Cela fait plusieurs mois que des bruissements faisaient sentir l’intérêt de certains pays européens pour une monnaie numérique basée sur l’euro, notamment en France et en Allemagne. Les Pays-Bas viennent quant à eux d’aller plus loin : ils souhaiteraient que l’e-euro soit testé sur leur territoire.

 

Les Pays-Bas, leaders de l’e-euro ?

Après la France et l’Allemagne, la déclaration d’intention de la banque centrale des Pays-Bas a été particulièrement nette. Elle a pris la forme d’un rapport de 45 pages, qui explique le positionnement du pays en ce qui concerne l’élaboration d’une monnaie numérique de banque centrale (CBDC) basée sur l’actif européen. Les Pays-Bas expliquent qu’ils représentent le territoire idéal pour tester cet « e-euro », parce que ses habitants sont déjà en train de se débarrasser de la monnaie « physique ». Actuellement, deux tiers des paiements qui ont lieu dans le pays sont des paiements numériques.

D’où cette affirmation de la banque centrale : les Pays-Bas sont « prêts à jouer un rôle de premier plan » pour tester et élaborer cet e-euro. Que ceux qui rêvent la France en havre pour l’euro numérique se rassurent cependant : l’étude précise qu’un e-euro ne pourra pas exister sans collaboration de la part des états membres de l’Union européenne.

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Une banque centrale particulièrement pro-crypto

À l’heure où la plupart des banques centrales se montrent intriguées par les actifs numériques, mais avec une très grande méfiance, il est assez rafraîchissant de voir le parti-pris de la banque centrale néerlandaise, qui ne se prive pas de faire l’éloge des crypto-monnaies. Elle explique entre autres sont intérêt pour les smart contracts, qui pourraient selon elle aider à sécuriser une future monnaie numérique de banque centrale et augmenter son attrait :

« Un système de smart contracts avec une logique complexe pourrait potentiellement favoriser la demande pour une CBDC et offrir des opportunités de réduire les coûts de transaction. En ce sens, il pourrait contribuer à la diversité et à l’innovation du marché de paiement. »

La banque centrale des Pays-Bas confirme en tout cas que cet « e-euro » se devra d’être plus programmable que le Bitcoin, qui montre selon elle des limitations. Mais n’allez pas y voir un système décentralisé : le rapport indique qu’il s’agit d’un aspect idéologique dont un e-euro devra se passer :

« La solution entièrement décentralisée du Bitcoin par exemple, avec une validation [des transactions] décentralisée, a été en partie créée à cause d’une idéologie. […] Mais il ne semble pas nécessaire pour une CBDC de faire ces sacrifices. »

On retrouve bien là l’attitude classique des banques centrales, malgré une ouverture apparente de celle des Pays-Bas. Elles peuvent apprécier les cryptos… À condition que celle qu’elles créent soit très centralisée autour de systèmes existants. Pour autant, la banque centrale suggère qu’un anonymat est souhaitable pour l’e-euro, afin de le rapprocher des espèces.

 

C’est en tout cas la première fois qu’un pays européen esquisse une déclaration d’intention aussi détaillée en ce qui concerne l’élaboration d’une CBDC. De son côté, la France s’est elle aussi avancée dans la course à l’e-euro : elle a débuté à la fin mars sa phase de test pour la création d’une monnaie numérique de banque centrale. Reste à voir si les pays de l’Union européenne parviendront à s’accorder sur un modèle, afin de proposer une solution à l’échelle du continent.

👉 Dans le monde,d’autres projets se concrétisent : 6 banques centrales s’associent pour travailler sur les monnaies numériques

 

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A propos de l'auteur : Marine Debelloir

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Intriguée par le Bitcoin depuis plusieurs années, je me suis prise de passion pour les crypto-monnaies et les technologies novatrices qui en découlent. J’aime dénicher les infos les plus croustillantes pour les partager avec vous et aider à démocratiser cet univers passionnant. Mais je ne m’arrête pas là ! J'aime également analyser les projets liés aux cryptos et aux blockchains, qui me fascinent tout autant.
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