Lors d'une récente interview donnée au Financial Times, le CEO de MasterCard, Ajay Banga, a détaillé ce pour quoi le géant des paiements a décidé de se retirer de l'Association Libra en octobre dernier.

 

Un fonctionnement douteux

Banga a relevé quelques incohérences dans la façon dont la Libra se présentait. Bien qu'elle se considère comme un outil d'inclusion financière, l'utilisation du wallet Calibra ne lui paraît pas pertinente :

Pour l'inclusion financière, le gouvernement doit vous payer dans cette monnaie, vous devez la recevoir comme un instrument que vous pouvez comprendre, et vous devez pouvoir l'utiliser pour acheter du riz et des vélos. Si vous êtes payé en Libra ... qui va à Calibra, qui revient en livres sterling pour acheter du riz, je ne comprends pas comment cela fonctionne.

Une autre préoccupation du PDG de MasterCard était le modèle économique de la Libra. Selon lui, la façon avec laquelle l'Association tirerait des bénéfices avec l'exploitation de la Libra reste floue et préoccupante :

Quand vous ne comprenez pas comment l'argent est gagné, il est gagné d'une manière que vous n'aimez pas.

Ajay Banga a également ajouté qu'il s'inquiétait du fait que certains membres de l'association ne s'engageaient pas fermement à respecter les procédures de vérification d'identité des clients (KYC), de lutte contre le blanchiment d'argent (AML) ou encore la gestion des données utilisateurs.

 

Les CBDC également critiquées

Protégeant les intérêts MasterCard, Ajay Banga a profité de cette interview pour sévèrement critiquer tous les efforts déployés par de nombreux gouvernements pour mettre en place des systèmes de paiement nationaux utilisant des monnaies numériques de banque centrale (CBDC) :

Le coût économique de la construction de systèmes de paiement cloisonnés dans un monde où les citoyens voyagent dans le monde entier est vraiment stupide, et où la criminalité voyage dans le monde entier est encore plus stupide, et où la technologie est complètement mondiale est encore trois fois plus stupide.

MasterCard a quitté le projet Libra parallèlement à son principal concurrent Visa en octobre dernier. Sans préciser à ce moment-là les raisons de son départ, un porte-parole de Visa avait lui affirmé que la société s'était retirée parce que le projet ne satisfaisait pas toutes ses attentes réglementaires.

👉 À lire sur le même sujet : Visa, MasterCard, eBay et Stripe abandonnent le projet Libra.

 

Sur les 28 membres initiaux qui devaient constituer le comité directeur de la Libra, 8 d'entre eux se sont retirés à l'heure de l'écriture de cet article. Le géant britannique des télécommunications Vodafone Group a été le dernier à partir en janvier, décidant de se concentrer sur son propre service de paiement numérique.

En plus des doutes qui planent autour du fonctionnement de la Libra, certaines des entreprises ayant quitté le projet avaient reçu des avertissements de la part de politiciens américains les mettant en garde contre toute affiliation avec le projet de Facebook.

Newsletter 🍞
Recevez un récapitulatif de l'actualité crypto chaque dimanche 👌 Et c'est tout.

A propos de l'auteur : Clément Wardzala

twitter-soothsayerdatatwitter-soothsayerdata

Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
Tous les articles de Clément Wardzala.

guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments