À l'occasion du lancement de la newsletter premium de Capital dédiée aux cryptomonnaies, nous avons posé quelques questions à son auteur, le journaliste Grégory Raymond.

Revenons sur son parcours dans l'univers des cryptos et entrons dans le détail sur l'élaboration du podcast puis de la newsletter 21 Millions.

21 Millions

 

Grégory Raymond et la crypto

Question classique pour démarrer : comment êtes-vous tombé dans la crypto ?

Comme beaucoup de monde, cela s’est déroulé en deux temps. D’abord la découverte, lorsque la crise chypriote a démontré l’intérêt d’un système de paiement sur lequel les États et les banques n’avaient aucune prise. À cette époque, un sévère contrôle des changes et la menace d’une ponction de l’épargne de la population avaient plongé le pays dans la panique bancaire et démontré l’utilité du Bitcoin. Même si dans la réalité aucun Chypriote n’y a eu recours, ce qui n’était encore dans mon esprit qu’une petite expérience technologique a soudain allumé une lumière. J’ai ensuite un peu perdu de vue le sujet, peut-être devant son immense complexité, pour le retrouver début 2017 au démarrage de la précédente bulle. Le journaliste suit souvent le sens du vent : plus de personnes s’intéressent au sujet, plus ça a du sens de le vulgariser.

Avez-vous une cryptomonnaie préférée ?

De la même façon qu’un journaliste politique honnête ne s'appuie pas sur ses opinions personnelles, je préfère mettre en avant ma neutralité. Néanmoins, le nom de 21 Millions est une référence évidente au Bitcoin et ce qui a été accompli depuis 2008 force le respect. Mais ça ne m’empêchera pas non plus de parler très fréquemment de l’écosystème Ethereum qui est, selon moi, l’un des plus dynamiques du secteur. Les différentes communautés cryptos comptent une infinité de personnalités de grand talent, je souhaite toutes les mettre à l’honneur dans 21 Millions.

Chez Capital, êtes-vous considéré comme un peu farfelu par vos collègues plus habitués aux investissements « classiques » ?

C’est certain que le sujet que je traite est un peu moins conventionnel que d’autres, mais j’imagine qu’avec le temps cette étiquette s’atténuera. Un peu comme lorsque certains journalistes pionniers se sont intéressés à Internet au début des années 1990. C’est à l’image du secteur : Bitcoin est en train de passer du statut « d’or des fous » à celui « d’or numérique ». Les GAFAM ont tous des projets dans les tiroirs et les États travaillent sur leurs propres versions. J'imagine que les grandes rédactions économiques compteront toutes des journalistes spécialisés d’ici quelques années.

Avant d'être une newsletter, 21 millions est un podcast, pouvez-vous revenir sur sa création ?

Le sujet étant tellement spécialisé, les pages de Capital ne pouvaient accueillir tous les contenus cryptos et il fallait trouver un moyen d'utiliser cette fantastique matière accumulée au gré de mes interviews. Prisma Media, le groupe de presse qui détient Capital, m'a alors offert l'opportunité de développer un programme de niche qui pourrait plaire à la communauté française. Le succès d’audience a démontré qu’une newsletter pouvait aussi exister.

Quelle interview vous a le plus marquée ?

Je dirais celle de Bertrand Perez, à l’époque numéro un du projet Libra, enregistrée en septembre 2019. C’était la première fois qu’il parlait à la presse, énormément de questions étaient à poser et la pression sur lui était considérable. Dans le même temps, le gouvernement m’avait bien fait comprendre que Libra était persona non grata quelques heures avant cette interview par SMS. Cela donne un contexte explosif.

Est-ce que le podcast va reprendre ?

Le podcast sera le prolongement de la newsletter. Certains sujets méritent d’être développés en audio, surtout si l’invité a beaucoup de choses à dire et que son exhaustivité est limitée par le format écrit. Et si un sujet de la newsletter plaît aux lecteurs, ces derniers pourront demander un podcast supplémentaire pour aller au fond des choses. Le podcast 21 Millions continuera et j’y suis attaché.

La newsletter 21 Millions

Comment avez-vous convaincu Capital de lancer une newsletter payante sur le sujet des cryptomonnaies ?

Capital n’avait pas encore exploré le domaine de la newsletter ultra spécialisée et nous avons convenu qu’il y avait quelque chose à faire, compte tenu de la démocratisation des cryptos et du besoin d’informations à haute valeur ajoutée. Je constate aussi que les médias sont particulièrement créatifs en ce moment. Ils essaient de se réinventer en testant de nouveaux modèles et j'ai envie d'apporter ma pierre à l'édifice.

Pourquoi avoir choisi le format newsletter ?

La newsletter est un format aussi ancien que l’e-mail, mais aussi l’un des plus efficaces. Inutile d’arpenter les réseaux sociaux toute la journée pour être sûr de ne rien manquer. Vous n’avez qu’à lire un e-mail par semaine pour avoir l’essentiel et, dans le cas de 21 Millions, consulter des contenus exclusifs. Personnellement, je suis un grand consommateur de newsletters et l’une de mes expériences professionnelles les plus importantes a été de travailler chez Brief.me. Probablement l’une des plus belles et l’une des plus rigoureuses en français.

De quoi la première édition s'accompagnait-elle ?

La première édition proposait une grande interview de Vitalik Buterin, le cofondateur d’Ethereum. C’est pour moi l’une des personnalités les plus importantes du secteur au niveau mondial. Il nous a parlé du futur d’Ethereum, certains des problèmes auxquels le protocole est confronté et en a dit plus sur lui-même.

Avez-vous un objectif en termes de nombre d’abonnés ?

Dépasser les 1000 abonnés d’ici Noël serait déjà satisfaisant pour une première étape. Mais avant de parler d’abonnés, je veux d’abord démontrer que le produit éditorial est de qualité. En tant que journaliste, c’est ma priorité. Ensuite, si les lecteurs sont au rendez-vous, nous pourrons muscler l’équipe et développer des contenus plus ambitieux. Avant de voir grand, nous préférons avancer pas à pas et prouver que notre modèle fonctionne.

Pourquoi avez-vous privilégié le format payant ?

Le payant a vite été retenu, car le modèle publicitaire n’offre pas assez de garanties quand on traite le secteur crypto. Nous avons pu le constater en essayant de monétiser le podcast : peu d’entreprises du secteur ont du budget média et la plupart d’entre elles préfèrent un système d’affiliation à leurs services. Selon notre expérience, les revenus sont trop fluctuants et permettent difficilement de construire un projet éditorial durable.

Prévoyez-vous d’approcher des hommes politiques comme Bruno Le Maire ou Cédric O par exemple ?

Mon ambition est de démocratiser le sujet auprès du plus grand nombre. C’est donc tout naturellement que le gouvernement et les personnalités politiques ont leur place dans 21 Millions. J’ai publié une grande interview de Bruno Le Maire l’an dernier dans laquelle il a pu livrer sa vision sur le secteur crypto. Les députés Laure de la Raudière et Pierre Person, très en pointe sur le sujet, sont régulièrement cités dans mes articles. Il n’y a aucune raison que ça ne continue pas. Les politiques, comme les développeurs, les économistes ou encore les juristes ont tous un rôle à jouer.

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Merci pour vos réponses Grégory Raymond. N’hésitez pas à follow son compte personnel sur Twitter ainsi que le compte dédié à 21 Millions.

👉 Pour en savoir plus sur la newsletter 21 Millions, c'est par ici !

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
Tous les articles de Clément Wardzala.

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