« Michael Saylor est le prochain Rockefeller », affirme un analyste pro-Bitcoin
Michael Saylor aurait compris l’importance de Bitcoin avant la majorité des investisseurs, comme John D. Rockefeller avait anticipé celle du pétrole. Pour Fred Krueger, ce rapprochement n’est toutefois pas seulement un compliment, car la réussite de Strategy pourrait finir par attirer l’attention du gouvernement américain.
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Michael Saylor aurait compris Bitcoin comme Rockefeller avait compris le pétrole
À la fin du 19e siècle, John D. Rockefeller, un industriel et philanthrope américain surtout connu pour avoir fondé la Standard Oil Company, avait compris que le pétrole ne servirait pas seulement à produire du kérosène, mais qu’il deviendrait l’une des ressources indispensables à l’industrialisation des États-Unis.
Plus de 100 ans plus tard, Michael Saylor défend une conviction similaire avec le Bitcoin, qu’il considère comme le futur socle monétaire de l’économie numérique.
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C’est la comparaison développée par Fred Krueger, docteur et analyste, dans un article sur X intitulé « Michael Saylor est le prochain Rockefeller. Et ce n’est pas une bonne chose ».
Selon lui, les 2 hommes ont d’abord réalisé un pari extrêmement concentré, avant que le reste du marché ne comprenne pleinement l’actif qu’ils accumulaient. Rockefeller a consolidé des raffineries et des infrastructures pétrolières, tandis que Saylor utilise les différents instruments financiers de Strategy pour acheter toujours plus de BTC.

Extrait de l'article de Fred Krueger
Aujourd'hui, Strategy détient 843 775 BTC ainsi qu'une réserve de 3 milliards de dollars. Cette gestion rappelle également Rockefeller, qui conservait d’importantes réserves de cash afin de pouvoir racheter des actifs lorsque ses concurrents traversaient une crise.
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Rockefeller a profité du système américain avant d’être attaqué par l’État
La réussite de Rockefeller ne repose pas uniquement sur sa compréhension du pétrole. Standard Oil a également grandi au sein d’une économie dont les infrastructures avaient été largement soutenues par les pouvoirs publics.
À partir de 1862, le gouvernement américain a notamment accordé des terres et émis des obligations pour faciliter la construction de plusieurs lignes ferroviaires. Cela ne signifie pas que l’État a directement financé Standard Oil, mais Rockefeller a profité d’un réseau ferroviaire devenu indispensable au transport du pétrole.
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La taille de son entreprise lui permettait également de négocier des remises auxquelles ses concurrents n’avaient pas accès. D’après la Library of Congress, Standard Oil pouvait promettre jusqu’à 60 wagons de pétrole par jour aux compagnies ferroviaires, obtenant en échange des tarifs suffisamment bas pour renforcer encore sa domination.
Cette relation a d’abord favorisé son expansion. Elle a ensuite participé au rejet politique de Standard Oil, qui contrôlait environ 90 % du raffinage américain à la fin des années 1880. En 1911, la Cour suprême a finalement ordonné sa séparation en 34 entreprises pour violation du Sherman Antitrust Act.
Michael Saylor pourrait-il connaître une trajectoire comparable ?
Depuis janvier 2025, l’administration de Donald Trump affirme vouloir soutenir le minage, la self-custody et l’utilisation des blockchains publiques aux États-Unis. En mars de la même année, la Maison-Blanche a également créé une réserve stratégique de Bitcoin à partir des BTC saisis par le gouvernement fédéral.
Aucune de ces décisions ne constitue une aide directe à Strategy, mais elles créent toutefois un environnement politique favorable au développement de Bitcoin et, indirectement, aux entreprises américaines qui y sont fortement exposées.
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Strategy reste une entreprise cotée, dépendante des marchés financiers et soumise aux autorités américaines. Ainsi, si ses réserves devenaient suffisamment importantes pour être considérées comme un enjeu de stabilité financière ou de souveraineté, l’État disposerait de nombreux moyens pour intervenir, allant de nouvelles contraintes réglementaires à une cession forcée, voire à des saisies dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Rockefeller a donc bénéficié d’un système qui a facilité son expansion avant de devenir trop puissant pour être politiquement toléré. Si la comparaison de Fred Krueger devait aller jusqu’au bout, Michael Saylor pourrait lui aussi profiter du soutien américain à Bitcoin, avant de découvrir qu’un acteur privé devenu central autour d’un actif stratégique ne reste jamais longtemps hors de portée de l’État.
En bref, l’accumulation de BTC par Strategy ne pose pas seulement un risque de marché, en cas de hack, de vol ou de liquidation forcée. Elle ouvre aussi une question plus politique, car plus une part importante du Bitcoin se concentre dans une entreprise américaine cotée et régulée, plus Washington dispose d’un point d’appui potentiel sur la vie économique du BTC.
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