Pi Project : blockchain révolutionnaire ou expérimentation sociale puissance 3.14 ?

pi network crypto

Depuis environ 2 mois, pas un jour ne se passe sans que les mille et un espaces de discussions crypto ne soient assaillis de post promotionnels, plus ou moins envahissants, présentant un mystérieux « Projet Pi » avec un enthousiasme confinant parfois au fanatisme.

Souvent le fait de nouveaux arrivants dans le secteur (les plus vieux briscards s’étant tanné le cuir sur plus d’un scam et ayant tendance à regarder tout nouveau projet disrupteur avec une certaine circonspection), Pi est préférentiellement présenté sous l’angle de sa gratuité, aspect qui nourrit le classique «  bah du coup, y’a pas de risque, lol ! ».

Un zeste d’incitation au FOMO par dessus tout ça (« Il faut en profiter maintenant avant que tout le monde soit au courant ») et vous obtenez le parfait cocktail qui fera perdre à une communauté fraîchement réunie tout sens du discernement (et potentiellement beaucoup plus).

S’il n’est pas inutile d’en profiter pour rappeler que l’affirmation péremptoire selon laquelle gratuité = innocuité est tout sauf exacte, l’occasion est offerte aujourd’hui d’étudier l’objet un peu plus en profondeur.

Un peu étonnamment, si l’approche choisie par l’équipe – longtemps anonyme avant de se dévoiler ces derniers jours – en terme de communication ne représente peut-être pas le meilleur choix tactique, le Projet Pi pourrait malgré tout incarner une proposition de valeur pertinente.

Alors Pi, nouveau Bitcoin ou énième shitcoin ? Eléments de réponse.

 

Si Pi m’était compté

site web du projet pi network

 

Historique et proposition de valeur

Le projet Pi est lancé en décembre 2018, mais ne se dévoile réellement que depuis mars dernier. Le ton est donné classiquement dès la page d’accueil :

« Le minage est compliqué, investir est risqué, la plupart  d’entre nous sont laissés de côté par la révolution blockchain. La première monnaie digitale que vous pouvez miner sur votre téléphone. Commencez à gagner de la cryptomonnaie aujourd’hui avec notre application mobile gratuite et économe en énergie ».

L’ambiance est posée, il est donc question de miner une crypto, sans dépense énergétique et, cerise sur le hashrate, gratuitement !

Je ne vous ferais pas l’injure de vous asséner le lancinant « Si c’est gratuit, c’est vous le produit » (même si je viens de le faire), mais dans le monde d’aujourd’hui en général, et dans le domaine sans pitié de la crypto en particulier, une promesse pareille a vocation à être soigneusement soupesée, afin d’en vérifier en profondeur la sincérité.

On le verra un peu plus loin en détail, le projet Pi ambitionne surtout à échéance la mise en place d’une architecture blockchain permettant l’exécution de dApps (applications décentralisées) et de smart contract, à l’image d’Ethereum. Par ailleurs, une place de marché et un AppStore-like sont évoqués, ainsi que la « monétisation du temps d’attention ».

Mais on en est pas là. Le principal objectif du Projet Pi pour l’heure est de réunir une large communauté, celle-ci ayant vocation à garantir une base d’utilisateurs de la future devise, tout en offrant à cette dernière un important effet de réseau. Cette posture assez classique est loin d’être stupide, ce d’autant que le projet Pi fonde carrément sa blockchain et la cohésion de son système sur l’interaction sociale et la notion de « cercle de sécurité ».

En effet, Pi Project vous fait la promesse suivante :  en échange de quelques interactions régulières avec le système et en vous incitant à recruter d’autres membres, vous serez récompensés par des tokens Pi et par un upgrade de votre statut. Plus vous recrutez de membres, plus votre statut est élevé et plus votre puissance de minage augmente, démultipliant le nombre de tokens.

 

L’interaction avec l’App et le parrainage au cœur du « minage » de Pi

Fondamentalement, le projet Pi se résume à l’heure actuelle à une application mobile fonctionnant sous iOS et Android. Plutôt bien fichue, on retrouve sur cette App, outre le système de minage et le décompte de Pi obtenus, un module de discussion, un forum et diverses rubriques. L’ensemble est plutôt propre et respire la solidité, même si le nombre d’informations affiché tend à rendre le résultat parfois un peu brouillon.

Dès votre inscription (possible seulement si vous disposez de l’invitation d’un parrain), vous commencez à « miner des Pi » qui sont stockés sur votre « wallet », le décompte étant visible en temps réel sur un compteur. La « puissance de minage » est exprimée en nombre de Pi/heure. A mesure que la communauté croît et qu’elle atteint des paliers ( 10 000, 100 000 , 1 millions d’utilisateurs), se produisent des « halvings », soit la division par 2 de ce rendement.

Vous remarquez peut-être que j’utilise beaucoup de guillemets. En effet, cette précaution s’impose car si le vocabulaire utilisé est propre à la blockchain et bien connu de la communauté, toutes ces opérations s’exécutent en réalité « pour de faux », du moins pour le moment, l’application faisant simplement tourner un compteur et n’étant pas connectée en l’état à la moindre blockchain.

Pour autant, cet état de fait ne constitue pas une révélation et n’est pas le moins du monde occulté par les développeurs, ainsi qu’on le verra un peu plus loin.

 

 

Les enseignements du Livre Blanc

Vous trouverez le Livre Blanc du projet par ici. Si le document s’ouvre sur un certain nombre de généralités qu’il est inutile de reporter plus avant, l’accent est surtout mis sur les les carences de Bitcoin et terme de vitesse de transactions et l’incroyable dépense énergétique qu’exige le modèle de Proof-of-work (PoW). Dans les très grandes largeurs, on retiendra les points suivants :

  • Pi Network va fonctionner sur l’architecture blockchain Stellar et utiliser le Stellar Consensus Protocol (SCP) en tant qu’algorithme de consensus, conçu par David Mazières, professeur d’informatique à Stanford et scientifique en chef à la Stellar Development Foundation,
  • en conséquence, la future blockchain Pi fonctionnera sous un consensus de type Federated Byzantine Agreement (FBA), présenté comme peu énergivore, est assez semblable à ce qui existe pour NEO et Ripple (XRP),
  • les utilisateurs du réseau auront 4 statuts : Pionnier, Contributeur, Ambassadeur, Node,
  • le logiciel de Node n’existe pas encore,
  • d’une manière générale, l’ensemble du projet est pour l’heure conceptuel. Il sera open source et construit sur Stellar Core
  • Pas de tokenomic en tant que tel. Il est évoqué le fait que des Pi seront émis (quantité non précisée) à destination des 100 premiers millions d’utilisateurs. A ces tokens s’ajouteront des primes de parrainage et un ratio à destination des développeurs (non précisé également),
  • la finalité serait à terme de « monétiser notre temps en ligne » via une place de marché dédiée. La possibilité de mettre en place des boutiques virtuelles et de proposer des dApps est également évoquée.

Réseaux sociaux

Assez étonnamment pour une approche basée sur la viralité, les réseaux sociaux classiques ne sont pas franchement pris d’assaut par Pi Project (je ne parle pas des initiatives de la communauté présentant le projet et en profitant pour récupérer des affiliés, comme par exemple la page Youtube Pi Network France).

Si la page Facebook PiCoreTeam est suivie par 6000 personnes, le compte Twitter est inactif, tout autant qu’Instagram au moment de l’écriture de cet article. Un profil Linkedin bien maigrelet est également mis à disposition sur le site officiel, l’entreprise y étant présentée comme forte d’un unique employé.

Il convient de préciser que si cette absence d’activité n’est pas des plus rassurantes, elle est souvent corrélée à 2 phénomènes :

  • Des équipes surbookées, au sein desquelles les rôles n’ont pas été clairement définis. Résultat : personne ne s’occupe d’alimenter les réseaux sociaux.
  • Les start-up achètent des sites « prêt à l’emploi », fournis avec des modules réseaux sociaux que personne n’active.

On notera également l’absence de thread dédié sur le forum spécialisé Bitcointalk, carence un peu plus ennuyeuse tant ne pas être présent sur cette plateforme emblématique est impardonnable pour un projet blockchain (quelques sujets ont cependant été ouverts spontanément par des membres, mais ceux-ci encore une fois sont surtout poussés par le désir de partager un lien d’affiliation).

 

A la recherche des drapeaux rouges

Comme ma grand-mère fictive aurait pu le dire «  Si le gateau à l’air trop bon, il est peut-être en plastique ». Sages paroles que celles-ci. Conformément au principe fondateur selon lequel en matière crypto, on fait ses propres recherches, allons jeter un coup d’œil un peu plus en profondeur afin de nous assurer de la solidité et de la cohérence de l’histoire qui nous est racontée.

 

Identité numérique

Le Whois nous enseigne que le domaine a été déposé le 3 décembre 2018. Un petit tour sur le site ScamAdvisor ne rapporte pas grand chose d’inquiétant (on notera pour l’anecdote que le nom de domaine a été vérifié plus de 600 fois, comme quoi l’initiative intrigue !).

L’utilisation de la WayBack Machine permet de constater que derrière Pi, se trouve l’agence de marketing social SocialChain. On découvre les première tentatives de design de Pi.

« Chef, chef : notre token existe déjà ! »

Un autre grand classique : avec des dizaines de milliers de tokens de tout poils, des centaines de start-ups blockchain qui tokenisent le périmètre à tout va, il commence à être compliqué de trouver un nom de baptême à son super nouveau jeton qui ne soit pas déjà pris !

Et patatra, c’est précisément le cas pour le token Pi !

Un token Pi est ainsi déjà listé sur CoinMarketCap. Ce token, est associé à un projet de début 2017, dont tout indique qu’il est en état de mort cérébrale (www.picoin.club renvoie à une page d’erreur).

Un lointain ancêtre ?

S’il semble que ce PiCoin soit tout à fait distinct du présent projet, on pourra cependant trouver troublante la similitude avec certains fondamentaux ( « Pas d’ICO » ; « Gagnez des Pi gratuits chaque jour »… ).

 

Un arrière goût persistant de MLM

Présenté en détail par un utilisateurs Reddit sur un thread dédié, le projet n’a pas tardé à s’attirer quelques questions dérangeantes s’agissant de son business model. En effet, le projet étant fondé initialement comme on l’a vu sur une viralité basée sur le parrainage,  le spectre du MLM (Multi Level Marketing) n’a pas tardé à faire son apparition. Or, cette approche est particulièrement mal considérée dans l’écosystème crypto tant elle sert le plus souvent de faux nez à des scammers patentés…

Pour autant, on admettra qu’en dépit des apparences, Pi Project n’a pas grand chose à voir avec du MLM, ne serais-ce qu’en raison de l’existence d’un unique niveau de parrainage (autrement dit, vous ne retirez rien des recrutements auxquels procéderont vos filleuls à leur tour, ce qui ferait convulser tout bon  « networker » qui se respecte). Espérons que cela dure.

 

Le mystère des pages LinkedIn

Peut-être l’élément le plus troublant. Dans un message daté d’il y a une dizaine de jour, la page LinkedIn du projet met en garde sa communauté : méfiance avec les fausses pages Pi et notamment celle-ci, présentée comme une « fake page ». Le problème c’est que ladite page présentée comme fake … est belle est bien celle liée à la page d’accueil du site officiel !

Un point à rapidement clarifier donc.

 

« La première crypto minable sur téléphone »…Vraiment ?

Pas vraiment un red flag, mais plutôt une affirmation peut-être un peu précipitée. En effet, Pi ne constitue pas la première crypto qui soit minable avec une smartphone :  c’est très exactement le créneau d’Electroneum  

 

Qui se cache derrière le Projet Pi et à quelle stade de développement est-il ?

L’équipe : mieux vaut tard que jamais !

Il s’en est fallu de peu pour que les éléments concernant l’équipe soient évoqués dans la catégorie du dessus, précisément parce que jusqu’à récemment… aucune information n’était disponible ! Or, en la matière l’équation est simple : pas d’équipe = pas de confiance (et « l’argument Nakamoto » n’est pas valable, spécialement si on vous demande des sous !).

Cependant, peut-être conscient de cette situation, les humains derrière le projet ont acceptés de commencer à montrer leurs vrais visages et ils ont manifestement bien fait, tant ils apportent de la crédibilité à l’ensemble !

Vincent McPhillip occupe le poste de Responsable de la communauté. Il évolue à l’Université Californienne de Stanford (à laquelle le projet est intrinsèquement lié). C’est le membre le plus visible du projet Pi, il multiplie actuellement les vidéos afin de tenir la communauté informée. Il est également actif au sein du projet BlockchainCollective de Stanford.

Dr. Chendiao Fan, chef de produit, doctorante à Stanford également.

Dr. Nicolas Kokkalis, Chef technologie blockchain. Le CV de l’intéressé (consultable sur le site de Stanford) est plutôt impressionnant et matérialise ses recherches sur les Applications dans le cadre de réseaux décentralisés.

Amalric Lombard de Buffières , un compatriote ! Almaric est associé au projet Pi en tant que développeur Full stack mais oeuvre également pour l’agence de communication Socialchain, évoquée plus tôt dans l’article.

Vous trouverez un peu plus bas une interview d’Amalric qui a accepté de répondre à quelques questions.

 

L’état d’avancement du Projet Pi

L’équipe à récemment informé sa communauté que le nombre d’inscrits et d’utilisateurs de l’application avait atteint les 150 000 personnes.

C’est un chiffre conséquent, même en considérant que l’inscription est gratuite et n’est pas assortie de démarches complexes, hormis la vérification rapide d’un mail et d’un numéro de téléphone valide.

On l’a vu, des mécaniques de halving s’appliquent lorsque des paliers sont atteints : 1000, 10 000  et 100 000 participants ayant rejoint le réseau, le nombre de Pi obtenu à déjà été divisé par 3 et le sera de nouveau lorsque 1, 10 et 100 millions seront également atteints.

On le voit, on en est encore loin. Selon les ambitions des développeurs, le 4ème trimestre 2019 est désigné comme la période où le réseau Pi sera réellement lancé. Dans les faits, au moment de ce lancement, les soldes de Pi détenus pour l’heure virtuellement, seront crédités et la blockchain dédiée deviendra opérationnelle.

Ah, et comme c’est clairement l’une des questions récurrentes : les conditions seront alors remplies pour que le Pi fasse l’objet d’une cotation officielle, acquière une potentielle valeur et soit négociable sur un exchange.

 

Mise en garde s’agissant des data

Il s’agit probablement là du point le plus critique du Projet Pi

Pas un jour ne se passe sans que l’actualité nous le rappelle : les données personnelles sont un trésor particulièrement convoité et de nombreux acteurs malveillants sont prêts à déployer des stratégies très élaborées pour y accéder !

C’est ainsi avec cette grille de lecture qu’il convient d’appréhender le Projet Pi. En effet, la start-up dont ont ignore pour ainsi dire tout d’un point de vue réglementaire et légal, est en ce moment même en train d’agréger un incroyable trésor de guerre, en récupérant pour chaque nouvel inscrit :

  • une adresse mail valide,
  • un numéro de téléphone valide (selon pays),
  • une adresse IP,
  • des métadonnées pertinentes (le cercle de confiance : des amis et des proches bien souvent)

Le tout, pour une communauté dont on rappellera qu’elle est par défaut :

  • amateur de crypto (donc à 95% utilisatrice de services d’exchanges ou de wallet en ligne),
  • plutôt peu méfiante, s’agissant de communiquer des informations sans se poser trop de questions.

En bref, une exceptionnelle base de données ultra-spécifique dont il est en l’état absolument impossible de savoir à quelles fins elle pourrait servir. Cette base de données, vraisemblablement stockée sur un serveur à Stanford ou dans les locaux de SocialChain dans des conditions inconnues, représente le St Graal pour tout hacker désireux de s’amuser à tester la solidité de votre sécurité numérique ou à pratiquer du social engineering dans les conditions les plus favorables qui soient.

En effet, le site officiel est exempt de la moindre information légale, pas plus que l’Application mobile de minage. Où sont stockées les data ? Quelles sont les conditions de leur conservation ?

Et pour les utilisateurs européens, Pi est-il conforme à la RGPD ? (j’avance un spoiler : probablement pas).

 

Interview de Amalric Lombard de Buffières

Amalric a accepté de répondre à quelques questions sur le Projet Pi afin d’éventuellement clarifier les points d’ombre soulevés dans ce dossier, merci à lui !

 

Bonjour Amalric, pourrais-tu te présenter rapidement avec ton background blockchain, et nous expliquer comment un Frenchy comme toi se retrouve dans un projet porté par des gens de Stanford University ? 

Ça a surtout été le fait du hasard. J’ai une formation en informatique depuis le lycée et je cherchais un stage à l’étranger et un de mes amis travaillait (et travaille toujours) dans l’entreprise. Il a initié un contact entre le chef de la technologie et moi et… me voilà !

D’ailleurs, peux-tu nous parler de l’équipe ? Qui sont les membres clefs ? Comment s’articulent vos échanges ?

L’équipe est composée de 2 doctorants de Stanford (le Dr Nicolas Kokkalis, responsable de la technologie et Dr Chengdiao Fan, responsable des produits), 1 MBA de Stanford (Vince McPhillip, responsable de la communauté) et deux développeurs français.

La société est basée à Palo Alto (Californie du Nord) même si c’est un peu “cliché” pour la Silicon Valley. En tant que développeur, nous travaillons principalement avec les parties prenantes techniques et produits, mais la petite taille de l’équipe rend les échanges et les relations beaucoup plus faciles et plus fluides que dans une grande entreprise. (typiquement, pour répondre à ces questions, je travaillais directement avec le PDG).

Pi est fondé sur l’architecture Stellar, existe t-il des connections avec la Stellar Fondation ?

Le Réseau Pi n’a pas encore de relation formelle avec la Stellar Development Foundation.

Le minage de Pi est présenté comme ne pompant pas d’énergie sur le smartphone. Cette affirmation qui fonctionne à l’heure actuelle (ou seul un compteur matérialise le fonctionnement de la blockchain) sera t’il toujours valable lorsque le lancement opérationnel sera effectué ?

L’algorithme de consensus de Pi est une adaptation du protocole de consensus de Stellar qui permet aux gens de contribuer à la sécurité du registre distribué en s’appuyant sur des connexions sociales fiables. Durant cette phase, nous initialisons le graphique de confiance du réseau sur les téléphones mobiles, qui sera utilisé par l’algorithme de consensus dans les phases ultérieures. À l’avenir, nous aurons également des nœuds sur PC qui nous aideront à valider les transactions. Le minage sur PC sera également économe en énergie rapporté à la preuve de travail d’une crypto comme Bitcoin.

Un token Pi existe déjà (et présente quelques similitudes avec le projet actuel), il est même déjà listé sur CoinMarketCap. Cela ne risque t-il pas de créer des risques de méprises pour les utilisateurs ?

Il y a un autre projet appelé Pi Coin qui est actuellement abandonné. Notre projet est différent et nous croyons que le concept de Pi représente l’esprit et les valeurs de notre communauté. Pi est infini, inclusif, éternel et constant. L’ancien Pi Coin n’a pas été en mesure d’être à la hauteur de la puissance de Pi. Notre projet le sera.

“La première monnaie digitale que vous pouvez miner sur votre smartphone”, c’est le slogan de Pi, visible sur sa page d’accueil. Cette affirmation n’est-elle pas inexacte au regard de l’offre actuelle ? Que dites-vous à ceux qui rétorquent que c’est précisément ce que propose Electroneum ?

Alors que des monnaies basée sur le PoW comme Bitcoin sécurisent leurs registres en contraignant les gens à gaspiller de l’énergie, l’algorithme de consensus de Pi (une version adaptée du Stellar Consensus Protocol) tire parti des connexions sociales fiables. Aujourd’hui, les mineurs mobiles de Pi construisent le graphique de confiance global que les nœuds utiliseront pour valider les transactions. En utilisant cette nouvelle approche, Pi redéfinit le minage en une expérience sociale accessible à une population beaucoup plus large de gens ordinaires.

En ce qui concerne la prétention d’être le “premier”, nous n’étions pas au courant de l’existence d’Electroneum jusqu’à ce que nos membres le portent à notre attention. Nous intégreront ce paramètre dans le cadre d’un remaniement plus large de notre page d’accueil. En fin de compte, le minage sur mobile n’est qu’une facette d’une vision beaucoup plus large.

“Pi crée une réserve fixe de Pi pour chaque personne qui rejoint le réseau jusqu’aux 100 premiers millions de participants.” (Livre Blanc de Pi), à ce supply se rajoutent des tokens pour les parrainages, plus d’autres pour les développeurs. Est-il possible de disposer d’un tokenomic plus précis ? Le supply est-il limité ?

L’un des facteurs les plus importants de la réussite d’un projet crypto est la mise en place d’un modèle économique pour le token. Premièrement, le taux d’émission de Pi diminue en fonction du nombre de personnes dans le réseau. Au-delà de ce mécanisme général, nous avons passé les derniers mois à analyser quand nous devrions arrêter d’émettre des Pi pour les nouveaux membres. En fin de compte, notre objectif est de trouver un équilibre entre la distribution à grande échelle de la devise et sa rareté.

N’oubliez pas non plus que l’économie est constituée de DEUX forces fondamentales : l’offre et la DEMANDE. Beaucoup de gens dans l’espace crypto se concentrent surtout sur l’offre dans l’équation. En plus de l’offre, nous nous concentrons également sur la création de la demande pour Pi par le biais d’utilités fortes pour la monnaie. Nous nous réjouissons de pouvoir bientôt informer la communauté s’agissant de l’offre et de la demande de Pi.

Ne craignez-vous pas que le mode viral choisi pour faire parler du projet (système de code de parrainage afin de créer et agrandir des “cercles de confiance” présentés comme ayant vocation à renforcer le futur réseau et incitation des membres à spammer de nombreux espaces de la communauté crypto) soit de nature à décrédibiliser le projet ?

Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que lorsqu’ils invitent quelqu’un à rejoindre un nouveau service Internet, ils créent beaucoup de valeur pour ce service. Contrairement aux services Internet traditionnels, le Réseau Pi cherche à récompenser ses membres pour avoir aidé à bâtir une communauté en qui nous avons confiance. Nous ne tolérons pas le spam. Cependant, nous croyons que les gens ordinaires devraient profiter d’une plus grande part de la valeur qu’ils créent sur le Web. Nous croyons que cette approche renforcera notre crédibilité au fil du temps, au lieu de la compromettre.

En lien avec cette recherche de viralité, l’App incite à laisser notamment l’accès aux carnet de contacts des utilisateurs. Pi collecte t-il des informations de type adresse mail/téléphone/data des utilisateurs ? L’app est-elle déclarée et conforme à la réglementation RGPD ?

La protection de la vie privée de nos membres est un principe directeur du Réseau Pi. Afin de protéger la vie privée de nos membres au cours de ces premières phases du projet, nous ne demandons que le minimum de données nécessaires à l’inscription des personnes. De plus, lorsque les membres veulent des fonctions pratiques (comme la possibilité d’inviter des personnes de leurs contacts), ils ont toujours le choix de partager les données qui permettent ces fonctions.

Gardez à l’esprit que l’application est toujours en version bêta. Nous avons l’intention de nous conformer pleinement au RGPD une fois que nous aurons lancé la version principale de l’application. Une chose à noter est que Pi est un réseau mondial couvrant plus de 180 pays. Chacun de ces pays/régions a ses propres normes en matière de protection de la vie privée. Nous voulons nous efforcer d’atteindre les normes les plus élevées en matière de protection de la vie privée tout en laissant à nos membres de ces différents pays la possibilité de gérer leur propre expérience.

Selon le Livre Blanc, une phase impliquant la mise en place d’une gouvernance particulière démarrera lorsque la communauté atteindra 5 millions de personnes. Quand pensez-vous atteindre ce milestone ?

La croissance de la communauté est quelque peu difficile à prévoir. Par exemple, notre croissance actuelle est beaucoup plus rapide que nous ne l’avions prévu. Nous ne savons pas quand nous atteindrons 5 millions de membres.

En matière de gouvernance, nous commençons déjà à faire de petites expériences où les membres peuvent influencer le développement du réseau. Par exemple, nous avons récemment mené un sondage dans l’application demandant aux membres quels canaux de médias sociaux ils doivent prioriser. 10 000 votes plus tard, nous avons lancé des pages de profil sur les deux plateformes gagnantes : Facebook et Instagram.

 

Conclusion

(La question posée en début de dossier était rhétorique : le monde n’a PAS besoin d’un nouveau Bitcoin !)

Ce point étant clarifié, le Pi Project présentait un profil des plus suspect : une logique de parrains et de filleuls sortie d’un dépliant de vente Tupperware, des imprécisions impardonnables, une équipe (initialement) aux abonnés absents…

Mais, à mesure des investigations, apparaît un projet qui, s’il ne s’annonce pas révolutionnaire en dépit de grandes envolées lyriques (le classique « une monnaie pour, et par le peuple »), présente malgré tout du potentiel.

Choisir Stellar est également élégant et le fait que l’équipe évolue dans l’écosystème d’une université aussi réputée que Stanford est plutôt de nature à donner confiance.

Pour autant, il existe encore pour l’heure beaucoup d’incertitudes sur la finalité réelle de l’entreprise. En effet Pi Project pourrait ne représenter finalement qu’une expérience sociale ayant vocation à tirer des enseignements pour un tout autre usage ( le degré de crédulité ou d’acceptation d’une population donnée auquel on soumet une nouvelle crypto par exemple).

Si le projet échoue et disparaît (comme 90% des initiatives blockchain, on le rappellera), soyez en tout cas certain d’une chose : vous n’aurez pas gagné d’argent mais quelqu’un en aura gagné avec vos data. 

Souhaitons malgré tout que les motivations qui animent l’équipe derrière le Projet Pi soient sincères. En effet, le secteur crypto a besoin de grands projets fédérateurs, de nature à dynamiser l’industrie et à catalyser l’intérêt du grand public. Pi sera peut-être de ceux-là.

 

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ia orana, moi c’est Hellmouth ! Crypto-enthousiaste de la deuxième heure.
Je rédige des articles entre deux cocktails à Tahiti, où se trouve mon QG. Si l’occasion se présente, je ne rechigne pas à me repaître d’un scam bien dodu ou d’une pyramide de Ponzi un peu trop entreprenante.

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Speedre
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Speedre

Je peux vous parrainer, il suffit de mettre mon code “Pas de lien de parrainage désolé” et vous pourrez avoir un bon début et je pourrais vous aider !

Marco
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Marco

Pour utiliser l’appli il faut un code d’invitation utilisez le mien: CENSURÉ

Teri
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Teri

Nous sommes deja 200 000 sur ce projet.
L’assiduite sur l’application ainsi que l’ajout de filleuls nous remunere d’autant plus.