Un avenir incertain pour les stablecoins adossés à l'euro

Selon l'agence de presse Reuters, la Banque centrale européenne (BCE) réclame un droit de véto sur le lancement de projets de stablecoins adossés à l'euro. La BCE souhaiterait obtenir un plus grand rôle dans la supervision de ces stablecoins et même des autres qui seraient disponibles dans l'eurozone, comme le Diem de Facebook.

Pour la BCE, les émetteurs de stablecoins doivent se soumettre aux mêmes exigences que les banques et les autres institutions financières en matière de liquidités.

« Lorsqu'un système de référencement des actifs est équivalent à un système ou dispositif de paiement, l'évaluation de la menace potentielle pour la conduite de la politique monétaire et le bon fonctionnement des systèmes de paiement devrait relever de la compétence exclusive de la BCE, » a partagé l'institution auprès de Reuters.

Reuters rapporte que le rapide développement des stablecoins à travers le monde inquiète les institutions bancaires. Celles-ci craignent que ces actifs adossés à des monnaies comme l'euro ou le dollar « n'affaiblissent le contrôle des paiements, des opérations bancaires et, en fin de compte, de l'offre de monnaie. »

Ainsi, la BCE estime qu'elle devrait avoir le dernier mot pour déterminer si oui ou non un stablecoin peut être autorisé.

Dans le cas où les législateurs accordent un tel pouvoir à la BCE, les émetteurs de stablecoins adossés à l'euro seraient confrontés à davantage de barrières réglementaires. Cela concernerait même les stablecoins qui obtiendraient l'approbation des régulateurs d'un pays, comme le Diem avec la Suisse notamment.

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Une Europe déjà en retard

Aujourd'hui, l'immense majorité des liquidités engagées dans ces cryptomonnaies stables le sont dans des stablecoins adossés au dollar, plus particulièrement l'USDT et l'USDC. Des stablecoins adossés à l'euro existent déjà, mais ceux-ci peinent à se faire une place dans l'industrie. Si la Banque centrale européenne obtient l'accord des législateurs, l'émission de ces stablecoins adossés à l'euro deviendrait bien plus complexe qu'à ce jour.

Comme le journaliste Gregory Raymond le rappelle, l'univers des cryptomonnaies « fonctionne actuellement quasi exclusivement en dollars. Freiner ce secteur risque de faire rater l'opportunité d'exercer la souveraineté technologique/monétaire de l'Europe. »

L'Europe agrandirait d'elle-même le fossé qui la sépare déjà des États-Unis en matière d'innovation dans le secteur des cryptomonnaies. De nombreux géants américains comme Tesla, PayPal ou encore Mastercard ont déjà pris le virage des cryptomonnaies, alors que l'Europe et la France peinent à suivre.

La BCE souhaite certainement garder le champ libre pour l'émission de son euro numérique, dont le lancement est prévu dans les 4 prochaines années…

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A propos de l'auteur : Clément Wardzala

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Rédacteur en chef de Cryptoast, je découvre le Bitcoin et la technologie blockchain en 2017. Depuis, je m'efforce de partager un contenu qualitatif pour que le secteur se démocratise auprès de tous.
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Jean-Michel BERTRAND

L'approche de la BCE et des institutions (françaises en particulier) vis-à-vis des cryptomonnaies est désespérante.
Mais qui de sensé est prêt à faire confiance à nos gouvernants, quand on sait comment ils font tourner la "planche à billets" ?