Crypto Brunch – 15 Septembre 2019

Crypto Brunch - Toute l'actu crypto, bitcoin et blockchain de la semaine

 

Bonjour et bienvenue dans le Crypto Brunch. Je partage avec vous chaque dimanche un condensé de l’actualité crypto de la semaine.

C’est parti ! 😃

  1. Halte à la Libra ! Un enjeu étatique
  2. Coinbase poursuit ses investissements
  3. Bitcoin, Roi incontesté du darknet
  4. Pour une poignée de dollars

Halte à la Libra ! Un enjeu étatique

 

Libra Facebook

 

La Libra n’en finie pas de faire parler d’elle. Cette semaine elle a notamment annoncé les monnaies fiduciaires qui composeront son panier de devises. Parmi elles ont trouve évidemment les trois monnaies primaires que sont l’euro, le dollar et le yen. À celles-ci s’ajoutent le dollar singapourien et la livre britannique.
On peut remarquer que deux devises très utilisées sont absentes du tableau. Le Franc Suisse pose quelques problèmes à Libra. En effet bien que l’entreprise Calibra soit située en Suisse, elle ne détient pas la licence lui permettant de devenir un système de paiement. La FINMA (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers) souligne que Libra devra faire l’objet d’une surveillance accrue en raison du fait qu’elle est bien plus qu’un simple système de paiement. La forme choisie d’un stablecoin engendre des risques assez élevés de blanchiment d’argent qui posent évidemment problème aux États et aux Banques centrales. L’agence a cependant clarifié que Libra entre bien dans leur cadre réglementaire. Ainsi, à terme, il ne devrait pas y avoir de soucis quant à la réussite de leur ambition sur le territoire Suisse.
Deuxième grand absent du panier, le Renminbi ou Yuan. Cependant cette décision n’est pas encore définitive. Il semblerait que ce soit la pression des États-Unis sur Calibra qui pousse la société à mettre pour l’heure de côté le yuan. En effet, les États-Unis craignent que la Chine pousse la Libra à inclure le yuan dans son stablecoin afin d’accroître la stabilité de sa monnaie. Ceci est en lien avec les nombreuses accusations récentes de manipulation monétaire qui serait pratiquée par la Chine.

Suite à cela, l’évènement principal de la semaine est la réaction de Bruno Le Maire, Ministre de l’économie, au sujet de la Libra. Il a souligné à nouveau qu’il ne laisserait pas la Libra s’enraciner en Europe car celle-ci rivaliserait avec la souveraineté des États.

“Avec le projet Libra, la souveraineté monétaire des États est en jeu. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas autoriser le développement de Libra sur le sol européen.
“Le projet Libra a le mérite de pointer certaines difficultés en matière de transactions financières. Nous devons réfléchir à la création d’une monnaie numérique publique.

Le ministre de l’économie a lâché un pavé dans la mare. La création d’une monnaie numérique d’État est depuis quelques années un projet soutenu par la plupart des puissances économiques. Il irait dans la direction de leur objectif long terme qui est de mieux contrôler l’évolution de la monnaie. Le contrôle de l’inflation, la limitation du blanchiment et la cessation du faux-monnayage sont les trois enjeux principaux qui peuvent être résolus par la création d’une monnaie 100% numérique.
Aujourd’hui l’apparition de la blockchain dans les débats monétaires donne un nouvel élan à cette volonté partagée de numériser l’argent. Il est à prévoir que le mot “blockchain” soit surtout utilisé d’un point de vue marketing pour mettre en place la monnaie fiduciaire de demain. En effet ces dernières n’ont pas d’intérêt à être décentralisées, au contraire. Il s’agirait plutôt d’une évolution naturelle, finalité de l’alliance entre économie et informatique, qui serait apparue avant ou sans l’émergence des crypto-monnaies. Elle se retrouve simplement précipitée à cause de l’arrivée rapide d’alternatives qui s’avèrent être de sérieux concurrents. Libra, Bitcoin ou les stablecoins pour ne citer qu’eux …

Il est cependant important de prendre les positions du ministre avec des pincettes. Réagissant souvent par tropisme, il a tendance à changé d’avis au gré du vent. Par conséquent sa déclaration a finalement peu d’impact autre que médiatique.
Il aura aussi profité de l’occasion pour rappeler que la spéculation de crypto à crypto n’est pas imposable. On le savait déjà, le passage en monnaie fiduciaire restant évidemment soumis à l’imposition, mais cette petite affirmation aura de quoi faire sourire les plus pessimistes d’entre nous.

Quelques jours plus tard l’Allemagne a également tiré la sonnette d’alarme. Ils prévoiraient apparemment d’interdire les monnaies privées adossées aux marchés.
Cette annonce a déjà plus de poids que celle de Bruno Le Maire. Elle reste cependant à l’état de spéculation, un tel changement dans la politique d’un État est rarement aussi brutal. On peut s’attendre à un consensus plus conciliant.

Par ailleurs la directeur de Calibra a réduit la fenêtre de sortie de la monnaie stable. Il est désormais prévu qu’elle fasse son apparition au deuxième semestre 2020. Le CEO aura également déclaré que les craintes de déstabilisation monétaire sont infondées. Libra n’entend pas créer de monnaie mais simplement émettre un équivalent soutenu par sa réserve. Raison pour laquelle Calibra est assez confiant quant à l’émergence de leur projet.

L’année que nous avons prise avant la sortie de Libra nous permettra d’aplanir tous les problèmes

Bien que la Libra ait de sérieuses lacunes, comme la centralisation, l’absence de spéculation et l’historique de l’entreprise, elle possède certains intérêts absents des autres crypto-monnaies. Une devise stable, adossée à des ressources couramment utilisées par le monde entier, qui souhaite bancariser 2 milliards d’humains. Elle a à la fois l’aspiration de devenir une monnaie mondiale mais aussi une monnaie d’entreprise. Ceci offrant l’une des clés qui constitue un État à une société : le pouvoir de l’argent. Ici se joue l’un des enjeux de l’évolution monétaire, les entreprises privatiseront-elles les monnaies ?

Plus d’informations sur le sujetBruno Le Maire : pas de taxes sur les échanges entre cryptos (et pas de Libra non plus)


Coinbase poursuit ses investissements

 

Coinbase

 

Coinbase est connu à travers la sphère crypto pour être la principale porte d’entrée au monde de la spéculation. C’est aussi une société qui parie énormément sur l’avenir du secteur.

Face au succès des levées de fonds sur les plateformes d’échange (IEO), Coinbase envisage de suivre la marche. Binance, Huobi, Bitfinex, tous se sont mis à proposer ce genre d’offre. Elle permet une recrudescence du volume, une revalorisation des jetons spécifiques à la plateforme, une publicité gratuite ainsi qu’une part dans le stock du jeton proposé.

“ Nous pensons qu’il y a là une opportunité vraiment intéressante pour Coinbase. En résumé, Coinbase explore avec soin non seulement l’espace des IEOs, mais aussi des STOs. [offres de jetons adossés à des ressources tierces, ndlr] Mais je ne peux pas faire d’annonces officielles pour l’instant. ” – Keyvon Pirestani, Responsable des ventes institutionnelles en Asie

Pirestani a aussi révélé que la plateforme pour les IEO devrait apparaître dans les mois à venir. Celle consacrée aux STO n’est cependant qu’au stade de projet, notamment à cause des problèmes réglementaires et de la jeunesse du marché.

Parmi les start-ups soutenues par le géant, on peut en citer deux relatifs à la finance décentralisée. Annoncé mardi, le bureau de change de crypto-monnaies américain a investi 1 million d’USDC dans chacun des protocoles de prêt Compound et dYdX. Baptisé “USDC Bootstrap Fund”, Coinbase indique que le nouveau fond soutiendra les développeurs en “investissant directement des USDC dans le protocole”
Les projets de finance décentralisée ont malheureusement assez peu d’écho dans les médias pour l’instant alors qu’ils proposent des solutions qui peuvent changer notre rapport à l’économie. Il s’agit d’un des domaines qui sera exploité par Ethereum, permettant l’inclusion financière des non-bancarisés et le trading décentralisé via les contrats intelligents. La finance devient libre, sans intermédiaires.

Autre investissement, la start-up UMA a lancé sa plateforme de création de jetons qui peuvent suivre le prix de “n’importe quoi”. Synthetic Token Builder peut permettre de développer des jetons qui calquent n’importe quel cours, de ceux d’exchanges jusqu’aux actions. La plateforme permet de mettre des DAI en collatéral afin d’émettre les jetons qui peuvent ensuite s’échanger à volonté. La valeur du collatéral évoluant de concert avec le cours copié. L’outil ne tokenise pas véritablement les actifs mais seulement leur valeur, permettant à quiconque de spéculer dessus sans avoir à détenir tel ou tel actif.

Plus d’informations sur le sujetCoinbase pourrait bientôt lancer une plateforme pour IEOs


Bitcoin, Roi incontesté du darknet

 

Drogues Bitcoin

 

Les crypto-monnaies étant encore pour la plupart à l’heure des fondations, il est légitime que la spéculation y tienne une place primordiale. Ce secteur fait d’opportunités et de potentiel n’a pour limite que l’imagination et le travail de ceux qui participent à son développement. Pourtant même si la spéculation tient une place immense, il ne s’agit pas de la seule utilisation actuelle des monnaies cryptographiques.
Comme nous l’avions rapporté en juin dernier, plus de 90% des transactions en bitcoin sont liées au trading. Dans la maigre part restante se trouvent les transactions liées au minage puis à l’échange en pair à pair. Reste alors 2 ou 3 pour cent des transactions, relatifs à l’utilisation des crypto-monnaies, qui sont équitablement répartis en deux types d’achats.
En premier lieu les achats dans les commerces. Leur nombre est relativement stable. La possibilité de payer en BTC est souvent un argument marketing qui ne trouve grâce aux yeux des vendeurs que via des services tiers comme BitPay. L’utilisation étant plus complexe qu’une carte bancaire, on peut comprendre qu’il reste du chemin à parcourir.
Cependant c’est le deuxième type de service d’achat qui nous intéresse : le Dark net.

Place forte du marché illégal, les possibilités de chiffrement offertes par Internet permettent de rassembler et de mettre en communication vendeurs et clients en tout genre. Cependant pour faire ce type d’échange, il est important pour chacune des parties d’être anonyme. Dès lors, l’utilisation de monnaies fiduciaires devient complexe. Très suivies et ayant des transactions annulables, ce ne sont pas des monnaies intéressantes pour ce marché, d’où le succès retentissant des cryptos sur ces plateformes.

Malgré l’anonymat relatif du dark net, certaines études permettent de se faire une idée de l’utilisation qui en est faite. Cyphertrace en a tiré des conclusions sur le deuxième trimestre 2019.
Leur rapport nous montre que bitcoin est utilisé dans 76% des cas. Vous noterez que ce nombre dépasse même la domination du BTC (72%). Viennent ensuite l’ether et le litecoin ex-æquo à 7% d’utilisation chacun.
Là où le rapport est très intéressant c’est qu’il montre que les cryptos anonymes n’ont presque aucun succès. Excepté Monero qui atteint les 4% d’utilisation, aucune crypto anonyme n’est présente. Dans les 6 pour cent restants l’étude nous montre que c’est bitcoin cash et DOGE qui s’imposent.

Il est important d’avoir ces chiffres en tête. Le marché noir est la version la plus “pure” d’un marché libre. Ne connaissant presque pas de barrière ni de contrôle, il est dans sa philosophie assez proche de Bitcoin. Par conséquent le classement des cryptos les plus populaires peut être vu comme représentatif de la véritable utilisation de celles-ci et donc de leur valorisation en tant que monnaie.

Certains remarqueront que Bitcoin n’est pourtant pas si anonyme que ça et devrait être remplacé par une crypto-monnaie dédié à cette problématique, à l’instar du XMR. C’est sans compter sur la confiance que la plupart des utilisateurs portent sur la première des crypto-monnaies et sur la facilité de brouiller les pistes à l’aide de transferts intempestifs et de mixeurs.

Bien que modeste, l’utilisation des cryptos sur le dark net nous montre tout de suite les pièces qui tirent leur épingle du jeu. D’ailleurs leur utilisation sur ce marché semble croître, malgré leur utilisation somme toute assez rare comparé au bon vieil argent liquide. Une bonne ou une mauvaise chose ? À vous d’en juger.

Plus d’informations sur le sujetAchats de drogues sur le Dark net : des transactions en hausse en 2019


Pour une poignée de dollars

 

Prix du Bitcoin

 

Cette semaine plusieurs projets annoncés ont vu le jour. C’est par exemple le cas de la plateforme de contrats à terme de Binance. Sur la paire BTC/USDT ce ne sont pas moins de 150 millions de dollars qui se sont échangé en 24 heures. Un chiffre impressionnant, rivalisant avec les volumes des futures de la CME. Bien sûr, n’oublions pas la facilité de fausser les volumes. Une analyse avait statuée qu’entre 80% et 95% de celui-ci était faux, à voir si c’est le cas ou non de Binance Futures. Mais que le volume soit réel  ou non, il est à mettre en comparaison avec le leader du domaine. Bitmex enregistre généralement plus de 3 milliards de dollars en volume journaliers. Binance est cependant optimiste, leur nouvelle plateforme était en phase de test, l’engouement pourrait rapidement atteindre des sommets. En tout cas, la saison est particulièrement calme. Il est possible que Binance Futures ne montre son potentiel que dans quelques mois.

Autre entreprise mais même type de produit, Bakkt proposera des contrats à expiration dans une semaine. La société a révélé une police d’assurance d’envergure qui servira aux dépôts de BTC. Les bitcoins présents dans leur “entrepôt” seront garantis par 125 millions de dollars ! Des contrats journaliers et mensuels seront initialement proposés. Pour l’heure la somme semble convenir. En cas de succès, ce qui personnellement m’étonnerait vu l’état du marché, il est facilement envisageable d’atteindre plusieurs milliards de dollars rapidement. Ceci créerait des difficultés pour la plateforme mais changerait aussi drastiquement l’opinion des investisseurs. Bakkt sera bien plus qu’une porte d’accès, il s’agira ici de tester la demande des véritables acteurs de la finance mondiale.

Bien sûr, Bakkt est le porte-étendard de ces entreprises qui cherchent à proposer des dérivés sur le bitcoin. Parmi elles on retrouve celles qui cherchent à proposer des ETF, les dérivés préférés des investisseurs. Dans le lot on compte VanEck qui finit sa première semaine avec un triste résultat. Bien que la plateforme soit actuellement limitée aux clients institutionnels elle n’a enregistré que 41 000$ de commande soit 4 BTC. Ce score ridiculement faible peut être attribué à la forme donnée à leur produit, réplique de Grayscale Bitcoin Trust sorti il y a déjà 6 ans. En ajoutant à cela le manque d’intérêt actuel pour les crypto-monnaies, on en arrive à ces résultats, indicateur qui pourrait présumer du résultat de Bakkt.

Dernier point, l’émission d’une nouvelle obligation bancaire sur Ethereum. Santander a utilisé des jetons ERC-20 pour représenter 20 millions de dollars détenu par un compte de garde. Il s’agit de la troisième banque à effectuer ce genre d’opération après la Société Générale et la World Bank .

Plus d’informations sur le sujetBinance Futures a enregistré un volume de $150M en 24h


Bon brunch !


Ryo

Rédacteur sur Cryptoast depuis début 2018, Ryo aime partager ses découvertes sur les cryptos et participer à la démocratisation du Bitcoin et de la Blockchain.

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