Willkommen, lieber Bitcoin !

Dès aujourd'hui, une loi entrera en vigueur, autorisant les fonds spécialisés (Spezialfonds) à placer jusqu'à 20% de leurs avoirs sur Bitcoin et d'autres cryptomonnaies. C'est une avancée conséquente pour l'adoption des cryptomonnaies par les institutions financières allemandes.

Au total, environ 4 000 fonds d'investissement pourront désormais investir dans le secteur crypto,  selon Sven Hildebrandt, PDG de la société allemande Distributed Ledger Consulting (DLC).

« C'est sacrément énorme, » a commenté Hildebrandt.

D'après Bloomberg, ces Spezialfonds ne sont cependant accessibles qu'aux investisseurs institutionnels tels que les fonds de pension et les compagnies d'assurance. Ces entités géreraient actuellement environ 1 800 milliards d'euros (2 100 milliards de dollars).

« La plupart des fonds resteront initialement bien en dessous de la barre des 20% », a déclaré Tim Kreutzmann, expert en crypto-actifs au BVI, l'organisme allemand du secteur des fonds.

Hypothétiquement, si seulement 10% de ce capital se retrouve investi dans Bitcoin (BTC), cela représenterait un volume d'achat de 180 milliards d'euros.

Au prix actuel du Bitcoin (33 152,63 euros au moment d'écrire ces lignes), un tel investissement permettrait aux fonds allemands de mettre la main sur plus de 5 millions de jetons BTC.

Mais cette adoption ne s'opérera pas en un éclair. Il est très probable que ces fonds ne s'exposent aux cryptomonnaies que partiellement, et de manière graduelle. En effet, les acteurs financiers allemands ne sont pas du genre à faire all-in sur un actif et cultivent une vision long-terme et prudente en termes d'investissement.

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Percée timide et crainte de la volatilité

Selon Kamil Kaczmarski, conseiller en services financiers chez Oliver Wyman LLC, la volatilité des actifs numériques pourrait ne pas être attrayante pour les investisseurs allemands, qui sont traditionnellement très prudents, voire conservateurs.

Historiquement, les fonds institutionnels se montrent précautionneux envers la volatilité depuis le traumatisme de l'hyperinflation monétaire qui a frappé l'économie de la République de Weimar en 1923. Par ailleurs, on peut noter qu'en allemand, le mot « shulden » ( « dette » ) possède une connotation proche des mots  « blâme » ou « culpabilité ».

Ce phénomène est similaire a celui qu'a connu la monnaie vénézuélienne ces dernières années, causant une accélération de l'adoption des cryptomonnaies dans le pays.

Hyperinflation Weimar

Hyperinflation du mark allemand après la Première Guerre Mondiale

 

Cependant, la volatilité de la valorisation du mark fut causée par sa nature inflationniste, inhérente aux monnaies fiat, couplée à une économie d'après-guerre en grande difficulté. Ce n'est pas le cas du Bitcoin, mais sa propension à  changer de valeur de façon abrupte et impulsive peut sembler surprenante en apparence, créant une potentielle aversion de la part des institutionnels.

Pourtant, elle n'est en rien similaire à celle connue par le mark allemand dans les années 20. Ce sont là deux volatilités de natures différentes.

L'une est la conséquence structurelle de l'émission massive d'une monnaie décorrélée de son étalon dans un contexte de dépression économique. L'autre est la conséquence des fluctuations d'offres et de demandes d'un actif numérique décentralisé au stock limité et immuable.

Alors que le modèle d'émission des jetons Bitcoin se veut proche d'un concept déflationniste, ne serait-il pas légitime d'un point de vue fondamental de s'intéresser à cet actif afin de s'écarter du cycle inflationniste des monnaies fiduciaires classiques ?

Inflation monétaire BTC

Modèle de création monétaire du Bitcoin (BTC)

 

Les institutionnels allemands s'ouvriront aux cryptomonnaies

Pour sa part, Kamil Kaczmarski pense que les Spezialfonds pourraient probablement expérimenter les cryptomonnaies à des échelles d'investissement modérées, sans approcher le seuil de 20%, pendant au moins 5 ans.

Si l’adage soutient que l’appétit vient en mangeant, qu'en sera-t-il de l'attrait des fonds institutionnels allemands envers les cryptomonnaies ?

Il est plausible que leur appétence pour le Bitcoin, l'Ether et d'autres crypto-actifs se développe au-delà de ce que nous pourrions imaginer dans les mois et années futures.

👉 Pour aller plus loin – L’entreprise allemande SynBiotic achète du Bitcoin (BTC) pour se « protéger de la dévaluation de l’euro »

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A propos de l'auteur : Bela Le Tiec

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