En raison de la pandémie de Covid-19 qui ravage les États-Unis, la capacité du Congrès américain à se rassembler et à délibérer est compromise. De ce fait, le Congrès discute actuellement de l'utilisation de certaines technologies, dont la blockchain, pour la création d'un système de vote à distance.

 

La blockchain pour assurer la continuité des votes

Cette information provient d'un mémorandum reprenant un débat du 30 avril de la sous-commission permanente d'enquête sur la continuité des opérations du Sénat et le vote à distance en temps de crise.

En plus des demandes E2EE [chiffrement de bout en bout], le Sénat peut envisager la mise en place d'une blockchain. Grâce à son registre distribué, la blockchain peut à la fois transmettre un vote en toute sécurité et vérifier son authenticité. Certains ont fait valoir que ces attributs rendent la blockchain utile pour le vote électronique en général.

Pour justifier cette option, le Congrès a ajouté que la blockchain peut fournir un environnement sûr et transparent pour un enregistrement électronique inviolable de tous les votes et qu'elle réduit également les risques de comptage incorrect des votes.

En outre, le mémo cite les exemples du vote de 2019 ayant eu lieu en Estonie, où environ 44% des votes ont été exprimés par des moyens virtuels.

Il convient de noter que les initiatives de ce genre fleurissent aux États-Unis, ainsi, l'Assemblée législative de l'État de Virginie envisage elle aussi d'avoir recours à la blockchain pour améliorer et sécuriser davantage tous les processus propres aux élections locales.

👉 Pour en savoir plus : L'État de Virginie pourrait utiliser la blockchain pour sécuriser ses élections

 

Les limites abordées

Toutefois, le Congrès reste méfiant quant à la blockchain et surtout en raison de ses limites en matière de sécurité :

L'une des préoccupations spécifiques au Sénat est le risque que le contrôle de la majorité de la blockchain ne tombe entre de mauvaises mains. En raison de la petite taille du Sénat, tout système de vote à distance basé sur une blockchain devrait être correctement mis en place pour éliminer toute menace d'attaque des 51% afin de garantir qu'aucun mauvais acteur ne puisse en prendre le contrôle.

D'autres problèmes de sécurité ont également été mis en évidence, notamment les vulnérabilités possibles dues à des failles dans les processus de chiffrement et les bugs logiciels.

Les votes électroniques restent encore difficiles à mettre en place comme l’a encore prouvé l’expérience dysfonctionnelle du parti Démocrate américain en février 2020 lors du caucus de l’Iowa.

Malgré ses limites, ses avantages sont conséquents, la blockchain permet entre autres d'améliorer la transparence dans le mode de réalisation du scrutin et de décompte des voix. Elle résout ainsi des problèmes de faillibilité, d’opacité, de centralisation et d’inefficacité.

👉 Pour en savoir plus : Voter en période de pandémie : Pour une expérimentation de la blockchain lors des municipales

 

Bien évidemment, il reste peu probable que la blockchain soit réellement utilisée à cette occasion, mais sa mention par le Congrès est un exemple notable de la façon dont la technologie se diffuse dans les hautes sphères politiques.

Suite à la pandémie de Covid-19, il est envisageable que de plus en plus de solutions pour voter à distance voient le jour et que cela remodèle complètement la façon dont les votes sont réalisés.

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Depuis 2017, je m'intéresse au Bitcoin, aux cryptomonnaies et à la technologie blockchain associée. Je crois fermement en ces innovations technologiques et qu’elles révolutionnent déjà de nombreux secteurs.
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