Crypto Brunch – 04 Août 2019

Crypto Brunch - Toute l'actu crypto, bitcoin et blockchain de la semaine

 

Bonjour et bienvenue dans le Crypto Brunch. Je partage avec vous chaque dimanche un condensé de l’actualité crypto de la semaine.

C’est parti ! 😃

  1. Libra, seule contre tous
  2. Doit-on réglementer le Bitcoin ?
  3. Les États-Unis se préparent
  4. Tether, un succès chinois
  5. Le projet de l’Afrique

Libra, seule contre tous

 

Facebook Libra

 

Libra est un sujet qui revient régulièrement sur la table dans les communautés crypto. Bien qu’elle n’offre pas d’espérance de gain pour les spéculateurs, elle représente la première tentative d’une monnaie numérique basée sur une blockchain pour concurrencer les monnaies fiduciaires. Son échec ou sa réussite en dira long sur celles qui la suivront.

C’est notamment avec beaucoup de véhémence qu’elle se heurte au Roi Dollar. Facebook a d’ailleurs annoncé clairement à ses investisseurs que le projet peut potentiellement être annulé si les autorités réglementaires ne peuvent se mettre d’accord avec Facebook. C’est ce qui est en train de se profiler avec la proposition de loi “Keep Big Tech Out of Finance Act” qui comme son nom l’indique viserait à empêcher les grosses entreprises de se mettre à créer de la monnaie. Sans quoi des amendes annuelles de plusieurs centaines de millions de dollars seraient appliquées.
Quoi qu’il en soit un report du projet est de plus en plus probable et serait un moindre mal pour permettre à la Libra de voir le jour.

“Le projet Libra a fait l’objet d’un examen minutieux de la part des gouvernements et des organismes de réglementation dans plusieurs juridictions et nous nous attendons à ce que cet examen se poursuive. En outre, l’acceptation de cette devise par le marché est sujette à une grande incertitude. Par conséquent, rien ne garantit que la Libra ou nos produits et services associés seront disponibles en temps opportun ou qu’ils le seront.”

Un projet qui ouvre la voie à des concurrents comme Walmart, le géant américain de la distribution, qui a tout récemment déposé un brevet pour un stablecoin adossé au dollar et permettant l’accès à quelques services bancaires pour les partenaires de l’enseigne.
Bien que la plupart des entreprises prennent des gants, à l’instar de Samsung qui a démenti les rumeurs sur son Samsung Coin, ce sont les pays eux-mêmes qui deviennent de nouveaux rivaux.
Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, a appelé son pays à riposter face à cette attaque américaine contre la souveraineté économique chinoise en créant une crypto-monnaie nationale. Projet en chantier.

“Le pouvoir d’un pays est toujours plus fort qu’une entreprise du Web.”

Ceci irait notamment de paire avec les projets des BATX (Les grandes entreprises technologiques de Chine – Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi). Chacune à l’exception de Xiaomi a déjà des projets ambitieux concernant l’utilisation de la blockchain. Alipay étant par exemple un moyen de paiement utilisé par plus d’un milliard de personnes chaque mois, 230 millions par jour ! WeChat Pay étant quant à lui employé par 200 millions d’utilisateurs quotidiennement et également un milliard par mois ! Des réseaux absolument immenses. Le déploiement de services de blockchains sur ces applications permettrait de toucher un pourcentage significatif de la population mondiale. D’autant plus que ces services commencent à se développer hors d’Asie et notamment en France.

Plus d’informations sur le sujet : Facebook admet que la Libra ne sera peut-être jamais lancée


Doit-on réglementer le Bitcoin ?

 

 

C’est une question qui a lieu d’être posée. Le FCA (AMF britannique) a récemment statué sur la question et en a conclu que bien que les stablecoins et les jetons numériques peuvent être et seront réglementés, ce ne sera pas le cas des deux principales crypto-monnaies : Bitcoin et Ethereum.
Le document qu’a partagé le FCA déclare qu’ils voient ces deux cryptos comme des “jetons d’échange” (pour ne pas les appeler pièces, ndlr), globalement décentralisés et utilisés principalement comme un moyen d’échange. Ils stipulent donc que ces deux grandes cryptos échapperont à leur juridiction réglementaire.

Comme énoncé plus haut, ce ne sera pas le cas des autres crypto-monnaies. Les stablecoins et autres security tokens sont en effet assimilables à des instruments financiers classiques ce qui les place immédiatement sous des lois déjà en vigueur. Concernant les jetons, ceux-ci seront réglementés si ils finissent classifiés en tant que e-money.
Il est intéressant de connaître les mesures prises par le chien de garde britannique car elles permettent d’envisager celles qui seront prises par leurs pays voisins. À noter cependant que le Royaume-Uni est de tradition protestante et est donc bien plus libéral que la France, laquelle se montrera sûrement plus sévère.

L’avis sur le Bitcoin est d’ailleurs pour l’instant globalement partagé par le Congrès américain et par le Comité sénatorial des banques des États-Unis.
Ces derniers se sont entendus sur la complexité qu’entrainerait une interdiction du Bitcoin.

“Si les États-Unis décidaient, et je ne dis pas qu’ils devraient le faire, de ne pas vouloir que les crypto-monnaies se propagent aux États-Unis et d’essayer de les interdire, je suis plutôt convaincu que nous ne pourrions y parvenir, car c’est une innovation mondiale. – Mike Crapo, sénateur

Il serait en effet grandement préjudiciable de mettre de côté une technologie dont l’adoption progressive se fait mondialement, là où les États-Unis pourraient facilement faire parti des leaders.
Bien qu’un bannissement soit exclu, ils insistent toute fois pour mettre en place des régulations et ne pas laisser libre court à cette économie secondaire.

Plus d’informations sur le sujet : Sénateur américain : “Nous ne pouvons pas bannir le Bitcoin”


Les États-Unis se préparent

 

Département de la Défense

Le Département de la Défense américaine est clairement un lieu d’innovation via la DARPA. Après avoir participé à la création de l’Internet que nous connaissons, ils déploient une stratégie de modernisation numérique.
Parmi ces mises à niveau on peut compter l’intégration du cloud, de l’informatique quantique, de l’intelligence artificielle mais aussi de la blockchain !
Évidemment il ne s’agit pas là d’utiliser une crypto-monnaie. L’utilisation de cette technologie permettrait d’améliorer la sécurité des échanges en y appliquant la cryptographie pour les rendre inviolables. Un des points intéressant est qu’il forcerait les opposants à dépenser de grandes quantités de ressources pour accéder au réseau tout en étant par la suite immédiatement visible en cas d’altération.
L’un des projets demandé est de créer un code non-piratable car permettant de remonter immédiatement aux pirates responsables des tentatives de connexion.

“ Tout d’abord, les réseaux blockchain sont particuliers : ils supposent un compromis du réseau à la fois par les initiés et par les personnes de l’extérieur. Deuxièmement, les blockchains sont sécurisées de manière transparente : elles ne reposent pas sur des secrets susceptibles de provoquer des erreurs, mais sur une structure de données cryptographiques qui rend la falsification à la fois exceptionnellement difficile et immédiatement évidente.

Ce n’est pas le seul organisme gouvernemental qui s’intéresse aux blockchains.
La SEC, gendarme financier des USA, demande des devis auprès de sous-traitants afin d’obtenir des nœuds sur les réseaux Bitcoin, Ethereum, Bitcoin Cash, Stellar, Zcash, EOS, NEO et XRP.

À première vue difficile de comprendre la raison pour lesquelles un organisme de réglementation voudrait participer au réseau des principales crypto-monnaie. La réponse est double.
En premier lieu faire partie intégrante du réseau donne accès à des données de première main comme le hashrate, le nombre de transactions, la taille de la blockchain, etc … sans avoir à passer par un explorateur de blocs. En somme se passer de l’intermédiaire pour obtenir les données brutes.

L’autre raison est de pouvoir suivre les transactions plus facilement en cas d’évolution de la blockchain. Si l’on prend l’exemple de Bitcoin, sa prochaine évolution majeure serait l’adoption du Lightning Network (LN). Un réseau secondaire, plus rapide, moins cher mais aussi supposément anonyme. En effet, par son fonctionnement, seules trois types de personnes sont au courant d’une transaction sur le LN : l’émetteur, le destinataire et les nœuds par lesquels passent la transaction. Si la SEC parvient à devenir un des nœuds principaux, toutes les transactions passeront par elle et plus aucune ne serait anonymisée.
C’est l’une des craintes majeures du LN, faire croire à tout les utilisateurs que le réseau évolue vers l’anonymat alors qu’il évolue seulement vers plus de centralisation. L’éventualité de pouvoir surveiller les transactions dites de “seconde couche” justifierait à lui seul qu’un gendarme financier acquière un nœud.

Il est assez clair que les USA ne lâcheront pas l’affaire. S’il leur semble impossible d’arrêter les cryptos, autant les utiliser et les surveiller. 👁️👁️

Plus d’informations sur le sujet : L’armée américaine utilisera la blockchain pour sécuriser ses communications


Tether, un succès chinois

 

Crypto Tether (USDT) - Logo Cryptoast

 

L’USDT est connu pour être le principal stablecoin et bien qu’il soit intimement lié à BitFinex, la confiance globale dans cette crypto-monnaie ne faiblit pas.

Il s’avère que sa place dominante est même soutenue par une utilisation assez improbable. Chaque jour plus de 30 millions de dollars d’USDT sont achetés en Russie pour être envoyés en Chine. L’opération consiste à déposer du cash pour recevoir ensuite du Tether une fois en Chine, permettant ainsi de contourner les réglementation très strictes du pays en  matière de capital.

Auparavant, les échanges se faisaient principalement en Bitcoin car le marché y était globalement haussier. Cependant depuis le krach, il y a 18 mois, les stablecoins se sont imposés. Mais pourquoi utiliser l’USDT ? Plusieurs raisons apparaissent. Tout d’abord l’USDT n’impose pas de limite de quantité, n’importe quelle somme peut transiter. Il peuvent aussi être envoyés n’importe où, il existe où que l’on soit un moyen d’obtenir du Tether. Il est également la principale paire d’échange pour les crypto-monnaies, la plus active, ce qui permet d’en faciliter l’échange.

Rappelons que la demande chinoise en crypto-monnaie est un indicateur clé qui permettait en 2016 et en 2017 de justifier la croissance des prix. Aujourd’hui elle est toujours présente, créant même des premiums (différence de prix entre deux places de marché) sur l’USDT. Il se pourrait qu’au final toute cette demande vienne directement des commerçants chinois cherchant à outrepasser les réglementations de leur pays.

Tether a d’ailleurs annoncé son lancement sur le réseau Liquid Network. Une sidechain de Bitcoin plus rapide mais aussi plus centralisée. La prochaine étape consistera à intégrer le Lightning Network.

Par ailleurs, concernant iFinex, le verdict du procès a été reporté, iFinex devant transmettre d’avantage de documents.
BitFinex étant toujours en préparation pour lancer ses produits dérivés avec un levier allant jusqu’à x100.


Le projet de l’Afrique

 

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Un contient instable est souvent un lieu intéressant pour expérimenter toutes sortes d’innovations. Les crypto-monnaies sont l’une d’entre-elles.

Profitant d’une instabilité économique dû à une grande inflation, le Bitcoin devient un moyen de paiement de plus en plus utilisé sur le continent. C’est notamment le cas du Nigeria qui cumule 8% des transactions mondiales. Le Soudan, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya sont autant de pays où son utilisation croît.

L’un des enjeux du continent est de parvenir à gagner une stabilité économique, mise à mal par une exploitation continue de l’Afrique par les puissances étrangères et par les africains eux-mêmes. Un des moyens qui pourrait convenir serait l’instauration d’une monnaie pan-africaine. Ceci permettrait d’alléger les coûts du commerce interne et d’ainsi le renforcer tout en donnant enfin une souveraineté économique à un continent depuis longtemps sous tutelle. Elle permettrait surtout de regagner de la stabilité, politique comme économique, caractère indispensable à toute puissance qui cherche à perdurer.

Ce projet est en construction depuis plusieurs décennies mais n’a jamais su se développer via le dinar-or par exemple, projet avorté. Aujourd’hui l’Union africaine s’est engagée pour développer un projet d’intégration monétaire pour 2063.
En attendant que plus de quarante années passent pour atteindre l’objectif d’un continent uni, beaucoup d’africains doivent vivre au jour le jour avec une monnaie qui dépasse dans certains pays les 10% d’inflation.

C’est face à cette situation que les crypto-monnaies ont un rôle à jouer. Bien qu’elles soient aujourd’hui quasi-intégralement spéculatives, elles permettent néanmoins de se prémunir d’une inflation toujours croissante, d’économiser des frais de transactions bancaires ahurissants pouvant dépasser les 20% et d’avoir un portefeuille numérique là où 80% des ménages n’ont simplement pas de compte bancaire.
À l’instar du Venezuela, les intérêts directs des crypto-monnaies et notamment du Bitcoin sont très présents. Elles restent cependant des solutions volatiles et non-réglementées, là où une crypto-monnaie continentale pourrait vite s’imposer. C’est par exemple le projet de la crypto Afro.
Quoi qu’il en soit il faudra du temps avant que l’Afrique puisse s’unir, bien assez de temps pour analyser l’évolution des cryptos et développer leur utilisation.


Bon brunch !


Ryo

Rédacteur sur Cryptoast depuis début 2018, Ryo aime partager ses découvertes sur les cryptos et participer à la démocratisation du Bitcoin et de la Blockchain.

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