industrie soit maintenant composée de plus de 10 000 cryptomonnaies différentes et ensuite, que les volumes d'échanges journaliers atteignent en moyenne 200 milliards de dollars.

« L'IFWG et la CAR WG s'accordent à dire que les cryptomonnaies ne peuvent pas rester en dehors du champ de règlementation de l'Afrique du Sud. Nous conseillons à notre pays d'adopter une approche progressive pour règlementer cette classe d'actifs, en s'attaquant notamment aux plateformes d'échange » peut-on lire dans ce rapport.

Néanmoins, l'IFWG reste très pragmatique ; les cryptomonnaies demeurent « intrinsèquement risquées et volatiles », et les pertes financières potentielles encourues par les activités associées sont élevées. C'est pourquoi ils militent pour qu'un cadre règlementaire structuré soit progressivement mis en place.

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Une liste de recommandations

Six principes fondamentaux guideront l'approche évolutive du pays. Il s'agit d'adopter une « perspective fondée sur les activités » pour accompagner les décisions des régulateurs, en conservant cette approche très neutre de l'Afrique du Sud, permettant d'être le plus objectif possible ; de mettre en œuvre des mesures proportionnelles au risque ; d'adopter une approche collaborative de la règlementation des cryptomonnaies ; de se tenir au courant des meilleures pratiques internationales ; et d'encourager la culture financière numérique chez les consommateurs.

Le document pose également sur la table 25 recommandations sur la manière de règlementer les cryptomonnaies. Celles-ci sont en relation avec trois principaux domaines qui préoccupent le pays africain : la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, les lois financières transfrontalières et l'application des lois du secteur financier.

Cette dernière implique que ce sera à l'autorité sud-africaine de conduite du secteur financier de veiller à prévenir les abus. Par exemple, en cas de fraude ou de mauvaise conduite sur le marché des cryptomonnaies, cette organisation sera à même de prendre des mesures contre les auteurs de ces actes.

L'IFGW émet quelques points de vigilances sur certains domaines de l'industrie des cryptomonnaies, notamment la finance décentralisée (DeFi), considérée comme un inconvénient et non comme une opportunité. Selon le rapport, ce secteur « prive les consommateurs et les traders de tout recours à une autorité ou une entité centralisée pour résoudre leurs problèmes ».

À choisir entre bannir les cryptomonnaies, les réguler, ou ne rien faire, l'Afrique du Sud semble vouloir se diriger vers une régulation progressive de cette classe d'actifs. Cette décision, qui pourrait être perçue comme un pas en avant dans l'adoption des cryptomonnaies, témoigne en fait d'un manque de maturité. En effet, les anciens arguments scabreux ont toujours la peau dure ; le terrorisme, le blanchiment d'argent ou même les pyramides de Ponzi.

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A propos de l'auteur : Lilian Aliaga

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Rédacteur freelance situé entre Paris et Toulouse. Je souhaite partager ma passion pour l’univers des cryptomonnaies au plus grand nombre. Je m’intéresse également à l’analyse technique et au trading.
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