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Le fondateur et PDG du géant chinois des télécommunications Huawei, Ren Zhengfei, a déclaré que la Chine a la capacité de lancer sa propre cryptomonnaie native alors que l'incertitude réglementaire entourant le projet Libra de Facebook s'accroît au fil des semaines, a rapporté le 26 juillet le média chinois Sina.

 

Un concurrent sérieux pour la Libra ?

Faisant la remarque que les pays ont plus de pouvoir que les entreprises du Web, Zhengfei a déclaré que la Chine pourrait émettre sa propre cryptomonnaie et qu'elle pourrait rivaliser avec la Libra :

La Chine peut également émettre une telle monnaie par elle-même. Pourquoi attendre que d'autres le fassent avant ? Le pouvoir d'un pays est toujours plus fort qu'une entreprise du Web.

La semaine dernière, Dovey Wan, a souligné que la Libra de Facebook était temporairement devenue le deuxième sujet le plus important sur Weibo, l'équivalent chinois de Twitter. Elle a ajouté que d'après les données de Weibo, le sujet avait été consulté plus de 220 millions de fois et suscité des dizaines de milliers de commentaires.

 

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Traduction : La Libra a été le deuxième sujet à la mode sur Weibo, le Twitter chinois.
Contrairement à la première audience qui n'a pas fait beaucoup de bruit en dehors des groupes crypto,
[David] Marcus a admis dans la seconde que "Libra sera en compétition avec Alipay/Wechat"
ce qui aurait largement déclenché l'explosion de l'attention.

 

Il s'agit probablement d'une réponse aux craintes de la communauté chinoise qui craint que le projet de cryptomonnaie de Facebook, bien qu'il soit basé en Suisse et qu'il soit composé de partenaires mondiaux, puisse être utilisé pour nuire à l'économie et au statut politique de la Chine. En effet, si la Libra devait se concrétiser, on s'attend à ce que la panoplie de devises appuyant le stablecoin soit principalement composées de dollars américains.

Dans ses propos, Ren Zhengfei ne cherchait pas nécessairement à confronter son entreprise au géant des médias sociaux Facebook. Bien que Huawei ait fait d'importantes percées dans le domaine de la blockchain, notamment en rejoignant le consortium Hyperledger et en lançant un service de cloud computing soutenu par une blockchain, il a surtout souligné les progrès réalisés par la Chine en matière de technologie de la blockchain.

Outre Huawei, les autres géants chinois de la technologie, dont Alibaba, Tencent et Baidu, ont tous publié leurs propres projets liés à la blockchain. Notamment, Alibaba et Tencent qui sont respectivement les sociétés mères d'Alipay et WeChat Pay, sont largement considérées comme les principales rivales potentielles de la Libra.

 

Si la Chine décide elle aussi de lancer un projet d'une telle ampleur, ce sera avant tout, dans un premier temps, pour se protéger du projet de Facebook et de garder celui-ci hors du territoire. Le pays s'intéresse à nouveau sérieusement aux cryptomonnaies et la blockchain est déjà au cœur des plus grandes entreprises de l'état. Les moyens de lancer un projet similaire sont largement suffisants pour la Chine, surtout s'il se fait en coopération entre le gouvernement et les entreprises locales.

 

A propos de l'auteur : Clément Wardzala

twitter-soothsayerdatatwitter-soothsayerdataMail de Clément Wardzala

Français expatrié en Corée du Sud, je m'intéresse depuis plusieurs années au Bitcoin, aux cryptomonnaies et aux technologies blockchain associées. Je crois fermement en ces innovations technologiques et qu’elles révolutionnent déjà de nombreux secteurs.
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