Un développeur de Bitcoin Core explique pourquoi il ne faut pas résoudre les attaques à 51 %

Un développeur de Bitcoin Core explique pourquoi il ne faut pas résoudre les attaques à 51 %

 

Greg Maxwell, un développeur de Bitcoin Core, a expliqué pourquoi il n’est pas souhaitable de corriger la faille qui fait risquer des attaques à 51 % au réseau du BTC.

 

Les attaques à 51 %, c’est quoi ?

Une attaque à 51 %, qu’on appelle aussi « double spending », vise à prendre contrôle de plus de 50 % de la puissance de calcul d’une crypto-monnaie basée sur la Preuve de Travail, comme le Bitcoin. Elle permet théoriquement à un hacker d’utiliser ses BTC sur la blockchain principale, tout en minant sa propre blockchain en parallèle. L’achat ne sera pas effectué sur cette dernière, et il pourra dépenser ses tokens une seconde fois. En mai dernier, le réseau du Bitcoin Cash, qui fonctionne également avec la Preuve de Travail, avait subi une attaque à 51 % : il avait alors perdu 1.3 million de dollars.

 

Un développeur de Bitcoin Core ne souhaite pas corriger cette faille

Quand on connaît l’effet potentiel d’une telle attaque, on peut se dire qu’il doit être important pour les développeurs de corriger la faille. Pourtant, c’est loin d’être le cas, comme l’a expliqué Greg Maxwell dans une publication Reddit parue cette semaine. Selon lui, une attaque à 51 % est peu probable, à cause de la puissance requise, même si elle reste théoriquement possible.

Le seul moyen de prévenir ce risque, selon Maxwell, est d’introduire une centralisation forte, qui va complètement à l’encontre du principe de décentralisation qui soutient le Bitcoin. Il explique : « Tout mécanisme empêchant une personne (ou même une association secrète) d’avoir trop d’autorité sur le réseau vous permettrait presque certainement de remplacer entièrement le processus de mining. Et la seule manière de faire ça est d’introduire de la centralisation. »

Il estime que la communauté a essayé de nombreuses fois de résoudre cette faille sans introduire de centralisation, et que c’est tout bonnement impossible. Le seul moyen d’éviter ce risque est d’avoir un système contrôlé par une seule entité : « Les systèmes centralisés comme Ripple, Eos, Iota et blockstream liquid n’utilisent qu’un acteur. » Selon Maxwell, cela concentre le pouvoir fortement, et cela représente un risque bien plus élevé qu’une possible attaque à 51 %.

 

Maxwell conclut en expliquant que selon lui, l’attaque à 51 % est un fétiche qui concentre les peurs, alors que les autres blockchains sont bien plus problématiques. « Un plus gros risque pour le Bitcoin est le fait que le public qui l’utilise ne comprendra pas, ne se souciera pas et ne protègera pas les propriétés décentralisées qui rendent son marché attractif face aux alternatives centralisées. […] Les systèmes avec une fausse décentralisation ont montré leur capacité à changer les règles de manière arbitraire pour leurs utilisateurs : c’est un risque bien plus inquiétant que celui d’une attaque coûteuse qui pourrait permettre un vol. »

 

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