Tarn : 28 kg d’amphétamine, des cryptos et du cash saisis
Un laboratoire clandestin de drogue de synthèse a été démantelé dans le Tarn. Parmi les saisies de la JIRS de Bordeaux, des "clés de cryptomonnaies".
Un laboratoire clandestin démantelé dans le Tarn
L’affaire est qualifiée d’inédite par le parquet de Bordeaux. Le 11 juin dernier, près d’une centaine de militaires de la gendarmerie nationale, dont l’antenne GIGN de Bordeaux et la cellule NRBC, ont investi une maison isolée de Fréjairolles, dans le Tarn. Sur place, ils ont mis au jour un laboratoire destiné à produire des drogues de synthèse, notamment de la méthamphétamine.
Selon le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, il s’agit de la première découverte en France d’un laboratoire de production de drogues de synthèse dans le cadre d’une enquête conduite par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux.
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L’inventaire des saisies illustre l’ampleur du trafic présumé. Les enquêteurs ont mis la main sur 28 kilos de poudre d’amphétamine, dissimulés dans une table recouverte de plusieurs couches d’époxy (un plastique ultra-résistant), ainsi que sur 38 396 euros en espèces, un véhicule haut de gamme et plusieurs téléphones chiffrés. À cela s’ajoutent des "clés de cryptomonnaies" dont la valeur reste à déterminer.
Labo clandestin démantelé dans le Tarn : les dessous d’une véritable usine à drogues de synthèse https://t.co/MZOyWXW1LC
— La Dépêche Tarn (@ladepeche81) June 18, 2026
Au domicile de l’un des suspects, à Monestiés, les gendarmes ont également découvert cinq pièces aménagées, dont trois entièrement dissimulées derrière une porte dérobée verrouillée par un système électromagnétique. Les perquisitions ont permis la saisie de 22 kg d’herbe de cannabis, 342 g de résine de cannabis et 81 g de cocaïne.
La présence de portefeuilles crypto dans ce dossier illustre une tendance désormais bien identifiée par les services d’enquête. Les actifs numériques sont régulièrement utilisés par les trafiquants pour tenter de blanchir une partie de leurs revenus, comme l’a encore montré récemment une opération de la police judiciaire à Nice, qui avait abouti à la saisie de documents relatifs à des wallets crypto. L'argent liquide demeure toutefois le vecteur privilégié du blanchiment.
Cinq hommes mis en examen, quatre incarcérés
À l’issue de quatre jours de garde à vue, les cinq hommes interpellés, âgés de 30 à 52 ans, ont été présentés le 15 juin devant un juge d’instruction de la JIRS de Bordeaux. Tous ont été mis en examen pour production ou fabrication de stupéfiants en bande organisée, trafic de stupéfiants, blanchiment et participation à une association de malfaiteurs. Ils encourent jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.
Quatre des suspects ont été placés en détention provisoire, le cinquième étant laissé sous contrôle judiciaire. Selon le parquet, les intervenants étaient rémunérés en espèces, à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros selon leur rôle dans l’organisation.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large où la justice française adapte ses outils face à l’utilisation croissante des cryptomonnaies dans la criminalité organisée. Début 2026, un nouveau Parquet national anticriminalité organisée a d’ailleurs été lancé pour traiter les dossiers les plus complexes, dont ceux liés aux enlèvements dans le secteur crypto.
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Sources : La Dépêche du Midi, Le Tarn Libre
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