CoinDesk a organisé une réunion virtuelle avec Yves Mersch, ancien gouverneur de la Banque centrale du Luxembourg et actuel membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Une réunion qui confirme l’intérêt de la BCE sur un euro numérique, appelé génériquement Monnaie Digitale de Banque Centrale (MBDC).

Yves Mersch a fait référence pendant son entretien à une enquête de la banque des règlements internationaux. Cette enquête a montré que 80% des 66 banques centrales interrogées travaillent sur les CBDC. La BCE en faisant partie non pas pour suivre un effet de mode, mais parce qu’elle devait être prête.

 

La BCE doit être prête à la transformation des paiements

L’une des raisons pour lesquelles les banques centrales se tiennent au courant des évolutions technologiques est la confiance que nécessite un moyen de paiement. Fournir de l’argent sûr et un moyen de paiement fiable fait partie intégrante du mandat et des activités des banques centrales.

Quand bien même 76% de toutes les transactions dans la zone euro sont effectuées en espèces, le débat du déploiement d'un euro numérique n’en demeure pas moins purement analytique.

Une CBDC de détail, accessible à tous, changerait la donne, donc une CBDC de détail est maintenant notre objectif principal,a déclaré Mersch.

Une CBDC de détail pourrait être basée sur un jeton numérique diffusé "de manière décentralisée", sans registre central, a précisé Mersch, bien qu'il ait arrêté de dire les mots "blockchain" ou "registre distribué".

Yves Mersch a reconnu que la traçabilité des transactions numériques soulèverait des problèmes de confidentialité. Notamment parmi une population habituée à payer certaines choses avec des notes papier.

Certaines questions juridiques renvoient également à la possibilité pour la BCE de sous-traiter des tâches publiques à des entités privées. S’ajoute qu’un euro numérisé permettrait d’atténuer les inconvénients des dépôts bancaires et autres intermédiaires, mais pourrait amplifier les effets des crises financières.

 

Des Français en bonne posture

La Banque de France était déjà dans les clous avec l’intervention en décembre 2019 de son gouverneur, François Villeroy de Galhau. Une intervention sur le thème de « la monnaie digitale de banque centrale et paiement innovants » qui a donné cette publication.

Une publication dans laquelle les avancées et défis dans le domaine des paiements ont été caractérisés. Une accélération sur les solutions de paiements ainsi que la proposition d’une monnaie digitale (MDBC) ont été abordées.

Au cœur des débats, l'utilisation d'un euro numérique dans les règlements interbancaires a donné lieu à un appel à candidatures. La date limite des dépôts étant le 15 mai 2020. L’avenir nous dira si cette expérimentation de l’usage d’un euro digital portera ses fruits.

 

La technologie financière d'aujourd'hui plus que d’autres périodes de l’Histoire modifient profondément les activités bancaires. Il ne s’agit pas simplement de transformer les paiements, mais la monnaie elle-même. Chacun sera libre de choisir son support, voyons maintenant qui choisira la monnaie digitale.

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A propos de l'auteur : Marie-Josée Bayerlait

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Diplômée d’expertise-comptable, la communication financière est mon dada. Néanmoins je dois mon « feu de Dieu » suite à la découverte de la culture cypherpunk derrière bitcoin ainsi qu’au merveilleux spectacle de satellisation exercé par les établissements financiers sur les crypto actifs. Il ne m’en a pas fallu plus pour écrire !
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