Exaion : MARA aurait caché ses intentions de minage en France, selon une plainte déposée aux États-Unis

Une plainte déposée à New York affirme que MARA aurait volontairement laissé le minage de Bitcoin hors du récit présenté en France pour faire accepter son rachat d’Exaion. Alors que l’opération était défendue autour de l’IA et du calcul haute performance, le mandat confié par MARA à François Garcin aurait explicitement couvert le développement de data centers destinés au minage.

Exaion : MARA aurait caché ses intentions de minage en France, selon une plainte déposée aux États-Unis

Le mandat de MARA aurait intégré le minage de Bitcoin dès le départ

Le 20 février 2026, MARA a finalisé l’acquisition de 64 % d’Exaion, une ancienne filiale d’EDF spécialisée dans le cloud sécurisé, l’intelligence artificielle et le calcul haute performance (HPC). L’entreprise américaine a investi 148 millions d’euros dans cette opération, dont 115 millions dans de nouvelles actions et 33 millions pour racheter des titres existants.

Une plainte déposée le 22 juillet devant le tribunal fédéral du district sud de New York apporte toutefois une autre lecture de ce rachat. François Garcin et plusieurs sociétés qui lui sont liées poursuivent MARA pour obtenir le paiement d’honoraires liés à son implantation en France.

💡 Tout comprendre au rachat d'Exaion par MARA

Selon le document, le mandat signé le 22 juin 2025 portait sur l’acquisition d’Exaion et sur de possibles partenariats avec de grands énergéticiens. Il aurait également couvert le développement de data centers destinés au minage de Bitcoin, alors que cette activité ne semble pas avoir été présentée dans les négociations avec EDF et l'État français.

extrait-plainte-garcin-mara-exaion

Extrait de la plainte déposée par François Garcin et ses sociétés contre MARA

 

Garcin affirme avoir organisé des échanges avec EDF, TotalEnergies, Engie, RTE et d’autres acteurs afin de développer des infrastructures de calcul et de minage de Bitcoin. Son contrat prévoyait un forfait de 2,4 millions d’euros, versé en 12 mensualités de 200 000 euros, ainsi qu’une commission représentant 4 % des investissements de MARA dans Exaion.

Les plaignants réclament désormais 11,32 millions d’euros. Ce montant comprend 6,92 millions d’euros qu’ils considèrent déjà dus et 4,4 millions supplémentaires, conditionnés à un nouvel investissement de 110 millions d’euros envisagé en 2027.

Recevez jusqu'à 500 $ en bonus en déposant des fonds sur eToro

Publicité – Investir dans les cryptomonnaies est risqué et ne convient pas à tout le monde - Vous pourriez perdre la totalité de votre investissement. Comprenez les risques ici

Le récit de l’IA aurait servi à faire accepter l’arrivée de MARA en France

Les communiqués publiés par EDF et MARA présentaient Exaion comme un futur acteur européen du cloud sécurisé, de l’IA et du calcul haute performance. Bien que moins importantes que le minage, ces activités existent réellement au sein de l’entreprise, mais la plainte suggère qu’elle aurait aussi fourni un récit politiquement plus acceptable en mettant le Bitcoin volontairement de côté.

Garcin affirme notamment avoir été chargé de convaincre Emmanuel Macron et plusieurs responsables français que l’arrivée de MARA ne constituait pas un « cheval de Troie » américain. Ses démarches auraient impliqué l’Élysée, Matignon, Bercy, le Trésor et le service chargé du contrôle des investissements étrangers en France.

La plainte affirme :

blockquote icon

Thiel a demandé à Garcin de « fermer la porte » aux autres candidats souhaitant nouer un partenariat avec la France, « avec un énorme fracas », et de convaincre le président Emmanuel Macron ainsi que les autres parties prenantes françaises que l'arrivée en France d'une entreprise américaine comme MARA ne constituait pas un cheval de Troie, mais représentait au contraire un avantage stratégique.

Gérard Mestrallet, ancien PDG d’Engie recruté comme conseiller par Mara au mois d'août 2025, aurait ainsi évoqué auprès d’un haut responsable français un investissement de 4 milliards d’euros dans des data centers en 3 ans, puis de 10 milliards d’euros sur 5 à 7 ans. Un projet de lettre destiné à EDF présentait également la stratégie de MARA comme allant des électrons à la « Token Economics », reliant directement l’électricité française aux usages de Bitcoin.

📰 À lire également dans l'actualité – Un mineur de Bitcoin fait faillite, alors que des États misent gros sur le minage, un signe de centralisation ?

La plainte révèle :

blockquote icon

Le 29 juin 2025, Garcin a rédigé les principaux éléments d'une lettre diplomatique destinée à la direction d'EDF, affirmant qu'« EDF représente un partenaire stratégique majeur pour MARA, tant en Europe et en France que sur d'autres marchés », et que MARA souhaitait établir « un partenariat global, allant des électrons à la tokenomics ». Garcin a également coordonné la stratégie liée à la candidature auprès d'Exaion, en recommandant que la lettre d'intention soit « signée par [Khan et Thiel] dans leurs fonctions respectives de président [...] et de directeur général [...] de MARA France ».

Fred Thiel, le CEO de MARA, aurait de son côté demandé à Garcin de « fermer la porte » aux entreprises concurrentes souhaitant travailler avec la France. Après plusieurs réunions organisées à Paris, il l’aurait félicité pour la « conquête de la Gaule » avant d’appeler à consolider ces relations afin d’empêcher d’autres acteurs d’accéder aux mêmes partenaires.

Obtenez 10 $ en BTC en achetant un wallet Ledger pour protéger vos cryptos
Publicité

Que fera l'État français si MARA a réellement masqué son projet ?

Interrogé par Cryptoast, Bastien Desteuque, président de l'Institut National du Bitcoin (INBi), nous a fait part de son scepticisme quant à l'impact réel que pourraient avoir ces révélations sur le dossier Exaion. Selon lui, une réaction du gouvernement dépendra surtout de l'écho politique et médiatique de l'affaire :

blockquote icon

"Vont-ils juste ignorer l'affaire ?" Cela dépendra de l'écho. Lorsque toute la classe politique s'est mobilisée contre le rachat, notamment avec la clause de non-concurrence […] le gouvernement a fait retirer cette clause en disant que c'était grâce à son action.

Une controverse ne suffit pas à annuler une vente finalisée, et rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que les conditions de l'autorisation ont été violées, mais si MARA a bien présenté son arrivée en France en minimisant volontairement la place du minage de Bitcoin, la question devient politique autant que juridique. Avant même d'évoquer une sanction, l'État français devra surtout dire s'il avait connaissance de cette stratégie, et s'il estime toujours que l'opération a été validée sur des bases suffisamment claires.

Source : Plainte contre Mara

La Newsletter crypto n°1 🍞

Recevez un récapitulatif de l'actualité crypto chaque jour par mail 👌

Certains contenus ou liens dans cet article peuvent être de la publicité ou de l'affiliation. L'investissement dans les actifs numériques présente un risque de perte en capital totale ou partielle. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. N'investissez que ce que vous êtes prêts à perdre.

guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
Voir plus
Tout voir

Cryptoast

Le site qui explique tout de A à Z sur le Bitcoin, la blockchain et les crypto-monnaies. Des actualités et des articles explicatifs pour découvrir et progresser dans ces secteurs !


Les articles les plus lus

La crise des Bitcoin Treasuries s'aggrave

La crise des Bitcoin Treasuries s'aggrave

« Michael Saylor est le prochain Rockefeller », affirme un analyste pro-Bitcoin

« Michael Saylor est le prochain Rockefeller », affirme un analyste pro-Bitcoin

Ethereum : plus aucun délai d'attente pour retirer ses ETH en staking - Le signe d'un bottom pour l'Ether ?

Ethereum : plus aucun délai d'attente pour retirer ses ETH en staking - Le signe d'un bottom pour l'Ether ?

Movement Labs (MOVE) déclare sa faillite dans l'indifférence générale

Movement Labs (MOVE) déclare sa faillite dans l'indifférence générale